‹ Recherches pour servir à l'histoire chimique et pharmaceutique de la Petite CentauréeChapitre 1 sur 10 · POUR SERVIR A L’HISTOIRE CHIMIQUE ET PHARMACEUTIQUE · texte numérisé non relu

POUR SERVIR A L’HISTOIRE CHIMIQUE ET PHARMACEUTIQUE

(erythtuea centadbium) gentianées

« Il n’esl désir plus naturel que le désir de cognoissance. Nous « essayons touts les moyens qui nous y peuvent mener ; quand la raison « nous fault, nous y employons l’expérience. »

(Montaigne, liv. III, ch. mi.)

1. — « La petite centaurée, commune dans les bois découverts, était l’espèce principale du genre Centaurium minus de Tournefort, que Linnæus a ensuite réuni au genre Gentiana, quoique sa corolle fût en entonnoir et non en cloche comme dans la gentiane. Des auteurs modernes l’ont rapportée de préférence au genre Chironia ; mais MM. Richard et Michaux, observant que sa capsule est uniloculaire, en ont fait un genre distinct sous le nom d 'Erythrœa, qui lui avait été donné anciennement par Reneaulme. Théophraste, longtemps auparavant, la nommait Centauris. D’autres noms, tels que limnœum, limnesion, libadion , fel terrœ , lui ont été donnés successivement. » ( Dict . des sciences nat., 1817.)

Elle est encore désignée dans les anciens ouvrages de matière médicale sous les noms de Chirone, Chironie, Herbe à Chiron, Herbe au Centaure,

lierre à la fièvre, Érythrée, Gentianelle, Fiel de terre ce dernier nom appartient aussi à la fumeterre.

Richard dit qu’il faut la récolter avant son complet épanouissement, parce qu’elle perd ensuite de son activité. ( Oict. de méd., en 22 vol.)

2. — Toutes les parties de la plante sont amères, même les pétales, bien que Murray ait avancé le contraire, et que Cullan l’ait répété. Loiseleur- Deslonchamps avait déjà réfuté cette assertion de Murray.

La petite centaurée dont je me suis servi a eu diverses origines : elle s’est toujours présentée sous deux aspects, suivant qu’on l’avait récoltée dans les prairies ou dans les bois.

Celle des prairies a des tiges très-courtes, de 12 à 20 centimètres de longueur, faciles à briser après dessiccation, bien plus amères que celles de la Variété suivante ; elle porte aussi une plus grande quantité de fleurs. On devrait l’employer de préférence à la variété suivante; elle est la moins commune dans le commerce de Paris, parce qu’elle est peu avantageuse à récolter.

Celle des bois a des tiges longues de 45 à 60 centimètres, d’un diamètre deux fois plus petit que la précédente ; elle est très-flexible et difficile à pulvériser. C’est à cette variété que s’appliquerait surtout le nom ancien Centaurium lepton (Xejnroç, frêle).

Les racines sèches pèsent à très-peu près rs du poids des tiges sèches dont on les a détachées. Elles m’ont semblé moins amères que les sommités.

Les sommités de petite centaurée perdent par la dessiccation 56 à 62 pour 100 (Virey), 62 j (M. Guibourt) : j’ai trouvé par dessiccation à l’étuve 68 pour 100; mais la plante ainsi desséchée reprend 5 pour 100 environ d’eau à l’atmosphère : j’opérais sur de la centaurée à tiges longues et flexibles.

3. — Les diverses variétés de centaurée que j’ai incinérées m’ont rendu ,56 gr. et 58 gr. de cendres pour 1,000 de sommités sèches. Ces cendres

sont constituées pour les f par du sulfate de chaux; le dernier sixième renferme environ les * de son poids de sulfate de potasse, et le reste est formé de chlorure de potassium et de carbonate de potasse.

1. Minüs Centauriuni ob amaritudinetn Fel terrai etiam b Latiiu» aimellatur... ( Fûlerm Corclut, . Annotations sur Dioscoride. Argentorati, 1501, p. 80.)

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