‹ Recherches pour servir à l'histoire des lombriciens terrestresChapitre 85 sur 90 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

[. — Au point de vue de la classification des Lombriciens, nous

avons, pour la première fois, appelé l'attention :

1° — Sur la position des orifices génitaux mâles par rapport à la ceinture ; 2% __ Sur la position des orifices des organes segmentaires par r'ap-

port aux soies.

1°— En ce qui concerne les orifices génitaux mâles, nous avons montré que leurs variations de position entrainaient avec elles un certain nombre de variations concomitantes dans les caractères anatomiques. En sorte que la position anté, intra ou postcliellienne de ces orifices doit être considérée comme un des caractères les plus importants auxquels on doive avoir recours pour la répartition des genres.

2°— En ce qui concerne la position des orifices des organes segmenlaires, nous avons donné un point de repère qui permet de rapporter ces organes à deux séries différentes et donne par conséquent un caractère nouveau, presque toujours facile à utiliser, en rapport immédiat avec l’organisation interne de l'animal et qui a par conséquent une importance considérable.

De ces faits résulte nécessairement ceci : que toute description générique est incomplète et insuffisante, au premier chef, si elle ne tient aucun compte de ces caractères, que nous considérons comme de premier ordre et qui sont seuls capables, à notre avis, de donner la véritable place des genres dans la classe, puisqu'ils sont eux-mêmes des caractères de familles ou de tribus.

Après ces caractères viennent ceux tirés de la présence ou de

l'absence d'appareils copulateurs externes, de la position des orifices des poches copulatrices, enfin de la disposition des sôies, caractères qui peuvent être diversement combinés entre eux.

3° [l ressort du reste de notre travail que des dispositions de soies analogues doivent se rencontrer parallèlement dans des ordres et des familles différents. Cela est au moins démontré pour la disposition des soies la plus fréquente, celle où ces organes forment quatre doubles lignes longitudinales.

D'ailleurs. comme caractères distinctifs des ordres des Lombriciens, des Enchytréens et des Naïdiens, nous avons insisté sur le caractère tiré du mode de sécrétion des soïés, caractère que nous avons le premier mis en évidence et qui entraîne presque forcément avec lui l'isolement ou le groupement par paires de ces organes chez les Lombriciens par opposition à [a fasciculisation qui s’observe chez les Enchytréens et les Naïs.

La simplicité de l'extrémité n’est peut-être pas non plus sans quelque rapport avec ce mode de sécrétion ; mais comme la simplicité de l'extrémité se retrouve chez tous les £nchytréens et se retrouvera probablement aussi chez quelques Naïdiens, que d’ailleurs cette simplicité n’est en aucune façon exclue par le mode de sécrétion de la soie dans ces derniers ordres, elle ne peut être invoquéé que comme caractère accessoire des Lombriciens proprement dits.

h° Enfin nous avons caractérisé nettement et d’ure manière complète un certain nombre de genres qui, groupés avec ceux dont l’étude anatomique avait déjà été si bien faite par d'Udekem, Claparède, Leydig, Grube et autres, pourront servir de base à uné classification vraiment rationnelle des Lombriciens.

LT. — Au point de vue anatomique :

Nous avons donné un nombre assez considérable dé détails nouveaux sur l'appareil digestif dont nous avons démontré la remarquable

uniformité de composition et sur l'appareil circulatoire, dont les cen-

LOMBRICIENS TERRESTRES. 191 tres d’impulsion nous ont présenté des dispositions aussi imprévues que compliquées.

Les organes segmentaires et l'appareil reproducteur ont été l’objet d’études attentives. Nous avons fait connaître pour la première fois d'une manière complète l'appareil femelle chez les Perichæta, le Lumbrieus Victoris, les Eudrilus et le Moniligaster Deshayesi.

Cet appareil femelle n’était connu que chez nos Lombrics indigènes.

Enfin nous avons encore fait connaître, dans l'appareil mâle, diverses sortes d'organes absolument nouveaux; en particulier. des appareils copulateurs de diverses formes.

TITI. — Au point de vue morphologique :

1° Nous avons établi les rapports qui existent entre la position des parties remarquables de l'appareil digestif et celle des organes essentiels de l’appareil génital.

2° Nous avons montré qu'il y avait une liaison entre la position des orifices des organes segmentaires et celle des soies locomotrices.

8° Cela fait, nous avons assis sur des bases anatomiques lhypothèse de l’existence typique de deux systèmes d'organes segmentaires pouvant avorter plus ou moins complétement chez les Lombriciens.

h° De là est résultée une interprétation très-claire de la nature morphologique des canaux déférents et peut-être des poches copulatrices, quoique de graves raisons puissent conduire à voir dans ces dernières des organes indépendants.

5° Nous avons fait voir à l’aide de quelles parties de l'appareil circulatoire pouvaient se constituer les organes propulseurs du sang.

6° Nous avons montré comment les organes copulateurs mâles pouvaient se constituer soit aux dépens de certaines parties des

canaux déférents, soit aux dépens des soies locomotrices.

Ce sont là autant de considérations nouvelles qui ont été introduites dans l’histoire des Lombriciens.

Je le répète en terminant, les documents dont j'ai pu faire usage sont loin d'être assez complets pour que je puisse espérer avoir établi des lois définitives. Mais même ainsi, peut-être, les zoologistes ne trouveront pas inutiles les détails dans lesquels je viens d’entrer et

que mon plus vif désir est de pouvoir compléter un jour.

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