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santés que possible avec une production en laine très élevée. Ces qualités sont souvent exclusives les unes des autres, et il devient par conséquent difficile de s'entendre. D'un autre côté, à moins de faire des sacrifices qui ne sont nullement en rapport avec la valeur commerciale des animaux, personne ne peut charger une exploitation rurale considérable avec les types des animaux perfectionnés du premier ordre. Il reste la possibilité de faire des croisements; mais si les premiers produits sont souvent excellents, les seconds le sont beaucoup moins et s'éloignent du type modèle qui a été pris pour reproducteur. La situation du cultivateur voué à une pratique agricole sérieuse est donc très embarrassée sous ce rapport, et le mieux est de poursuivre sans découragement le travail si lent d'une amélioration qu'activent certainement de bons reproducteurs, el que les années seules peuvent assurer.
Je donnai d'abord à mes brebis charmoises des béliers de la race Dishley, dans l'espoir d'élever un peu la taille de mes animaux; je croisais également des reproducteurs de ce type avec des brebis du pays : mes produits, sans être mauvais présentaient des tempéraments trop lymphatiques, un peu sujets à la cachexie aqueuse. Je me trouvai beaucoup mieux du croisement avec les béliers soulhdown, qui me donnèrent principalement avec les
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brebis iki pajs des premiers produits admirables: j'ohienàis des animaux que je pouvais liyrcr à la boucherie dès l'âge de deux ans, tandis que ceux du pays ne sonl engraissés qu'à quatre uns.
Mes moulons étaient alimentés suivant les usages de la contrée : en été, dans les prairies artificielles; en biver, dans les bergeries. .Mon exploitation necomportant pas dcpraiiies permanentes, je n ai j.irj.aiï i-n i|u un nombre >k- l»'u • > ■ • <■ n. . très restreint: je n'ai pas cherché davantage à entrer dans l'élevage des chevaux, lin général, la première règle à observer pour un propriétaire cultivant par lui-même doit être d'essayer à faire mieux que les cultivateurs environnants, mais non pas de tenter une autre industrie que la leur. Ce n'est assurément pas sans raison (pic l'élevage des hèles à cornes est cantonné dans certains pays, celui des chevaux dans certains autres, et qu'au point de vue de la production agricole, chaque pays a sa spécialité bien marquée. L'élevage des chevaux dans le département de la Seine-Inférieure est très exceptionnel, et pour les cultivateurs de ma région cet animal n'est et ne doit être qu'un instrument de travail. Il semble que, dans cette situation, les fermiers ne devraient attacher à leurs écuries qu'une importance accessoire; il n'en est rien cependant : le luxe des équipages qui traînent les charrues ou de lourds chariots à quatre roues
i nt non uct ion. sut frappe louiez les personnes qui parcourent nos campagnes; les charretiers réclament pour les chevaux qu'ils conduisent, mais qui ne leur appartiennent pas, les meilleures nourritures de la ferme, et c'est à grand'peine que les greniers sont défendus contre leurs exigences sans cesse répétées. Le seul résultat de si grands sacrifices est de permettre au fermier de ne pas perdre à la revente sur les chevaux qu'il a achetés à deux ou trois ans, et dont il se défait vers la cinquième ou sixième année. Suivant à cet égard un système tout contraire, mon écurie n'a jamais présenté que des animaux achetés le meilleur marché possible, et conservés jusqu'aux dernières limites de leur âge ou de leurs forces. .
Je préférais attacher une importance beaucoup plus grande aux instruments. J'ai remplacé la charrue cauchoise par l'excellente charrue Dombasle, cl j'ai employé le scarificateur si solidement construit dans la fabrique établie à Nancy, sous les auspices du nom si cher aux cultivateurs que je viens de rappeler. Je me sers aussi, depuis quelque temps, d'un semoir anglais à treize rangs, qui offre l'avantage de donner à la terre un travail énergique, de répandre le grain beaucoup mieux qu'on ne pourrait le faire à la main, et de présenter une économie d'un quart pour cent au moins dans la semence employée. Je n'ai pas hésité, depuis
[rois ans, à installer une moissonneuse de la fabrication de MM. Hurgess et Key, qui fait un très bon travail, et m'a permis de réaliser une économie notable dans mes liais de récolle.
Prise dans son ensemble, mon exploitai ion, pendant les premières années, n'a du reste jamais eu d'autre caractère apparent que celui des autres fermes normandes. Mon inventaire élail dressé scrupuleusement : amollissement du matériel , intérêt du capital engagé, lermage. calculé d'après les prix ordinaires du pays; Ions les éléments d'une situation irrécusable étaient relevés sur des éluls que j'ai toujours conservés soigneusement, et qui m'ont permis de mettre eu relief, à mes propres veux, les côtés défectueux de mon entreprise. J'ai été amené ainsi à reconnaître combien les charges que l'hiver impose aux cultivateurs sont onéreuses.
La consommation des animaux, pendant la saison du long sommeil de la végétation, représente toujours une valeur vénale beaucoup plus considérable que leur accroissement, de telle sorte que la plus-value du bétail est loin de compenser le prix des fourrages secs et des farineux qu'il absorbe. Les cultivateurs considèrent qu'un bénéfice certain les attend lorsqu'ils l'ont consommer les produits de leurs terres. Ils hésitent devant le moindre achat, parce qu'ils tiennent pour axiome que le premier argentgagné est celui qui n'est pas