CHAPITRE XVH
REASCENSIO.X du cristallin.
Ce que nous avons dit de la rareté de la réascension du cristallin, pour l'abaissement proprement dit, ne s'applique pas du tout a la kératonyxis. C'est par la fréquence de cet accident dont elle est suivie, qu'elle mérite surtout la défaveur dans laquelle elle est tombée.
Par ce procédé, les moyens d'immersion sont tout différens quand on veut précipiter un cristallin dur dans l'humeur vitrée. En effet , au moment où l'on présente l'aiguille sur la face supérieure du cristallin pour le récliner, rien n'est plus fréquent que de le voir tourner sur lui-même et échapper à plusieurs reprises à l'action de l'instrument.
Dans ces diverses tentatives, la cornée est très fatiguée, et c'est pour remédier à cet accident que Langenbeek (1) recommande d'appuyer l'aiguille sur le doigt qui est le plus voisin de celui qui abaisse la paupière. Par ce moyen l'hypomochlion se trouvant plutôt sur le doigt que sur la plaie , les accidens sont moindres. Aussitôt que l'on est par* venu à ensevelir le cristallin dans les cellules hyaloïdiennes il faut l'y maintenir un instant, puis ra-
(1) Voyez son journal , tome III , p. 418.
mener lentement l'aiguille dans le centre delà pupille, et alors en lui fesant décrire des cônes en divers sens , non seulement l'on détruit les cellules de l'humeur vitrée, pour empêcher la réascension du cristallin comme dans la scléroticonyxis , mais encore on brise la membrane cristalloïde, et l'on évite par là la cataracte capsulaire secondaire. S'il est impossible de l'abaisser, il faut chercher à le briser et à le faire passer au moins en partie dans la chambre antérieure.
Dans la kératonyxis, la discision étant moins facile, les fragmens du cristallin sont plus gros et plus difficiles, par conséquent, à être absorbés. On dit que le docteur Werneck(l) recommande d'évacuer alors l'humeur aqueuse, et qu'à la suite de cette opération il se manifeste dans l'organe un surcroît d'activité qui fait accélérer la dissolution des fragmens du cristallin. Je ne puis nullement me prononcer sur le mérite de cette méthode que je n'ai jamais vu employer.
(1) Werneck, In Journal de Langenbeck. Weller, ouv. cité, tom. I, p. 336.