Système des Annélides
LOMBRICIENS TERRESTRES. 25
Les premiers comprennent les genres : Lumbricus, Hypogeon, Perichœta, Criodrilus, Helodrilus, Phreoryctes, Euaxes et Lumbriculus. Ces deux derniers genres d'après leur groupement sont considérés comme faisant le passage aux Naïdiens; mais il n’est pas permis, ce nous semble, de les éloigner beaucoup des Tubifex et, à moins de former, pour eux et quelques autres, un groupe spécial parmi les Lombriciens, nous ne voyons pas qu'on puisse les maintenir dans la même famille que le genre Lombric et que ceux dont nous allons avoir à parler.
Ici viennent se placer les travaux de Claparède, qui constituent plutôt une série de petites monographies qu'un travail d'ensemble.
Néanmoins le savant génevois a proposé, en 1862, une classification des Oligochètes qu'il divise en deux familles :
1° Les TERRICOLES, qui ont deux vaisseaux ventraux, des organes segmentaires dans les anneaux qui renferment les oviductes, les canaux déférents et les réservoirs de la semence; le clitellum placé très en arrière des pores génitaux mâles; enfin un réseau vasculaire entourant les organes segmentaires;
2° Les Limicoces, dont le vaisseau ventral est unique, qui n’ont pas d'organes segmentaires dans les segments contenant les oviductes, les canaux déférents et les réceptacles de la semence; leur clitellum comprend toujours le segment porteur des pores génitaux mâles. Ils n'ont ni réseau, ni anses vasculaires embrassant les organes segmentaires.
Dans la première famille, Claparède ne range avec certitude que le genre Lumbricus et, avec doute, les Hypogeon Sav., et les Criodrilus Hoffm.
Dans la deuxième famille se trouvent les genres :
Tubifex, Lamk.
Limnodrilus, Clap.
Clitellio, Saw.
Lumbriculus, Grube.
vi. A
Nemodrilus, Clap.
Enchytrœus, Henle.
Pachydrilus, Clap.
Naïs, Müller.
Stylaria, Linn.
Chœætogaster, Von Baër.
Euaxes, Grube.
Serpentina, OErsted.
Œolosoma, Ehrenberg.
Ces trois derniers genres n’ont pas été ‘examinés par l’auteur, mais il les range cependant dans cette famille, non pas avec restriction, comme l’a écrit M. Vaillant’, mais, sans nul doute, ce qui n’est pas la même chose. Les genres que Claparède range avec restriction dans cette famille sont ceux qu'il place après le membre de phrase et peut-être aussi, et ce sont les Helodrilus, Hoffm.; Phreoryctes, Hoffm.; Mesopachys, OErsted; Dero, Oken.
Nos recherches sur les Dero * nous permettent d'affirmer que ces animaux sont bien, en effet, de vrais Naïdiens très-voisins même des Naiïs.
Il ne reste donc comme douteux que les genres Helodrilus, Phreoryctes et Mesopachys, sur lesquels nous n'avons non plus aucune observation personnelle.
En ce qui concerne les familles mêmes de Claparède, nous ferons remarquer que leur diagnose est actuellement tout à fait erronée.
Nous connaissons aujourd’hui, on le verra par la suite de ce mémoire, de véritables Terricoles ayant leurs pores génitaux mâles avant, sur et après la ceinture. L'appareil circulatoire possède une grande variabilité qui ne semble guère autoriser à l’'employer dans une carac-
1. Note sur les Perichæta, Ann. se. nat. (5° série), t. X. 2. Archives de zoologie expérimentale et générale publiées sous la direction de M. H. de Lacaze Duthiers, t. KT, janvier 4872,
téristique. I faut donc, de toute nécessité, rayer le premier de ces caractères et se tenir au moins sur la réserve en €e qui concerne le second.
Les caractères restant sont beaucoup plus importants, car ils paraissent se rattacher à une différence typique entre les deux familles d'Oligochètes admises par Claparède.
Si dans les anneaux contenant l'appareil excréteur des orifices génitaux on trouve aussi des organes segmentaires, cela tient à ce que chez les Terricoles chaque anneau contient typiquement deux paires de ces organes, l’une inférieure, l’autre supérieure ; que généralement fune ou l'autre de ces paires, quelquefois les deux, avortent dans Ja plupart des anneaux, sauf dans ceux qui contiennent l'appareil génital où elles coexistent. Nous décrirons des genres dans lesquels c’est la paire supérieure d'organes segmentaires qui avorte (Lumbricus, Titanus, etc.); d’autres dans lesquels c'est la paire inférieure (Anteus, Rhinodrilus), d’autres enfin (Pericheta) où les deux paires manquent à la fois. D'autre part, si les organes segmentaires des Terricoles sont accompagnés de vaisseaux, cela tient à ce que, chez ces Vers, aux troncs longitudinaux principaux et aux anses latérales qui les unissent est surajouté un réseau capillaire très-complexe qui pénètre dans les parois du corps jusque sous l'hypoderme, accompagne tous les organes internes, envoyant des canaux dans toutes leurs parties‘ et que nous croyons jusqu'ici ne se rencontrer à ce degré de développement que chez les Lombriciens vrais.
Ce sont là, à la vérité, des caractères anatomiques, presque histologiques, mais, il faut bien le reconnaitre, c’est à eux que les Lombries doivent leur aspect spécial ; ils constituent leur véritable caractère et sont bien autrement liés au plan de leur organisation que la bifidité
des soies. Celle-ci dépend simplement du mode particulier d'existence