‹ Recherches pour servir à l'histoire des lombriciens terrestresChapitre 5 sur 90 · VIII · texte numérisé non relu

VIII

Lombries sont ceux de Montègre?, Leo * et Morren*. Is traitent du Lombrie comme l'ouvrage de Strauss traite du hanneton. Ees principaux organes y sont décrits, mais avec de nombreuses erreurs; ainsi Montègre croyait les Lombrics vivipares, Leo prend les testicules pour les ovaires et les vésicules séminales ou poches copulatrices pour des testicules. Néanmoins il donne aux canaux déférents qu'il a le premier signalés, leur véritable signification. Morren commet les mêmes fautes, sans parler des canaux déférents.

En 1828, Dugès publie dans les Annales des Sciences naturelles un travail intitulé : Recherches sur la circulation, la respiration et la reproduction des Annélides abranches. Dans ce travail, Dugès décrit six espêces de Lombries sur lesquelles ses observations ont porté ; sa description de l'appareil circulatoire est assez exacte; il en est de même, au point de vue anatomique pur, de sa description des appareils génitaux; seulement ses déterminations physiologiques sont fautives ; il prend, Tui aussi, les testicules pour des ovaires, les vésicules séminales pour des testicules; mais il décrit et figure surtout fort bien les canaux déférents qu'il prend pour des ‘oviductes. On retrouve dans sa figure les pavillons vibratiles terminaux de ces canaux; mais dans le texte il donne ces pavillons comme constitués par le pelotonnement des oviductes.

L'erreur dans laquelle sont tombés presque tous les auteurs relativement aux testicules s'explique par la quantité considérable de grégarines à tous les degrés de développement que renferment ces organes. Ces grégarines, lorsqu'elles sont à l’état de psorospermies ou de pseudo-navicules, ont effectivement la forme de petits œufs et, chose remarquable. j’ai trouvé des organismes en tout semblables

dans les testicules d’un Perichæta venant de Calcutta et dans ceux du

1. Mémoires du Muséum d'Hist. nat. 3° cahier, 1815. 2. Diss. inaua. de structura Lumbrici terrestris, 1820, 3. Lumbrici terrestris historia naturalis nec non anatome, 1822.

LOMBRICIENS TERRESTRES. EL

Ver des Antilles que j'ai désigné sous le nom de £udrilus decipiens. Il semble donc que ces grégarines soient un parasite constant du testicule des Lombriciens terrestres.

Henle, le premier, décrivit exactement le contenu des testicules t. Stein ? leur attribua leur véritable signification ; mais Weckel *, prenant un terme moyen, vit, dans les véritables testicules, des ovaires et des testicules accolés, et Von Siebold* émit l'idée que chez les Lombrics le testicule et l'ovaire étaient invaginés l’un dans l’autre. Pour Steenstrup, les glandes en question sont, chez certains Vers, des testicules, et, chez d’autres, des ovaires.

On voit par ces citations combien cette question est demeurée longtemps embrouillée. Par la découverte des véritables ovaires, Jules d'Udekem détermina enfin le véritable rôle de chaque partie ; il montra que les glandes controversées étaient purement et simplement des testicules, que leur produit se déversait à l’extérieur par une paire de canaux s’ouvrant très en avant de la ceinture et se terminant chacun par deux pavillons vibratiles, englobés dans l'enveloppe membraneuse des testicules. Quant aux ovaires. il les trouva vers le treizième anneau, de chaque côté de la chaîne ventrale; mais ne put voir comment ils communiquaient avec l'extérieur. On reproche à d'Udekem d'avoir attribué à de petits corps placés auprès des poches copulatrices le rôle de glandes capsulogènes, d’avoir considéré même quelquefois comme telles de véritables poches copulatrices. Ge reproche est fondé; néanmoins, le mode de sécrétion de la capsule qui enveloppe les œufs est encore à trouver, et il n’est pas démontré le moins du monde que ce soit la ceinture qui effectue cette sécrétion

comme le veulent quelques auteurs.

1. Müller’s Archiv., 1835. Uber die Gattung Branchiobdella und über die Deutung der inneren Geschlechtsglider der Anneliden.

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