‹ Recherches pour servir à l'histoire des lombriciens terrestresChapitre 84 sur 90 · VII · texte numérisé non relu

VII

En effet, dans la grande majorité des cas, les poches copulatrices sont situées en avant des testicules, tout à fait dans la région antérieure du corps; c’est ce que l’on voit chez les Acanthodrilus, les Digaster, les Perichœtaetbien d’autres genres que nous n'avons pas examiné directement.

Chez les Lombrics il arrive le plus souvent que les poches copulatrices se trouvent au moins en partie dans les mêmes anneaux que les testicules. C’est ce qui se voit chez le L, Americanus en particulier. Il semble que les organes génitaux ayant tous été ramenés en avant de la ceinture, il y ait eu empiétement de leurs diverses parties les unes sur les autres, de telle sorte que celles qui se trouvaient primitivement fournies par des anneaux différents sont maintenant placés dans les mêmes anneaux.

Enfin chez les £udrilus, les poches copulatrices, réduites à une seule paire, ont complétement enjambé les testicules et se trouvent maintenant situées en arrière, mais dans un anneau différent. Ainsi. dans tous les Lombriciens postclitelliens et intraclitelliens, quelle que soit la position des poches copulatrices. elles se sont jusqu’à présent toujours montrées dans des anneaux différents de ceux qui renferment les testicules.

Au contraire, chez les Lombriciens antéclitelliens, ces deux sortes d'organes peuvent se trouver dans le même anneau.

Il est possible que ce mode de disposition soit en rapport avec la place moins grande attribuée chez ces derniers à l’appareil génital remonté tout entier en avant du gésier et de la ceinture et n’occupant que sept ou huit anneaux environ, au lieu de dix à quinze anneaux qui lui sont dévolus, dans les postclitelliens; néanmoins nous ne devons jusqu'ici considérer ces résultats que comme provisoires.

Chez les /nfraclitelliens, ce que l’on peut considérer comme les poches copulatrices, chez l'Anteus, sont deux organes piacés en avant des testicules dans des anneaux différents. Chez les Titanus, je n'ai pas vu de poches copulatrices.

LOMBRICIENS TERRESTRES. 187

Je n'ai pas besoin d'insister, je pense, sur la facilité avec laquelle s'expliquent les variations de nombre &t de position des poches copulatrices, que l’on considère ces dernières comme dés modifications spéciales d'organes préexistants qui né pourraient être, céci admis, que les organés ségméntaires, où qué cé soient, au contrairé, des organes nouveaux.

La forme des poches copulatrices n’est pas moins variablé que leur disposition.

Chez les Lombrics, ce sont «lé simples poches sphériques, plus ou moins volumineuses; chez lès Perichæta étudiés par M. Léon Vaillant, elles sont piriformes et présentent sur lé côté un pétit diverticulum; nous avôns retrouvé la même disposition chez un Pertchæla très-voisin du 2. posthuma, si ce n’est lé même dans uñ autre état de développement et qui provient de Cochinchine. Cét individu, préparé de manière à montrér ses organes intérnes, à été déposé par nous dans les collections du Muséum ; il provenait d’uti énvoi du Coniptoir d'escompte de Saïgon.

Chez le Perichæta Houlleti, dont nous avons fait une étude assez approfondie, les poches copulatrices sont plus complexes. Elles se composent, comme on l'a vu, de trois parties; l’une piriforme, plus grosse que les autres et assez longuement pédonculée, est la véritable poche copulatrice ; elle est attachée par l'extrémité de son tube excréteur à la partie inférieure de la cloison antérieure de lanneau qui la contient. Les deux annexes sont attachées au même point, mais lune est en arrière de la cloison, l’autre en avant. Celle-ci est tout simplement une sorte de petite poche en massue, à peine renflée et légèrement lobée à son sommet libre. La première partie est un tube cylindrique plusieurs fois replié sur lui-même dans le même plan et dont toutes les parties sont reliées entre elles par une sorte de mésentére. Ce tube est aveugle à son sommet libre,

La petite poche en massue et le tube replié ont d’ailleurs exacte-

ment la même structure. Ils sont formés ! d’un tissu conjonctif assez épais dont les parois sont parcourues par de petits vaisseaux et qui limitent une cavité tapissée de petites cellules pâles à noyau très-petit.

Il n’est pas sans intérêt de noter que chez les £udrilus les poches copulatrices, malgré les particularités que présentent leur nombre et leur situation, se trouvent exactement constituées en apparence comme celles des Perichæta.

Seulement *, la poche principale est plus allongée portée sur un long pédoncule et réfléchie sur lui; la petite poche en massue est, chose singulière, remplacée par l'ovaire, etil semble au premier abord que les deux annexes soient simplement reportés tous deux en arrière de la cloison antérieure de lanneau, et non plus à cheval sur cette cloison comme dans le Perichæta Houlleti.

Quelles peuvent être les fonctions du premier de ces deux annexes de la poche copulatrice que nous voyons reparaître sans aucun changement notable dans deux types si différents et qui manquent d'ailleurs dans des animaux très-voisins de ceux-là? Je l’ignore absolument et je ne connais aucun fait qui me permette d'émettre une hypothèse. même avec la plus grande réserve.

Je bornerai donc là ce que j'avais à dire des poches copulatrices.

Nous avons d’ailleurs maintenant passé en revue les divers systèmes d'organes qui font partie de l’économie des Lombriciens. Notre tâche est donc de fait terminée.

Toutefois, de même que nous avions commencé l'exposé de nos recherches en traçant un tableau de l’état de nos connaissances sur les Lombriciens au moment où nous avons entrepris notre travail, il ne sera pas sans utilité de résumer très-brièvement dans un chapitre

spécial les faits nouveaux que nous espérons avoir mis en lumière et

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