Manuel d'analomie comparée. — (Trad. franç., pag. 227.) a
Le travail de d'Udekem, couronné par l'Académie de Belgique en 1853. n'avait pas encore épuisé la question. En 1557, un étudiant en médecine de Leipzig, Æwald Hering, publia dans le Zeïtschrift für wissenschaftliche Zoologie de von Siebold et Kôlliker, un remarquable travail qui complète les résultats de d'Udekem. Hering a démontré que les ovaires étaient greffés sur les téguments et ne s'ouvraient pas directement à l'extérieur. Les œufs, à leur maturité, tombent dans la cavité générale du corps; ils sont alors recueillis par des pavillons vibratiles à pédoncule très-court, logés, pour le Lumbricus terrestris, dans le quatorzième anneau du corps et qui, eux, s'ouvrent à l'extérieur.
Hering étudia en même temps avec soin l’accouplement des Lombrics, confirma quelques-uns des faits trouvés par ses prédécesseurs, et signala le premier une paire de soies, plus grosses que les autres, situées au quinzième segment, au point même où s'ouvrent les canaux déférents. Nous retrouverons des soies analogues chez d’autres espèces; elles jouent dans le phénomène de l’accouplement un rôle variable, mais d’une importance probablement assez grande. Hering démontra enfin que la semence n’est pas déposée directement dans les poches copulatrices; mais qu’elle est éjaculée dans une sorte de gouttière temporaire formée par les téguments pendant l’accouplement et qui va de la ceinture aux orifices des poches copulatrices. La semence chemine dans cette gouttière par l'effet de contractions rhythmiques exécutées par les parois du corps. Ge fait, vrai pour les Lombries de notre pays, ne l’est sans doute pas pour ceux des Lombriciens exotiques que nous trouverons pourvus d’un appareil copulateur bien développé.
Les découvertes de d'Udekem et de Hering furent assez vivement attaquées en 1858 par le docteur Williams (de Swansea) ‘ qui nia d’une
manière absolue l'existence des canaux déférents, celle des pavillons