INTRODUCTION
L’application du microscope à l’étude de la structure intime des végétaux n’a point eu pour seul avantage d’ouvrir un nouveau champ d’observations à la curiosité des savants ; elle a conduit à des résultats pratiques d’un incontestable intérêt. Parmi ces résultats, l’un des plus sérieux, à coup sûr, est celui qui a trait à la détermination des drogues simples d’origine végétale. En permettant de substituer aux caractères extérieurs, souvent infidèles, les caractères constants tirés de la structure des végétaux, la micrographie a, déjà rendu de tels services qu’on ne saurait trop persévérer dans cette voie. Cependant parmi les plantes dont la médecine tait usage, beaucoup ont encore échappé à ces recherches ; les Daphné sont du nombre. Aidé des savants conseils de M. G. Planchon, j’ai entrepris leur étude. Je vais exposer dans ce mémoire les résultats auxquels je suis arrivé; mais
avant d’entrer en matière, je tiens à remercier publiquement, M. G. Planehon de l’extrême bienveillance avec laquelle il a mis à ma disposition ses précieux conseils.
Mon mémoire, grâce à des circonstances particulières, ne porte que sur trois des espèces dont se compose le genre Daphné; ce sont d’ailleurs les seules que l’on emploie en France, c’est-à-dire le Daphné Gnidium, le D. Uezereum et le D. Laureolu.
J’ai divisé mon exposé en deux parties : la première est consacrée à la description de ces trois espèces, et se termine par une étude comparative des caractères de leurs écorces. Dans la seconde, j’expose mes recherches sur la structure des tiges de ces plantes, et je m’attache à mettre en lumière les caractères différentiels que l’on peut tirer de cette étude. Ges caractères, par leur constance et leur netteté, permettront de reconnaître avec certitude la provenance des écorces que le commerce fournit à la pharmacie sous le nom d 'écorces de garou.