INTRODUCTION. XV U
ture de mes betteraves une quantité de terre suffisante. Les mois d'hiver qui avaient été jusqu'alors, pour moi comme pour les autres cultivateurs, un temps de disette, devinrent au contraire avec ma distillerie une période d'abondance. Les animaux entretenus sur mes pâturages d'été n'étaient plus assez nombreux pour consommer les résidus de ma fabrication, et je fus forcément conduit à l'engraissement, qui permet seul de proportionner l'effectif du bétail aux ressources dont on dispose. J'achetai des vaches maigres auxquelles je donnai 50 a 60 kilogrammes de pulpes par jour. J'ai souvent calculé que la ration d'entretien par vingtquatre heures, avec cette excellente nourriture, ne ressort pas pour un bœuf de 600 ki lorrain rue*. |i;ir exemple, à plus de 50 centimes, sans compter la paille. Mes premiers pas dans cette nouvelle voie ne devaient pas être heureux : mes animaux furent atteints pendant la première année de la péripneumonie. Les cultivateurs environnants et les hommes employés dans ma ferme déclaraient que les pulpes étaient les véhicules de celle dangereuse maladie, et mes débuts furent bien troublés sous ce rapport Je luttai avec énergie contre l'envahissement du mal. L'inoculation, dont il a été tant parlé à l'école d'Alfort et parmi les vétérinaires, fut pratiquée chez moi sur une assez grande échelle parle regrettable M. Delafond. Je
ne puis pas atlirmer qu'elle constitue un moyen préventif certain, mais elle ne présente assurément aucun diinger lorsqu'elle est faite avec soin, et l'on doit la conseiller à tous ceux qui sont exposés aux ravages du fléau qui avait frappé mes élablcs. Je remplaçai du reste, l'année suivante, les vaches par les moulons; le pays que j'habite est un pays de plaines et de grande culture: c'est a*sez dire que les moulons y tiennent une place plus importante que les bêtes à cornes, et que je devais, par conséquent, rencontrer des facilités particulières pour acheter des moulons maigres destinés à l'engraissement.
Mes pulpes me permettaient de nourrir jusqu'à six cents tètes de moutons par hiver. J'ai vendu ainsi et livre à la boucherie, dans le meilleur état, environ 30000 kilogrammes de poids vivant par campagne. Un bétail aussi nombreux me donne des quantités considérables de fumier et amasse dans mes terres une fertilité exceptionnelle.
En faisant ressortir, comme je viens de le faire dans les lignes qui précèdent, les traits les plus saillants de l'exploitation que je dirige depuis bientôt quatorze ans, j'ai voulu surtout imprimer aux recherches agronomiques qui font l'objet de celte publication leur véritable caractère, et démonlrer qu'elles ont été conçues au pnint de vue