CONCLUSIONS GENERALES
. — Expériences ?ï«* 1, 2, 3, 4 et 5.
La presque totalité de Toxygène disparu se retrouve dans l'acide carbonique produit; Texhalation d'azote est très manifeste, mais on remarque en outre un dégagement d'hydrogène protocarboné beaucoup plus considérable, qui s'élève à 18"*,8 dans la première expérience, et à 1â*\û dans la seconde.
Les trois expériences qui suivent ont été faites sur une môme brebis C Dans la première de ces expériences {n'* 3 de la série), cette brebis avait été gavée d'aliments en dehors de son régime habituel, qui se composait, comme celui des autres moutons, de pulpes de betteraves et de paille. Peu d'heures avant son entrée dans Tappareil, le berger lui avait donné une copieuse ration de son mélangé avec de l'avoine. La bête a éprouvé une indigestion, et à la 6n de l'expérience qui a duré quatorze heures douze minutes, on la retire de l'appareil dans les plus mauvaises conditions, elle ne peut se tenir sur ses jambes, elle laisse tomber sa tête, son ventre est météorisé.
Le trouble subi par l'animal se montre nettement dans les produits de la respiration. La proportion d'azote exhalé s'élève à ftl8',880 : cette proportion est quatorze fois plus considérable que pour un animal dans les conditions normales. L'hydrogène protocarboné produit est de 22 litres; tout Toxygène consommé se retrouve dans l'acide carbonique.
Les deux expériences m' 4 et 5, faites à quelques jours d'intervalle sur cette même brebis C parfaitement rétablie, et se trouvant d'ailleurs dans les conditions normales de régime, montrent quelesproduitsde la respiration reviennent aussi aux conditions normales. On retrouve pour l'azote exhalé et pour l'hydrogène protocarboné produit, des proportions qui se rapprochent de celles obtenues dans les précédentes expériences sur la brebis A et sur le mouton B.
Veaux. — Expériences n°* 6, 7 kt 8.
Les expériences faites sur les veaux montrent que, chez ces ruminants, le phénomène de la respiration s'accomplit, comme chez les moutons, avec une exhalation d'azote et une production considérable d'hydrogène protocarboné. Dans l'expérience n*' 8, un veau de neuf mois a exhalé 20 litres de ce gaz en quatorze heures trente sept minutes. Le rapport entre le poids de l'oxygène contenu dans l'acide carbonique et le poids de l'oxygène consommé reste constant dans les trois expériences: pour 100 d'oxygène consommé, on en retrouve en moyenne 86,44 dans l'acide carbonique.
La proportion d'oxygène fixé est plus considérable que chez les moutons.
La production de l'hydrogène protocarboné pendant la respiration des ruminants est un fait général qui me paraît lié d'une manière absolue au phénomène de la digestion. Ce gaz doit prendre naissance au sein des masses alimentaires, de nature végétale, qui sont en
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voie de fermentation et d'élaboration dans le premier estomac. J'ajouterai, à l'appui de celte pensée, que j'ai eu Toccasion de retrouver l'hydrogène-protocarboné, en proportions considérables, dans l'estomac des ruminants qui succombent à la suite de l'indigestion gazeuse connue sous le nom de météorisation.
Nos anciennes expériences n'ont pas porté sur des ruminants, mais nous avons étudié la respiration des lapins, dont Talimentation était peu différente. Nous avons reconnu également pour ces animaux une exhalation d'azote ; la proportion de ce gaz rapportée au poids de l'oxgyène consommé était en moyenne de 0,0041. Le rapport entre le poids de l'oxygène contenu dans l'acide carbonique et le poids de l'oxygène consommé était deO,9-Jen moyenne. Enfin, on a trouvé constamûient une exhalation notable d'hydrogène protocarboné. On voit que la respiration des rongeurs ditTère peu de celle des ruminants. Ces résultats confirment la conclusion que nous avons tirée de nos premières recherches, savoir que les produits de la respiration dépendent bien plus de la nature des aliments que de Tespèce animale.
Celte grande similitude dans la respiration d'animaux d'espèces diverses, soumis à une alimentation semblable, mais de poids très différents, donne à penser que la respiration des grands animaux adultes, chevaux et bœufs, doit se rapprocher beaucoup de celle des moutons et des veaux.
espèce porelne. — Expébiences h?* 9, 10 et 11.
Chez les animaux de l'espèce porcine, les produits
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de la respiration deviennent très différents, on trouve peu ou point d'azote exhalé; le verrat de huit mois, expérience nMl , en a même absorbé l^''*-,5. La quantité d'hydrogène protocarboné produit devient presque nulle, tandis que l'on trouve dans l'une des expériences (n* 9, gros verrat de deux ans), 8 litres d'hydrogène libre, sans mélange de gaz carboné. Nos méthodes d'analyses eudiométriques ne peuvent laisser aucun doute sur l'exactitude de ces résultats.
Pour 100 d'oxygène consommé, on en retrouve 82et 86 dans l'acide carbonique produit. Cependant, dans l'expérience nM 1 , faite sur le jeune verrat, il y a eu exhalation d'acide carbonique.
Le poids de l'oxygène feonsommé étant de /i83 grammes, on en retrouve 509 dans l'acide carbonique. C'est là un fait que nous avions eu plusieurs fois l'occasion de signaler dans nos premières expériences, surtout sur des animaux nourris avec des grains.
On voit que dans les produits de leur respiration, les animaux de l'espèce porcine n'offrent pas cette régularité, cette précision que présentent les moutons ou les veaux; mais il faut bien remarquer que, tandis que les ruminants ont un régime exclusivement composé de matières végétales, les animaux de l'espèce porcine deviennent indistinctement carnivores ou herbivores.
Les trois animaux soumis aux expériences étaient en liberté dans la cour de la ferme ; ils pâturaient de l'herbe dans la journée, et recevaient le soir une ration de son, avec du lait caillé.
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¥olaillefi, oicM c( dindons. — Expériences n°^ 12 et 13.
L'expérience faite sur les dindons confirme les résultats que nous avions obtenus avec les poules: il y a eu exhalation d'azole. Le rapport entre le poids de l'azote exhalé et celui de l'oxygène consommé est 0,0085 pour les dindons; nous avions trouvé en moyenne 0,0075 pour ce môme rapport avec des poules nourries au grain. Pour 100 d'oxygène consommé, on retrouve 77,7 d'oxygène dans Tacide carbonique; pour les poules, cette proportion s'élevait à 92,7,
Avec les oies, il y a eu également exhalation d'azote. Dans ces deux expériences, l'hydrogène libre et l'hydrogène protocarboné ont complètement disparu.
Les résultats de ces expériences trouveront des applications utiles dans la pratique agricole, j'en citerai un exemple. J'ai cherché à établir ce que deviendrait, au bout d'un certain nombre d'heures, l'air d'une bergerie composée de cinquante moutons d'un poids moyen de 70 kilogrammes, en admettant qu'il n'y eût aucune ventilation. Je suppose à cette bergerie 7 mètres de côté sur â met. de hauteur. Ce sont des dimensions que l'on retrouve souvent dans les anciens bâtiments de nos fermes.
Déduction faite du volume d'air déplacé par les cin quante bêtes, la bei^erie renferme ISS^^'yS d'air. Chaque mouton a donc à sa disposition 2"%f)70 d'air.
Partant des données fournies par mon expérience, on trouve qu'en une heure douze minutes, l'air de cette
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bergerie conliendrail déjà un centième d'acide carbonique, soit dix centièmes en douze heures. En vingt-cinq heures, l'oxygène serait tout entier transformé en acide carbonique; l'air contiendrait deux millièmes d'azote exhalé et douze millièmes d'hydrogène protocarboné.
Or, pendant les longues nuits d'hiver, les animaux sont généralement entassés dans des bergeries qui n'ont aucun moyen de ventilation, et d'ailleurs, pour le plus grand bien de ces mêmes animaux, les bergers calfeutrent soigneusement toutes les ouvertures.
L'air que respirent les pauvres bêtes placées dans de semblables conditions doit facilement contenir des proportions considérables d'acide carbonique.
On voit donc combien, dans les bergeries elles étables, il est nécessaire d'établir un système permanent de ventilation.