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STRUCTURE DES CENTRES NERVEUX DE LA SEICHE

Collier œsophagien.

J’ai employé, pour l’étude de la structure des centres nerveux de la Sèche, les procédés qui m’avaient réussi poiirl’Élédone. Seulement, les difficultés sont ici beaucoup plus grandes. Le cerveau, en particulier, est tellement mou qu’il est très-difficile d’obtenir une bonne coupe, et la dessiccation d’organes qui présentent aussi peu de résistance, amène toujours des ruptures qui rendent les pièces méconnaissables.

La coupe longitudinale du cerveau (1) est loin de présenter la complication qu’offre celle du cerveau de l’Élédone. La coupe de la partie sous-œsophagienne (2) est, au contraire, presque semblable dans l’un et dans l’autre.

La masse blanche antérieure du cerveau est petite et simple (S). J’ai déjà exposé les raisons qui me font considérer le ganglion sus-pharyngien comme appartenant au cerveau ; cette masse est donc l’analogue, par conséquent, de la portion postérieure de la première masse du cerveau de l’Élédone. Une couche de substance grise la sépare du reste du cerveau.

Au premier aspect, on croirait que tout ce qui est en arrière de ce sillon constitue une seule masse de substance blanche, mais il n’est point difficile de reconnaître que la partie supérieure est formée par une sorte de calotte (à) de substance blanche, nettement séparée de tout le reste du cerveau, qui doit être assimilée à l’ensemble du cervelet de l’Élédone, réduit à une seule bandelette longitudinale ou dont les bandelettes longitudinales se seraient confondues. La différence principale, c’est que,

(1) Fig. il a.

(2) Fig. il b.

(3) Fig. il, n° 1 .

(i) Fig. il, n° 3.

chéron. * 11

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au lieu d’être postérieure comme le cervelet de l’Élédone, cette calotte est assez exactement supérieure, ce qui fait que les deux seules bandes grises qui persistent sont très-rapprochées l’une de l’autre.

Si nous examinons maintenant ce qui reste du cerveau, nous le voyons constitué par une masse triple formée de deux tubercules médians, dont l’antérieur est plus petit; et d’un tubercule un peu latéral (1) qui seul arrive à la surface antérieure du cerveau, entre les deux sillons grisâtres, pour constituer la première bande. C’est aussi dans ces trois tubercules que sont les origines sus-œsophagiennes du nerf optique.

La partie sous-œsophagienne du collier présente, sur la ligne médiane, trois noyaux de substance blanche, enveloppés chacun de substance grise. Le premier, qui est ovalaire, correspond au ganglion en patte d’oie (2) et renferme les origines des nerfs des bras. Le second correspond à la portion moyenne (3) et contient principalement les origines des nerfs antérieurs de l’entonnoir (ù) et des auditifs. Le troisième (5) est à peu près arrondi et présente les origines des viscéraux (6), des palléaux et de quelques autres nerfs.

Les coupes transversales viennent compléter ce que la coupe longitudinale nous a fait connaître. Une première coupe (7), dirigée un peu obliquement de haut en bas et d’arrière en avant, montre à la partie supérieure la coupe de la masse blanche antérieure ; au-dessous de l’œsophage, la coupe transversale du ganglion en patte d’oie avec les origines des huit nerfs des bras égaux, sur les côtés, et des deux nerfs des longs bras sur la ligne médiane.

Une autre coupe (8) est faite très- près de la précédente et en

Fig.

Fig.

Fig.

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arrière. Elle montre, au-dessus de l’œsophage deux couches de substance blanche, appartenant à la masse antérieure, et à la masse moyenne. Elle fait voir distinctement au-dessous de l’œsophage les origines des dix nerfs des bras. Ceux des longs bras sont encore sur la ligne médiane, mais au-dessus du point où nous les avons vus dans la coupe précédente. Si nous cherchons donc à nous rendre compte du trajet de ces nerfs, nous les verrons naître à côté l’un de l’autre, dans le premier noyau sousœsophagien, sur un rang plus interne que celui des autres nerfs des bras (1), passer ensuite entre les deux nerfs médians inférieurs, se séparer l’un de l’autre en se portant en bas et en dehors, de façon que, à leur point de sortie du ganglion, ils paraissent émerger sur un rang plus externe, entre le nerf médian inférieur et celui qui est immédiatement en dehors.

Une nouvelle coupe, qui passe immédiatement en avant des nerfs optiques (w2), nous offre, en dessus, une bande blanche qui appartient à la calotte, tout à fait en dessous une autre bande blanche qui appartient au noyau médian inférieur, et de chaque côté les premières origines sus-œsophagiennes et sous-œsophagiennes de l’optique.

Une antre section (3), faite en arrière de celle-ci, passant parla partie antérieure des nerfs optiques et dirigée un peu obliquement en bas et en avant, nous montre encore la coupe de la calotte en dessus; celle du noyau médian sous-œsophagien en dessous; entre l’œsophage et la calotte, les origines supérieures du nerf optique et son chiasma; sur les côtés de l’œsophage, les origines sous- œsophagiennes du même nerf. Si la calotte n’était pas comprise dans cette section, la coupe serait tout à fait comparable à l’une de celles du collier de l’Élédoue (4), à laquelle elle ressemble du reste beaucoup. Les origines sus-œsophagiennes du nerf optique sont encore plus simples dans la Sèche

(2) Fig. 44.

(3) Fig. 45.

(4) Fig. 35.

8/| JULES CHÉKON.

que dans le Poulpe (1). Le chiasma est beaucoup moins net, quoique le nerf optique soit beaucoup plus volumineux. Ses fibres sont en quelque sorte noyées dans la substance blanche. La coupe suivante (2) passe par le milieu des nerfs optiques et par les origines des nerfs antérieurs de l’entonnoir et acoustiques. La calotte s’est recourbée sur les côtés, les origines sus-œsophagiennes du nerf optique et son chiasma diffèrent très-peu de ce que nous avons vu jusqu’ici. Les origines sous-œsophagiennes sont beaucoup plus courtes. Enfin, la plus grande partie de la région sous-œsophagienne est occupée par la coupe du noyau .moyen qui renferme, sur la ligne médiane, les nerfs antérieurs de l’entonnoir, et, sur les côtés, celles des nerfs acoustiques provenant d’un chiasma. Cette coupe est, en tous points, comparable à l’une de celles du collier de l’Élédone (3).

Le collier nerveux de la Sèche, bien que différant extérieurement de celui de l’Élédone et de celui du Poulpe, surtout par son élongation et l’absence plus apparente que réelle du cervelet, est donc composé des mêmes parties. Il est formé d’après le même plan, et les différences sont bien moins nombreuses que les analogies.

GANGLIONS

Ganglion optique. — La structure du ganglion optique est loin de présenter le même intérêt que celle du collier. Sa coupe montre les divisions dichotomiques du nerf accompagnées de nombreux noyaux, se perdant dans les cellules de la substance blanche, et les fibres minces d’origine des fibres rétiniennes naissant dans les cellules de cette même substance blanche, dans laquelle la matière granuleuse amorphe existe en grande quantité.

Ganglions des bras. — J’ai déjà dit que les nerfs des bras ne portent pas de ganglions distincts comme dans le Poulpe et

(1) Fig. 39.

(2) Fig. 46.

(3) Fig. 36

l’Élédone, mais qu’ils prennent l’aspect de cylindres ou plutôt de cônes très-allongés, aplatis, sans renflements distincts. La coupe de ce cylindre est loin de présenter la netteté de celle des ganglions des bras du Poulpe ; elle montre que le plus grand nombre des fibres du nerf forme un faisceau externe qui est côtoyé par l’artère, tandis que d’autres fibres suivent le côté opposé du cylindre, c’est-à-dire celui qui est le plus voisin des cupules. Tout le reste de la coupe est occupé pâr une substance opaque, homogène, dans laquelle on trouve confondus, comme j’aurai lieu de le dire plus loin, les éléments des deux couches des ganglions de TÉ-lédone et du Poulpe. Je n’y ai jamais trouvé toutefois les fibres tortueuses couvertes de noyaux.

Ganglion étoilé. — Le ganglion étoilé reçoit un rameau importantdu nerf palléal,et émet des nerfs nombreux, dont un trèsgros, qui se confond avec le nerf de la nageoire. Le nerf qui lui vient du palléal ne pénètre pas tout entier dans son centre; quelques fibres suivent sa paroi libre au-dessous du névrilème et se continuent directement avec celles des nerfs émergents; quelques-unes deviennent grêles, pâles et tortueuses et se couvrent de noyaux. Elles ressemblent en tous points à ces fibres singulières qui recouvrent les ganglions des bras dans le Poulpe et l’Élédone. Le plus grand nombre des fibres nerveuses qui viennent du palléal, pénètrent dans le centre du ganglion où elles se terminent dans un groupe de substance blanche, d’une manière que je n’ai pas nettement constatée ; j’ai tout lieu de croire que cette terminaison se fait dans des cellules unipolaires. Audessous du névrilème se trouve une couche de grosses cellules unipolaires, presque sphériques, dont le pôle est dirigé vers le centre du ganglion, ce sont les origines des nerfs qui sortent de cet organe. Une coupe, conduite par l’axe du rameau du palléal, perpendiculairement à la surface du ganglion, rend évidente la constitution que je viens d’exposer.

Ganglions du nerf viscéral. — Les ganglions du viscéral de la Sèche, c’est-à-dire celui qui se trouve au point d’émergence de la branche anastomotique, le ganglion du cœur branchial et l’ensemble de ceux des branchies, qui sont confondus avec les

JULES CBIÉRON.

fibres du nerf, offrent une structure compacte. Il est donc impossible d’y rien voir par transparence, et les coupes d’organes aussi petits seraient bien difficiles à obtenir. J’y ai vu des cellules d’un très-petit volume, à noyau considérable, et tout me porte à croire que ces organes sont constitués comme les ganglions du viscéral de l’Élédone et du Poulpe.

Ganglions du stomato-gaslrigue. — J’ai étudié avec un soin scrupuleux la structure * des ganglions du stomato- gastrique, c’est même le résultat de cette étude qui m’a permis de n’avoir plus aucun doute sur l’opportunité qu’il y avait à séparer le ganglion sus-pharyngien de Brandt du stomato-gastrique, pour le considérer comme la bande blanche antérieure du cerveau. J’ai cherché par tous les moyens connus à voir une cellule dans le ganglion stomacal et dans le ganglion sus-pharyngien de la Sèche, jamais je n’y ai réussi. Ces ganglions sont uniquement formés d’une enveloppe névrilématique épaisse et élastique que les fibres nerveuses traversent, et d’une matière amorphe blanche, semi-liquide et granuleuse, dans laquelle elles se perdent. Je dirai plus loin combien il m’a été facile, au contraire, de voir des cellules dans le ganglion sus-pharyngien.

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