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Recherches pratiques et expérimentales sur l'agronomie

L'agriculture a fait certainement d'importants progrès dans ces dernières années. Les bienfaits el les charmes de la vie rurale ont été racontés par des hommes de talent dans des livres qui ont trouvé de nombreux lecteurs, et inspiré peut-être quelques vocations agricoles. Les concours régionaux, les primes d'honneur, les comices agricoles, les sociétés d'agriculture, ont donné, dans les départements, une vive impulsion aux branches si diverses cl si variées de l'économie rurale, et toutes ces institutions, ayant le même mobile et poursuivant par des moyens différents le même but, ont amené d'heureux résultais. Il semble que, sous ce rapport, on ait épuisé toutes les combinaisons que pouvait inspirer l'importance capitale qui s'attache, à si juste litre, aux améliorations agricoles, et qu'en fait d'encouragements donnés par l'JLlat ou par des associations privées, il ne soit plus possible d'innover.

L'avenir de l'agriculture paraît être tout entier

aujourd'hui dans les observations' recueillies chez les cultiva Leurs eux-mêmes, cl dans lus enseignements que donne la pratique agricole de chaque jour. Malheureusement, rien n'est plus difficile que de mettre en relief les procédés suivis dans la culture du sol, d'indiquer leur raison d'être, et d'exposer, dans leurs délails loi ganisalion méthodique des exploitations rurales, comme il serait facile de le faire pour une exploitation industrielle quelconque.

Les agronomes ont fait ressortir quelques traits généraux; mais, dans la même commune, sur le même sol cf. dans des conditions identiques, nous voyons souvent suivre des procédés opposés, et cependant réussir parfois par des moyens contraires. Le caractère général du plus grand nombre des cultivateurs est d'ailleurs de ne se rendre aucun compte du mécanisme de leurs travaux, et de vivre tant bien que mal, sur le sol qu'ils exploitent, en poursuivant un bénéliee qu'ils n'atteignent pas toujours; mais, soit qu'ils l'obtiennent, soit qu'il leur échappe, ils ne savent pas la plupart du temps apprécier la véritable cause de leur gain ou de leur perle.

L'agriculture est cependant une science d'observations comme toutes les autres, et si la comptabilité exacte, dont l'industriel suit scrupuleusement toutes les règles, était connue et pratiquée par les

INTRODUCTION m

cultivateurs, des conséquences remarquables finiraient assurément par ressortir de l'ensemble de faits rigoureusement constatés et contrôlés.

Telle a été ma pensée, lorsqu'on 1850, à un moment où l'agriculture était loin d'avoir reçu l'impulsion qui lui a élé donnée depuis lors, je pris en main l'exploitation d'une grande partie des terres qui m'appartenaient et qui avaient été jusqu'alors affermées : j'y ètdB préparé par la direction de mes études. J'avais consacré mon lemps jusqu'à cette époque à des travaux de chimie et à des expériences qui avaient élél'objeldcdifférenles publications. J'avais d'ailleurs eu toujours le désir de mener de Iront mes recherches scienliliques avec une pratique agricole importante qui pût me permettre de recueillir des résultats de quelque valeur.

Sous l'empire de cette idée, j'ai installé mon laboratoire au milieu de nia ferme. Depuis cette époque, j'ai poursuivi sans relâche l'ccuvre parfois si ingrate d'une exploitation rurale étendue, dont la première règle doit être d'atteindre ce bénéfice net et ce profit final sans lequel le travail du propriétaire cultivant par lui-même n'est plus qu'une source d'honorables distractions Ou une forme nouvelle d'un luxe coûteux.

La ferme dont je me résolvais l'exploitation à partir du mois d'octobre 1850 comprenait une

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