CHAPITRE PREMIER
accidens qui peuvent faire echouer l'operation de la cataracte par les divers procedes de l'extraction.
Ainsi que nous l'avons dit dans l'introduction de ce travail, la plus grande hérésie chirurgicale du siècle consiste à vouloir adapter un seul procédé opératoire à tous les cas, à toutes les complications d'une même affection. Aussi est-il des opérateurs qui croient avoir tout dit en déclarant ça1 ils ne pratiquent jamais ï 'extraction , ou bien, qu'ils ne font jamais que l'abaissement.
Ces idées préconçues sont presque toujours mises en pratique, et si vous voulez voir extraire des cristallins, vous devez fréquenter tel hôpital, car l'abaissement y est proscrit. Le contraire a lieu dans tel autre établissement.
Supposez maintenant que , après avoir bien re-
connu et diagnostiqué une cataracte (voyez p. 15), le chirurgien se soit convaincu que l'extraction doit être préférée, ou que tout au moins elle offre autant de chances de succès que l'abaissement, il lui reste encore beaucoup à faire pour obtenir une opération heureuse.
Malgré les données anatomiques les plus précises, Fhabileté manuelle la plus parfaite, la connaissance la plus intime des règles générales de l'opération, il peut arriver que celle-ci échoue, et cela autant par l'oubli de quelques préceptes minutieux que l'on est trop souvent porté à considérer comme oiseux, que parce qu'il est de petites précautions que l'on ne prend qu'après avoir été guidé par sa propre expérience et instruit par ses revers.
Je vais donc, dans l'intérêt de mes jeunes confrères, rechercher, avec toute l'attention dont je suis capable, les causes qui occasionent le plus souvent les insuccès de l'opération de la cataracte par extraction, en les classant sous les neuf points suivans :
1° Les accidens propres à toutes les opérations de cataracte (voir la page 13).
2° La trop petite dimension de l'incision de la cornée, son irrégularité, sa trop grande proportion et sa position vicieuse; la rupture de l'instrument et la sortie prématurée de l'humeur aqueuse.
3° Le renversement de la cornée en arrière ou en avant, avec impossibilité de réunir par pre-
mière intention , par suite de la flétrissure ou autre cause.
4° La blessure de l'iris, sa hernie ou son arrachement, sa contraction spasmodique ou irridiospasme; son adhérence au cristallin, à sa capsule ou à la cornée ; sa forme bombée en avant , de manière à envahir la chambre antérieure ; une pupille naturellement trop étroite ou trop dilatée.
5° La chute de l'humeur vitrée, le blépharospasme et les convulsions du globe oculaire et de ses muscles.
6° La difficulté d'extraire la cataracte en entier ou en partie, la nécessité de l'abandonner en partie ou en totalité; la cataracte capsulaire primitive ou secondaire, etl'hypopion.
7° L'introduction de l'air dans l'œil, et son séjour dans cet organe.
8° Enfin la mauvaise méthode de pansement après l'opération; les cicatrices vicieuses et le staphylôme de la cornée.