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l4« INSCRIPTIONS DES TEMPLES.
Je commencerai par la restitution de l’inscrition b , qui nous présente des indications certaines, d’après les exemples analogues dont nous pouvons nous aider. Il est clair, par exemple, que, dans toute la dynastie des Lagides, on ne peut trouver que le nom d 'Alexandre qui puisse convenir aux trois lettres aae: on devra lire avec toute certitude:
BAE[lAEûLnTO AE>[lIAIOV0EOr AAE[EANAPOrrO .
nPOc[KÏN Il M A II AP A TU I [KTPIAIE1AI0E A M^EriETllI
C’est-à-dire : .« L’hommage religieux du roi Pto- » lémée Alexandre, en l’honneur d’Isis, déesse très » grande, a été fait par » (
C’est évidemment au dernier roi de la race des Lagides que se rapporte l’inscription dont on voit le commencement et la fin des deux côtés de la figure égyptienne. Il me paraît évident qu’on doit la restituer ainsi :
BAc[iAenciiTOAeMA] i or «e[o YTOTKA I AION]reo[r T[onPOCK]vN[llMATlu]lCIAI e[eAMericTin
BadtXéw; IlToXefJUxiou , 3'eoû , toü xai Aiovûuou , T b np oa-
x-jvnuce zrj IatJc ,- 3e<£ p-tyîçr,
TEMPLE d’àPOLLONOPOLIS-PARVA. j4q
« L’hommage du roi Ptolémée , dieu , dit Bac- » chus , en l’honneur de la déesse très grande Isis... »
C’est encore au même prince qu’il faut rapporter cette troisième inscription, tracée le long de la jambe droite d’une figure égyptienne de ce meme propylon : la plus grande partie de chaque ligne a été enlevée par ceux qui ont sculpté cette figure.
BAClAeofç IlTO^î^tauou TOTKÀIA iovuixo’j
TOI1PO C /fciiv/îjaa
Je lis erPATG on emTA, et ce mot devait être suivi (lu nom de celui qui a fait l’inscription et de ses parens; les lettres Xaip sont le commencement du nom Xaifuipwv.
« L’hommage religieux du roi Ptolémée, dit Bac- » chus , et de la reine et de leurs enfans , à Isis la « maîtresse, a été fait par »
Les lettres totkaia ne peuvent se lire que de deux manières, ou rov xxi Atovûa&v, ou toi x«t ÂXs^stvo'poy , en admettant qu’il y ait un A au lieu du a. Mais il n’est pas difficile de se décider, d’après les mots xai rfji [PatffiXtffoîj;] ; car ou sait que, dans les monuinens du règne de Sôter n et d’Alexandre, il n’est jamais question de la femme de ces princes; quand il y est fait mention d’une reine , c’est toujours de leur mère Cléopâtre , et son nom précède celui de son fils. Nous ne pouvons donc hésiter sur la leçon tou y.at A iovy7&u qui se trouve également dans l’inscription précédente , d’après la restitution proposée ci-dessus. Ce surnom, qui désigne évidemment Ptoléméc Aulète, se présente en effet sous deux formes, veo; Aiôvy<To; ou simplement Ai&vv<toç ; car Eusèbe nomme ce prince : üto).£p.ato; ô véoz, 6 y.at Ai&vyao; a>, ce qui est précisément la même expression ; et Lucien dit : n apoc lire Afgaiw rw Ai&vvffw iiwihiOévti w).
Il est facile de déterminer l’époque de cette dernière inscription; elle est évidemment postérieure à celle du u° 1 1, puisqu’on y trouve le titre de Atovvao;, que ce prince ne portait pas encore dans la douzième année de son règne, époque à laquelle le n° J i a été gravé. D’une autre part , elle est antérieure à celle du n° i , puisqu’il y est fait mention de la reine , dont le n° i ne parle point.
Elle est donc d’une époque où Ptolémée Aulète avait déjà pris le litre de Bacchns , et où il était en-
01 Eiisel). , chron. . p. J77, col. 1. = w De Calmunia , § 16.
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cot e marié. Or, il a été prouvé qu’Aulète était veuf dès Fau G4 avant J.-C. ; ainsi la date de cette inscription se place entre les années 70 et G4-
Quant à l’inscription « ( paj<. ï47)> où il n’est fait mention , ni de la femme de Ptolémée Àulète , ni de ses enfans , il est impossible de trouver dans cette double omission une indication chronologique; seulement le titre Aiovasoç la place après l’an 70. On en doit dire autant de la même omission dans le fragment b , où le nom du roi se montre seul. Ces différences nous apprennent que les hommages religieux se faisaient tantôt au nom du prince seulement , tantôt au nom de toute sa famille.
La forme des lettres n’est pas la même dans les inscriptions du propylon de Philæ. Dans celle de Ptolémée Alexandre , nous trouvons le sigma et l’epsilon carrés (ce) : des quatre inscriptions de Ptolémée Aulète , celle où le litre vs'o; Atôvuooç ne se trouve point , et conséquemment la plus ancienne, présente les formes Ein; les trois autres, dont une a été écrite à l’encre rouge (l> , offrent les formes rondes e c oS. Cette différence, dans des inscriptions du même règne, est sans doute digne d’attention, d’après les remarques que j’ai eu occasion de faire plus haut. Il paraîtrait donc que l’usage des lettres rondes e c cS n’a passé de l’écriture cursive dans l’écriture lapidaire que postérieurement à l’an 70 de notre ère,* époque de la plus ancienne des
Suprà , |>. t 34.
l5'J , INSCRIPTIONS DES TEMPLES, quatre inscriptions. Du moins est-il certain que celles du propylon sont le plus ancien exemple connu jusqu’ici de l’emploi de ces lettres gravées sur la pierre.
Il resuite de la comparaison de ces précieux vestiges d’antiquité , que les sculptures du grand propylon de Philæ sont d’époques différentes : quelquesunes d’entre elles ont été laites après le règne de Ptolémée Alexandre (107-89 avant J.-C. ); d’autres avant la douzième année du règne de Ptolémée Aulète ( 70 avant J. -G. ) ; d’autres enfin sont postérieures à cette époque , et datent , selon toute apparence, du temps des Romains ; et c’est alors sans doute qu’on revêtittoutes ces sculptures des couleurs dont les traces subsistent encore (1).
Elles nous offrent un nouvel exemple , que du moins personne ne pourra contester , du style de la sculpture égyptienne dans les derniers temps de la dynastie des Lagides , et lors du passage de l’Égypte sous la domination romaine; sous ce rapport, on peut les regarder comme un fait important de l’histoire de l’art égyptien.
Pour faire sentir la concordance des faits historiques discutés dans ce chapitre, et qui embrassent un intervalle de quatre-vingts ans, il me reste à les présenter par ordre chronologique, à partir de la mort de Ptolémée Philométor : c’est ce qu’on trouvera dans le tableau suivant.
Suprà > p. i56.
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