CHAPITRE XVIII
du staphylôme partiel de la cornée et de l'albugo.
De même qu'à la suite de la scléroticonyxis il se manifeste, dans le lieu blessé par l'aiguille, une petite tumeur de la sclérotique : de même après la kératonyxis on voit surgir peu à peu une tumeur de la cornée, qui ne tarde pas à être un staphylôme. Cette maladie peut quelquefois prendre un accroissement assez considérable , qui fatigue la vision et entrave le mouvement des paupières.
Il faut donc, en temps utile, s'occuper de cette hypercératose, et opposer le traitement que nous avons déjà indiqué pour celle qui succède à la cataracte par extraction.
Pour ce qui est de l'albugo, nous croyons avoir suffisamment indiqué son traitement à l'article Cicatrice vicieuse de la cornée.
Me voici arrivé à la fin d'un travail que j'ai dû restreindre en raison du changement de forme qu'il à subi ; parce qu'un grand nombre de détails locaux qui étaient d'un plus haut intérêt pour le professeur Scarpa , et par la réponse qu'il y aurait fait, cessent d'avoir une aussi grande importance depuis sa mort. J'ai émis mes opinions avec franchise, et je
crois avoir fait tous mes efforts pour arriver au but que je m'étais proposé.
On me demandera peut-être pourquoi je ne me suis point occupé du procédé d'Adams qui consiste à couper le cristallin en tranches pour en faciliter l'absorption, ou bien pour qu'elle raison, je me suis dispensé de parler de la méthode de Bowen. La réponse est facile : le procédé d'Adams a été jugé par le professeur Scarpa et par tous ceux qui l'ont examiné après lui ; il n'offre aucun avantage sur la scléroticonyxis : l'instrument trachant dont se servait Adams n'était autre chose que l'aiguille de Saunders, ainsi que l'on peut s'en assurer en consultant son ouvrage (1).
Quant au procédé de Bowen, si quelque chose pouvait compromettre l'avenir de l'opération de la cataracte par abaissement, ce serait sans doute la méthode du charlatan écossais. En effet, pour peu que le cristallin soit mou , l'opérateur n'a plus de prises sur lui et perd par là les avantages du broiement. Dès lors, il devient impossible de projeter les fragmens dans la chambre antérieure , et son immersion dans le corps vitré n'est facile que lorsque l'humeur aqueuse reste lympide. Si celle-ci devient trouble , l'opération ne peut plus être continuée avec sûreté et il est très probable que l'iris sera blessé.
(1) F.-C Saunders. Ouvr. cité,
Si j'avais voulu faire un traité de l'opération de la cataracte , il est une foule de détails dans lesquels j'aurais dû descendre; mais je n'ai dû considérer que les causes des revers dans les résultats de l'opération. Ma tâche arrive à sa fin. Il me reste à entrer dans quelques considérations sur la cataracte congéniale, ce sera le sujet du petit travail qui va suivre. Je terminerai par les règles générales à suivre dans les diverses opérations, et clans l'application des lunettes à cataracte.