DISTILLATION AGRICOLE DE LA BETTERAVE
La culture de la betterave se développe dans nos riches contrées, le bétail augmente et devient meilleur. Le jour où, par des procédés aussi simples, nous pourrons extraire directement le sucre de la betterave, au lieu de le détruire pour la distillation, un plus grand progrès sera encore réalisé.
SUR Là
L'étude de la respiration des animaux a été faite principalement, jusqu'ici, à un point de vue physiologique ou médical. Mais cette étude présente également un grand intérêt pour Tagronomie, car elle nous fournit des renseignements utiles pour diriger l'hygiène, l'alimentation et l'engraissement des bestiaux; enfin elle se lie, d'une manière intime, aux phénomènes de la vie des végétaux, qui puisent incessamment dans l'atmosphère l'acide carbonique et les produits azotés fournis par la respiration de ces milliers d'êtres vivants qui sont répandus à la surface du sol.
Nous avons publié en 1849 (1), M. Regnault et moi, les résultats de nombreuses expériences sur la respiration des animaux des diverses classes. Dès cette époque, j'avais formé le projet de poursuivre ces recherches, en me préoccupant avant tout de l'intérêt agronomique, c'est-à-dire en cherchant les variations de composition que les animaux ordinaires d'une ferme font subir à l'air atmosphérique. Lorsque je mis ce projet à exécution, je n'avais plus le secours direct de Téminent col-
(1) Annale$ de chimie et de physique, 3^ série, t. XXVI
laborateur qui avait présidé à nos premiers travaux; mais ses conseils et sa bonne amitié ne m'ont pas fait défaut, et M. Regnault a bien voulu faire exécuter, à Paris, les appareils qui m'étaient nécessaires pour opérer dans ma ferme, sur des animaux d'un grand volume.
Dans mes nouvelles expériences, j'ai suivi la méthode directe adoptée dans nos premières recherches ; je me suis imposé la condition de faire séjourner les animaux pendant longtemps, dans un volume d'air limité, mais qui était ramené constamment à l'état normal par le jeu même des appareils. L'oxygène nécessaire à la respiration était fourni incessamment par des gazomètres qui contenaient un grand volume de ce gaz, préparé avec le plus grand soin. L'acide carbonique, qui est le produit principal de la respiration, était régulièrement absorbé par des dissolutions alcalines, et l'on pouvait, à la fin de l'expérience, connaître avec une grande précision, et la quantité d'oxygène consommé par Tanimal, et celle de l'acide carbonique produit. Quant aux autres produits gazeux provenant de la respiration, on les trouvait dans l'atmosphère de Tespace dans lequel l'animal avait séjourné, et les proportions de ces gaz étaient toujours assez petites pour que la composition de cette atmosphère diflTéràt peu de celle de notre atmosphère terrestre.
Telle était la disposition générale des expériences ; mais le volume des animaux de la ferme, sur lesquels j'ai dû opérer dans ce nouveau travail, les poids considérables d'oxygène absorbé et d'acide carbonique exhalé, ajoutaient des difficultés nouvelles qu'on n'a pu sur* monter qu'avec des moyens mécaniques puissants.
SUR LA RESPIRATION DES ANIMAUX d'uNE FERME. 203 DESCRIPTION DE L'APPAREIL.
Eiuieiiilile.
(Planche II.)
L'appareil se compose :
1/" De l'espace AB en forme elliptique (pi. U), dans lequel est renfermé l'animal.
2° D'un condenseur pour Tacide carbonique formé pendant la respiration, qui est représenté par les grands ballons C, G.
3* De deux gazomètres G, G\ remplaçant constamment l'oxygène absorbé.
Avant d'arriver dans l'espace qui renferme l'animal, ce gaz est mesuré par un compteur E, et traverse une couche de potasse liquide contenue dans un flacon N.
Un manomètre M, en communication avec la cloche X, indique la tension du gaz intérieur ; enfin une pipette à gaz P permet de puiser dans la cellule où se trouve l'animal un volume déterminé d'air pour le soumettre à l'analyse.
Nous allons donner une description détaillée de chacune des parties de cet appareil; le lecteur pourra suivre cette description en se reportant, soit aux planches de détails III, IV, V et VI, soit aux figures 1 et 2 de la planche II, qui donne l'ensemble en élévation et en projection.
Esiiace dans lequel est enfermé ranimai,
(Planches II et III.)
Il se représente par un cyliDdreàsectionelliptiqueAB (pi. III, fig. t et 2), de tôle rivée enduite d'un vernis
très solide : ce cylindre, dont la capacité est d'environ 550 litres, se trouve entouré d'eau de tous côtés, comme on le voit par les figures, à l'exception de la paroi F, qui est mobile, pour effectuer l'entrée et la sortie de l'ailimal. La forme elliptique est la plus favorable pour contenir, sous le moindre volume, un animal debout, comme le représente la figure 1 (pi. III), où on le voit reposant, sur un plancher à claire-voie qui laisse passer ses déjections liquides ou solides.
Aussitôt que l'animal a été introduit, on ferme cette entrée à l'aide d'une plaque rigide de tôle, en interposant une lanière de caoutchouc vulcanisé enduite sur ses deux faces de mastic au minium. Cette lanière est percée de trous pour livrer passage aux boulons à vis, qui, par leur pression sur ce milieu élastique et pâteux interposé, rendent complète la fermeture de la cellule.
La caisse à eau SSUU dans laquelle la cellule se trouve immergée, est, d'une capacité de 500 litres environ. Le niveau de l'eau est représenté par la ligne ponctuée nn. Un thermomètre à mercure DE, à réservoir très allongé, indique la température de l'eau, qui est maintenue constante pendant toute la durée des expériences; cette précaution étant indispensable pour conserver le même volume d'air au commencement et à la fin de l'expérience.
Le cylindre porte à sa partie supérieure une large douille munie d'une gorge profonde, dont on voit le détail plus en grand en G.
On insère dans cette rainure une cloche de verre X,
SUR LA RESPIRATION DES ANIMAUX d'uNE FERME. 205
après avoir rempli la rainure de mastic de fontenier en fusion. Celle cloche porte une monlyre traversée par quatre tubulures correspondant à autant de tubes.
1" Par le tube m, la cloche communique avec un manomètre à mercure M (pi. VI, flg. 7), qui donne à tout instant la tension du gaz intérieur; le tube x engagé dans la même tubulure rejoint une pipette à gaz (pi. VI, fig. 3), qui permet, à un moment quelconque de rexpérience, de puiser dans la cloche un volume déterminé d'air pour le soumettre à l'analyse.
2** Par les deux tubes; I, la cloche communique avec Tappareil condenseur d'acide carbonique.
«V Enfin, le quatrième tube o, muni d'un robinet, sert à l'introduction du gaz oxygène nécessaire à la respiration de l'animal.
On voit dans la figure 2, au bas de la caisse à eau, le robinet qui sert à la vider au besoin.
Appareil condenseur d'aeidc carbonique.
(Planches II et IV.)
L'appareil condenseur de l'acide carbonique consiste en deux grands ballons de verre i\ doux tubulures C, C (pi. IV), contenant chacun 35 litres environ, et communiquant entre eux par leurs tubulures inférieures, au moyen d'un tube de caoutchouc vulcanisé qq^q^ recouvert extérieurement de toile, de 3'",30 de longueur et 0™,07 de diamètre. Les tubulures supérieures portent des montures métalliques m, m', qui communiquent avec
206 EËGHËRCHES CHIMIQUES
la cloche par T intermédiaire des longs tubes nljj% nTir.
Sur une longueur de 1 mètFe environ, les tubes ni et nT sont de caoutchouc vulcanisé recouvert de toile, pour se prêter au mouvenient d'oscillation des deux ballons. Il est nécessaire de garnir intérieurement ces tubes avec une spirale métallique, pour empêcher leur aplatissement pendant la marche. Tous les autres tubes de l'appareil sont de plomb et soudés à l'étain sur les tubulures de la cloche.
On met dans les vases C, C\ 43 litres environ d'une solution de potasse caustique, dont on connaît rigoureusement la composition et le volume.
Les deux ballcms C, C sont placés sur des supports mobiles, formés par les cadres de (ev post^ p'o'sH\ qui sont mis en mouvement par le balancier aêOa'é', et guidés dans leur marche par les tringles verticales uv, zw, u'c\ z'tJo\ Le balancier reçoit un mouvement d'oscillation au moyen d'une force motrice empruntée à la machine à vapeur attachée à mon exploitation agricole; elle lui est communiquée par un arbre FF' réuni à un autre arbre parallèle GH par une courroie reposant sur les têtes en pomme de pin F'G. En H, ce dernier arbre est terminé par une vis sans fin qui s'engrène sur le pignon V. Par le mouvement de rotation continue de ce pignon, la barre F T exécute un mouvement de manivelle qui communique au balancier aéOa'é' un mouvement d'oscillation , au moyen de la bielle FK qui les réunit, mouvement dont on peut augmenter ou diminuer l'amplitude, en faisant varier le
*SUR LA RESPIRATION DES ANIMAUX d'uNE FERME. 207
point de jonction des extrémités de la bielle, au moyen des trous à goupille diversement éloignés du centre, que portent les tiges TT et OK. On peut régler ainsi le temps employé à exécuter le mouvement d'aller et de retour.
Dans le cours de mes expériences, cette durée était habituellement de 72 secondes, temps pendant lequel chaque ballon aspirait et refoulait son volume d'air ; il s'ensuit qu'en 72 secondes le volume d'air soumis à l'action de la pota^ était de 70 litres environ.
On voit en Y la poignée d'embrays^e.
Les ballonsC, C\ reçoivent ainsi, dans le sens vertical, un mouvement d'oscillation dont il est facile de comprendre l'effet. Supposons le ballon C au point le plus bas de sa course, et, par suite, le balon G' au point le plus élevé. Le ballon C sera alors entièrement rempli par la dissolution de potasse, tandis que le ballon C sera rempli d'air, lequel communique librement avec celui de la cloche, par l'intermédiaire du tube PIV. Donnons maintenant le mouvement inverse : amenons le ballon G au point le plus bas de sa course, et le ballon C au point le plus élevé. La potasse passera de C en G, et renverra dans la cloche l'air qui remplissait C, et qui a été débarrasséd'acide carbonique par son contact avec la potasse. Une autre portion de l'air de la cloche se rendra dans le ballon C, et y déposera son acide carbonique. ABn que l'absorption de l'acide carbonique par la potasse se fasse d'une manière plus efficace, on a rempli les deux ballons de tubes de verre ouverts aux deux bouts ; les parois de ces tubes restent mouillées de potasse
lorsque les ballons sie vident de la dissolution alcaline, et présentent par conséquent une lai'ge surface absorbante.
Le ballon C prend Tair au sommet de la clôcbe par le tube ri/'n'; l'autre, C, le prend au contraire dans la région inférieure, par le tube/;7'^ (pi. III, fig. t et 2), de sorte que le jeu de l'appareil détermine non-seulement l'absorption de Tacide carbonique h mesure qu'il se forme par la respiration, mais il produit encore une agitation continuelle de cet air et tend à lui donner une composition uniforme dans les diverses parties de Tespace AB. Enfin, à la partie inférieure du gros tube de jonction, de caoutchouc, il existe un robinet R qui sert à évacuer la dissolution de potasse à la Un de l'expérience. Quand, au contraire, on veut en introduire dans les ballons, au commencement de Texpérience, on enlève le petit tube de jonction de la douille supérieure n.ou n\ puis on y insère un entonnoir dans lequel on verse alors facilement la dissolution de potasse dont le volume a été exactement mesuré.
(Planches II et V.)
Les gazomètres G, G', représentés dans la planche V, en élévation par la figure I , et en projection sur terre parla figure 2, sont de tôle rivée et vernie, d'une contenance de 220 litres chacun. Ils sont composés, comme la plupart des appareils de co genre, d'une cuve surmontée d'une cloche, avec contre-poids DD'; desga-
SUR LA RESPIRATION DES ANIMAUX d'uNë FEBMë. 209
lets roulant sur des tringles verticales servent à les guider.
La figure 1 représente le gazomètre G plein de gaz, et le gazomètre G' à moitié plein, et en coupe dans sa partie inférieure.
Chaque gazomètre estmunide deux tubes t^ t\ servant, l'un à l'entrée et l'autre à la sortie du gaz, communiquant àd autres tubes verticaux placés en dehors, 07 ou aï', qui portent des robinets r ou r' sur leur jonction, pour établir ou rompre, suivant le besoin, la communication avec le générateur de gaz oxygène ou l'appareil qui renferme l'animal.
Un thermomètre T indique la température du gaz oxygène.
En ajoutant ou en enlevant les disques métalliques aux contre-poids D ou D', on règle à volonté la pression du gaz dans Içs gazomètres.
(Planche VI.)
A côté de Tespace qui contient l'animal, se trouve disposé un appareil manométrique, ou pipette à gaz, P (pL VI, fig. 3)j que Ton peut mettre en communication avec lui au moyen d'un tube latéral capillaire œœ'cd' (pi. 2). A l'aide de ce manomètre garni d'un robinet de fonte qui permet de faire couler le mercure, on peut, à un moment quelconque de l'expérience, puiser dans l'atmosphère qui entoure l'animal un volume déterminé d'air, pour le soumettre à l'analyse.
RFJSET. 14
210 REGHERCHRS CHIMIQUES
Deux petits robinets coniques d'acier Ô, 9', permettent d'interrompre ou d'établir la communication. Les figures â, /i, 5 et 6 de la planche YI donnent une idée exacte de la disposition de ces deux robinets. Pour les ajuster exactement l'un sur l'autre, on enduit Tune des surfaces ab (fig. 5) de caoutchouc fondu, et Ton serre les deux pièces Tune contre l'autre au moyen delà petite presse de laiton (fig. 6), qui porte une gorge conique à l'aide de laquelle on serr^fortement l'un contre l'autre les deux cônes extérieurs des pièces d'acier à robinet.
Le serrage est très énerg^ique sur tout le contour des cônes, parce que les cônes en creux de la presse (fig. 6) ont un angle à la base un peu plus aigu que les cônes en relief des pièces d'acier (fig. 4 et 5).
Avant de faire une prise de gaz, il faut toujours vérifier si le joint des deux robinets est parfaitement hermétique. La jonction opérée comme il vient d'être dit et le robinet 6 restant fermé, il suffira d'ouvrir le robinet ô'. En faisant couler du mercure de la pipette, le vide se fait ainsi, et le mercure reste soulevé, si l'air ne peut rentrer par les robinets. En ouvrant alors le robinet 6, le gaz de l'appareil vient se précipiter dans la pipette. On renvoie ce gaz dans l'appareil en versant du mercure parle tube latéral / /', et l'on fépète ces opérations au moins huit ou dix fois pour être bien certain de recueillir l'air qui entoure l'animal.
J'ajouterai d'ailleurs que la pipette à gaz contient environ 150 centimètres cubes, tandis que la capacité de l'ensemble des tubes qui la réunissent au grand appareil, ne dépasse pas 25 centimètres cubes.
On voit en outre que le tube capillaire xœ'af traversant la tubulure métallique de la cloche X, se bifurque dans l'intérieur de cette cloche enee', de manière à venir^ puiser l'air en des points différents zz' du grand espace qui renferme l'animal (pi. III, fig. 2).
Dès que Ton a recueilli dans la pipette P le volume de gaz destiné à lanalyse, on ferme les robinets et 0' et l'on enlève le collier de jonction ; on verse un peu de mercure par le tube manométrique IV ^ de manière à conserver le gaz sous pression ; la pipette, montée sur un support mobile, peut être alors enlevée et remplacée par un appareil entièrement semblable; les petits robinetsd'acier à jonction conique, tous d'un même modèle, et s' ajustant parfaitement les uns sur les autres, facilitent ces changements, et permettent aussi de mettre la pipette à gaz en communication directe avec le tube de l'eudiomètre, pour prendre le gaz à analyser.
La Qgure 7 de la planche YI représepte un mano* mèlre à mercure M, qui est mis en communication avec l'appareil par un tube de plomb m. Ce manomètre permet de constater à chaque instant la pression du gaz contenu à l'intérieur.
Le compteur Ë (pi. YI, fig. 8) est un appareil de la fabrication de M. Brount, à Paris. Le gaz pénètre dans ce compteur en a par le tube de plomb a?' venant des gazomètres, et en sort par le tube ft, pour se rendre dans un flacon N contenant une dissolution de potasse. Ce vase, faisant fonction de flacon laveur, permet aussi de suivre la marche de l'opération et de se rendre compte du passage du gaz. De ce flacon laveur part un autre
212 BECHERCHBS CHIMIQUES
tube de plomb d qui conduit le gaz oxygène dansTappareil où est placé ranimai.
Les tubulures du flacon N sont couvertes par une couche d'eau que contient un vase de zinc vv\ mastiqué sur le flacon lui-même.
PréparalloB de l'oxysème.
L'oxygène est préparé en décomposant par la chaleur un mélange de 800 grammes de chlorate de potasse et de 600 grammes de bioxyde de manganèse. L'appareil que Ton emploie consiste en une cornue de fonte C (pi. VI, fig. 2), formée de deux parties se rejoignant par le milieu à Taide de deux clavettes fortement enfoncées dans des boulons. Entre ces deux parlies on met une couche d'argile qui opère une fermeture suffisante. Cette cornue, supportée par un trépied, est chaufl*ée par la flamme d'une forte lampe à alcool et est mise en communication avec un appareil laveur qui consiste en un flacon à trois tubulures L, d'une capacité de 8 litres et contenant environ U litres de potasse en dissolution.
Immédiatement après la cornue, est disposé un appareil destiné à laisser perdre une certaine quantité de gaz oxygène au commencement de sa préparation, avant de le laisser passer dans le flacon laveur.
Cet appareil se compose d'une éprouvette de verre E, exhaussée par deux rondelles de boisrfetrf'; elle contient une couche de 5 à 6 centimètres de mercure m qui occupe le fond, et par-dessus une colonne d'eau e de 15 centimètres environ.
Au commeDcement de la préparation du gaz, la conimuDicatioD entre la cornue et le flacon laveur étant interceptée par le robinet de cuivre R, on force le gaz produit à passer dans Téprouvette par le tube adducteur h. Si Ton a eu soin de retirer la rondelle d placée sous cette éprouvette, de façon à faire arriver le tube adducteur dans l'eau seulement, le gaz pourra s'échapper librement.
Après avoir perdu 8 à 10 litres d'oxygène, alors que l'on est sûr que tout l'air contenu dans la cornue a été chassé, on remet sous l'éprouvette E la rondelle d qui avait été retirée, et, aussitôt on ouvre le robinet R. Le tube qui était engagé dans l'eau, plongeant maintenant dans le mercure, est mis alors sous une pression suffisante pour forcer le gaz à passer dans le flacon laveur L. 11 se rend par le tube de plomb t dans les gazomètres placés à côté, et qui sont disposés pour le recevoir.
Une fois que la cornue a été chauffée, vingt-cinq ou trente minutes suffisent pour obtenir 200 litres de gaz environ : il est indispensable de donner aux tubes de dégagement un diamètre assez large pour suffire à l'écoulement du gaz qui se produit en très grande abondance; avec cette précaution, la préparation de l'oxygène ne présente plus aucun danger. Le gazomètre se remplit sous une pression qui ne dépasse pas & à 5 centimètres de liquide soulevé dans le tube de sûreté f.
La figure 1 de la planche YI représente différents ballons exactement jaugés, qui servent à mesurer la dissolution de potasse placée dans l'appareil condenseur de Tacide carbonique.
^Ml EEGHERGHES CHIMIQUES
Il me paratt utilede donner ici quelques explications détaillées sur la marche générale des expériences et sur les précautions qui ont été prises pour en assurer le succès.
L'animal introduit dans la cellule, on place la porte F et Ton serre avec soin tous lesécrous ; deux ou trois minutes suffisent pour cette manœuvre. Dès que la fermeture est complète, on met en mouvement l'appareil condenseur qui contient un volume de potasse caustique exactement jaugé. L'acide carbonique s'absorbe, et suivant les indications du manomètre, on introduit la quantité d'oxygène nécessaire pour maintenir à peu près constante la pression intérieure. Cependant l'expérience ne commence définitivement qu'après avoir laissé séjourner l'animal pendant quinze minutes, environ dans l'appareil. Il est ordinairement tout haletant après la lutte qu'il faut engager avec lui pour l'introduire dans la cellule ; i] est donc absolument nécessaire de laisser le calme se rétablir; les conditions de température s'équilibrent d'ailleurs pendant cet espace de temps, et le mélange de l'air s'opère ainsi complètement dans toutes les parties de l'appareil.
Au moment où commence l'expérience, on fait une prise de gaz dans la cellule et l'on recueille en même temps, par le robinet R, un volume connue de la solution de potasse, de manière à déterminer exactement par l'analyse les proportions d'acide carbonique qu'elle renferme au commencement de l'expérience. On tient compte de l'indication du manomètre, après la prise de gaz et le prélèvement de la potasse pour analyses, a pression atmosphérique étant observée. L'apparei
sua LA RESPIRATION DES ANIMAUX d'uNE FERME. SIS
condenseur, dont le jeu avait été suspendu un instant pendant le temps nécessaire à la prise de potasse, est immédiatement mis en marche pour ne plus s'arrêter qu'à la fin de l'expérience. On règle l'introduction de l'oxygène de manière à avoir un excès de pression de 1"",5 environ dans l'intérieur de l'appareil.
Pour terminer l'expérience, on doit commencer les préparatifs une heure à l'avance. A cet effet, on ramène d'abord la température de Teau du réservoir à être rigoureusement la même qu'au commencement, on la maintient stationnaire à ce point et on l'agite fréquemment. Par une introduction forcée d'oxygène, on établit dans l'appareil un excès de pression de 2 à 3 centimètres, et pendant que l'oxygène correspondant à cet excès de pression se consomme, on a le temps nécessaire pour se mettre en mesure de terminer convenablement Texpérience. On attend, pour cela, le moment où la pression dans l'intérieur delà cellule est devenue rigoureusement égale à la force élastique de l'air extérieur, telle qu'elle était au commencement. Comme, généralement, le baromètre a changé, il faut conserver au gaz intérieur une différence de pression égale à cette variation du baromètre. J'ai pu généralement remplir rigoureusement cette condition : si d'ailleurs il existe une différence entre la pression finale et la pression initiale, on peut faire entrer ces données dans le calcul de l'expérience.
D'un autre côté, lorsqu'il reste encore un excès de pression, on a ajusté la pipette à gaz avec les soins indiqués précédemment ; on fait couler le mercure du
tube manométrique pour remplir la pipette de gaz ; on renvoie de nouveau ce gaz dans l'appareil, et Ton répèle ces opérations un certain nombre de fois jusqu'à ce que le gaz intérieur ait acquis la force élastique normale; on fail alors la prise de gaz définitive.
L'analyse du gaz pris au commencement et à la fin de l'expérience se fail par les procédés eudiométriques décrits avec détail dans le mémoire que nous avons publié, M. Regnaultet moi. On opère d'abord l'absorption de l'acide carbonique, puis on ajoute au gaz restant une certaine quantité de gaz de la pile, et l'on fait détoner. On mesure Tabsorption , et l'on détermine la quantité d'acide carbonique formé ; enfin on ajoute un excès d'hydrogène, et l'on détermine, par combustion, ce qui reste d'oxygène.
La détermination de l'acide carbonique contenu dans la solution alcaline avant et après l'expérience se fait d'une manière précise, en suivant les indications données dans le même mémoire.
Le compteur donne très exactement le volume de l'oxygène consommé pendant l'expérience; on déduit le volume du gaz qui a été fourni à l'animal pendant le temps nécessaire aux préliminaires.
Les expériences ont été faites :
l"" Sur des moutons adultes de quatre à six ans; 2** Sur des veaux de cinq à neuf mois ; 3° Sur des animaux de l'espèce porcine, verrat de huit mois, verrat de deux ans, grosse truie de deux ans;
4° Sur de grosses volailles de la ferme, dindons et oies.
Les dimensions de mes appareils ne me permettaient malheureusement pas d'opérer sur de plus gros animaux adultes, tels que vaches, bœufs et chevaux, mais je ne désespère pas d'y parvenir.
318 aECHËRGHES CHIMIQUES
Expérience n** i.
Une brebis À, de six ans environ, est placée dans l'appareil le 3 décembre 1862.
Son poids est de 66 kilogrammes.
Son régime habituel se composait de paille et de pulpes de betteraves.
On ne lui donne pas de nourriture dans Tappareil.
L'expérience a duré làMS"".
Température constante de i&\ Excès de pression à la fin de Texpérience + 0"",3.
L'animal est sorti en très bon état.
Composition du gaz au commencement de l'expérience.
l* II. Moyenne.
Acide carbonique 4,42 4,37 4,39
Oxygène 19,37 4 9,25 4 9,34
Azote 79,24 79,38 79,30
100,00 400,00 400,00 Composition du gaz à la fin de Inexpérience,