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en l’appliquant à des jeunes gens de seize à dix-lïuit ans j car on ne peut supposer qu’Avidius Cassius eût moins que cet âge; ce qui nous amène à l’année i45 ou i47- Selon Gallicanus, Cassius fut dès cette époque toujours suspect aux empereurs ( habitus tamen a ducibus suspectus ). On conçoit donc très bien que, malgré le mérite reconnu d’Héliodore, il ne put rester long-temps préfet d’Égypte. Antonin ne jugea sans doute pas prudent de laisser dans le gouvernement de ce pays , où les empereurs ne placèrent jamais que des gens dont ils étaient sûrs, le père d’un homme aussi disposé à la révolte.
Quoiqu’il en soit de ce rapprochement, il est, comme on voit, bien difficile d’admettre que l’année 129 soit celle de la naissance d’Aristide, ainsi que l’a cru Masson , se fondant sur la date du thema genethliacum : niais il nous apprend que, d’après les calculs . du même astronome Halley , ce thema convient tout aussi bien à l’an 117 qu’à l’an 129, en sorte qu’il n'y a pas de raison pour choisir une date plutôt que l’autre. Or, si nous parlons de la première, et si nous reculons de douze ans la naissance d’Aristide , tous les faits s’expliqueront avec facilité.
En effet, Aristide , né en l’année 1 1 7 , atteignit sa trentième «année en i47 3 c’est vers cet âge qu’il a dû parcourir l’Égypte -, il a pu s’y rendre à vingthuit ans, en i45, et y demeurer jusqu’en 147; or, on a vu que rien ne s’oppose à ce qu’Héliodore ait occupé la préfecture d’Égypte jusqu’en 1 47 ou 148.
*58 INSCRIPTIONS DES TEMPtES.
En i65, lorsqu’ Aristide fitl’e'loge de Cyzique (,) , il avait quarante-huit ans.
Enfin il avait soixante ans en *77 > à l’époque du tremblement deterrequi renversa la ville deSmyrne, dont le désastre fut réparé par Maro-Aurèle , grâce à la touchante lettre que lui écrivit Aristide c,).
Philostrate dit qu’il vécut soixante ans , selon les uns , et soixante-dix ans selon les autres u>. Cette différence d’opinion sur un personnage presque contemporain de Philostrate est singulière ; elle me paraît tenir à la même cause qui embarrasse les modernes sur l’époque de sa naissance ; sa mort était trop voisine pour qu’on en ignorât l’époque} quant à celle de sa naissance , on ne croyait pouvoir la mieux connaître qu’en s’en rapportant au thema genethliacum que lui-même avait consigné dans un de ses ouvrages. Or, ce thema pouvait convenir aussi bien à l’an 129 qu’à l’an 1175 chacun choisissait l’époque qui lui paraissait convenir le mieux à son opinion ; ceux qui partaient de l’an 1 29 ne lui donnaient que soixante ans de vie : les autres devaient lui en donner de soixante-dix à soixantedouze.
Ces observations montrent qu’Aristide, né en 1 17, a dû pousser sa carrière jusqu’en 186 ou 187, époque qui tombe à l’année 6 ou 7 du règne de Commode;
» Tillemont , II, p. 346. = * ld., p. 437. = w Phil. , Il , Soph. IX, p. 585 ; oi fût «ïrmovToi yam» , si ii àyym tüv ifit-
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TEMPLE DE KASR-ZAYAN. ï5{)
et en effet Suidas dit que ce rhéteur vécut jusque sous le règne de Commode <0 , éni KoppoAov.
C’est donc entre les années 117 et 187 qu’il faudra désormais placer les traits de la vie d’Aristide que Masson a rassemblés, et qu’il a renfermés entre les années 129 et 189. Je m’écarterais trop de mon sujet, si je m’attachais à prouver que les faits, qui ne présentent point de caractère chronologique certain , peuvent s’accommoder également bien aux deux époques 129 et 117; mais que celle-ci a sur l’autre l’avantage d’expliquer tous les faits dont la date est connue, et de se combiner avec la nouvelle indication qui se tire de l’inscription de l’Oasis.
i1* Suidas, voce