CHAPITRE IV
Le chlore dans l’organisme (le sang excepté).
. Le chlore dans le système nerveux.
Le chlore dans le foie, la rate et les reins .
a) Le chlore dans le foie.
b) Le chlore dans la rate.
c) Le chlore dans les reins ;
Le ‘chlore dans les muscles acane et ds Le node cardiaque
. Le chlore dans la Fe. et dans Détine é
Pages.
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Le présent travail est consacré à l’étude de la teneur en soufre et en chlore de quelques organes, tissus et sécrétions, chez divers animaux, presque tous vertébrés. Il se rattache, dans une certaine mesure, aux recherches sur le calcium et sur le phosphore dans l’organisme, faites, également au laboratoire de physiologie de l’Université de Fribourg, respectivement par GRIMMÉ 1! et MAURICE ?.
Nous nous sommes occupé exclusivement du dosage du soufre total et du chlore total.
Dans le cas du chlore il n’y avait pas lieu de distinguer différentes formes de combinaisons. Cet élément, en effet, ne se présente qu'à l’état de chlorures minéraux (principalement de potassium, sodium, calcium et magnésium) ou encore d'acide chlorhydrique. Il ne semble pas que, chez les êtres vivants, le chlore existe engagé en combinaison organique, c’est-à-dire lié à un atome de carbone ; on peut seulement rencontrer, chez eux, à côté des composés minéraux
1 G.-L. GRIMMÉ, Sur le dosage du calcium en physiologie avec applications au sang et au système nerveux. Thèse publiée dans les Mémoires de la société fribourgeoise des Sciences naturelles, Série chimie, IT, fasc. 3 ; 1906.
2 H. Maurice, Variations avec l’âge dans la teneur de quelques organes en phosphore total et en divers corps phosphorés. Thèse publiée dans les Mémoires de la soctélé fribourgoeise des Sciences naturelles, Série physiologie, I, fasc. 3 ; 1910.
du chlore, quelques complexes organiques chlorés, formés vraisemblablement par simple adsorption ; c’est ainsi que, d’après NENCKI et SIEBER !, le chlore entre dans la constitution de la pepsine active du suc gastrique où cet enzyme se trouve dans une liqueur contenant de l’acide chlorhydrique. On a de même reconnu la présence, dans le suc gastrique, de combinaisons lâches des peptones avec l'acide chlorhydrique. Mais le contenu du tube digestif est en quelque sorte extérieur à l'organisme, et les composés chlorés précédents ne se trouvent probablement pas à l’intérieur de l'organisme. Par contre, il se peut que, dans les cellules et les liquides de l'organisme, divers chlorures contractent, avec les protéines et d’autres colloïdes, des combinaisons instables, non isolables par l’analyse. On voit donc que le dosage du chlore total est seul à considérer pratiquement.
Il n'en va pas de même dans le cas du soufre, qui se présente à la fois à l’état de combinaisons minérales (sulfates presque uniquement) et à l’état de combinaisons organiques (protéines, cystine, taurine, acide chondroïtine-sulfurique, phénylsulfates, acide sulfocyanique, etc.). Dans l'urine, par exemple, on a pu distinguer et on a souvent dosé séparément des combinaisons sulfurées de différents ordres : 1° les sulfates alcalins ordinaires, 2° les phénylsulfates ou sulfates conjugués à des corps aromatiques, 3° ce qu'on a appelé le soufre neutre, par opposition au soufre acide correspondant aux deux formes précédentes, soufre neutre qui est lui-même complexe, car il comprend le soufre d’amino-acides, comme la cystine et la taurine, celui de l'acide oxyprotéique, de l'acide sulfocyanique, etc. Dans l'analyse des organes et tissus, l'examen de la répartition chimique du soufre a été,
1 M. Neck: et S. SiMANowsKy, Etudes sur le chlore et les halogènes dans l’organisme animal. Aychives des Sciences biologiques, Pro Te8o. :
M. NEnckt et N. SIEBER, Contribution à l'étude du suc gastrique et de la composition chimique des enzymes. Aychives des Sciences biologiques, IX, 47 ; 1903
d'une façon générale, négligé par les auteurs 1, et, d’ailleurs, la détermination quantitative simplement du soufre total n'a été faite que bien rarement. Nous avons donc tenu tout d’abord à réunir un nombre suffisant de documents sur la teneur en soufre total, comptant nous occuper plus tard du dosage isolé des différentes catégories de soufre. Malheureusement, après quelques essais en vue de cette dernière étude analytique ?, nous avons dû, faute de temps, renoncer à ce complément de notre travail. Nos premières recherches quantitatives sur le soufre total et sur le chlore total ont été exécutées sur des chiens de différents âges, afin de voir s’il y à pour ces éléments des variations au cours de la vie analogues à celles observées, pour le calcium et pour le phosphore, par GRIMMÉ et par MAURICE. N'ayant pas réussi à constater des variations bien remarquables de la proportion de soufre et de chlore en fonction de l’âge, nous avons étendu nos recherches à des espèces plus ou moins éloignées dans la série zoologique : chien, chat, lapin, cobaye, coq, grenouille, chevaine (poisson), écrevisse, escargot. Les résultats que nous avons ainsi obtenus présentent, croyons-nous, un certain intérêt au point de vue de la physiologie comparée.
1 I1 faut cependant citer un travail assez récent de W. Kocx, — sur lequel nous aurons à revenir, — qui contient une étude très soignée de la répartition chimique du soufre dans les substances cérébrales blanche et grise.
? Ces essais ont porté sur du sang et du foie desséchés dont nous nous proposions de déterminer la teneur en soufre protéique. La substance a été soumise à une extraction très prolongée par l’eau dans un appareil de SoxnreT. On a précipité, dans la liqueur d’extraction, les piotéiques au moyen du tanin d'ALMÉN (après addition de CaCIl, pour que la précipitation fût bien totale). Connaissant la teneur en soufre total de la substance mise en œuvre, et dosant le soufre dans la liqueur filtrée, on obtenait par différence la fraction protéique du soufre. Cette méthode, que nous n’avons utilisée que pour des essais préliminaires, nous semble assez recommandable, et c’est pourquoi nous l’indiquons ici.
AS paris