‹ Recherches quantitatives sur le Chlore et le Soufre dans l'organisme de quelques vertébrés et invertébrésChapitre 4 sur 21 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Dosage du soufre et du chlore dans les recherches

biologiques.

A. Dosage séparé du soufre et du chlore.

Le dosage du soufre total et du chlore total dans les üussus et liquides de l'organisme exige la destruction préalable des composés organiques 1. Cette transformation de la matière organique en matière purement minérale, cette minéralisahion en un mot, s'effectue par combustion. Un grand nombre de procédés de combustion ont été proposés, en vue notamment du dosage du soufre et du chlore.

a) Dosage du soufre.

L'incinération par voie humide, au moyen de Faction combinée de l’acide sulfurique et de l’acide nitrique, qui est si avantageuse quand il s’agit du dosage d’un grand nombre de métalloïdes et de métaux, est évidemment inapplicable dans le cas du dosage du soufre. L'emploi de l’acide nitrique seul, même sous pression et à une température élevée (méthode de CARIUS) ne convient pas généralement, étant donnée la grande quantité de matière organique à détruire. L'oxydation par la poudre nitratée est aussi d’un emploi très pénible.

1 Cependant le chlore total peut être dasé directement, d’une façon presque irréprochable, dans l'urine et dans quelques autres

sécrétions.

On a donc cherché depuis longtemps un réactif oxydant plus approprié, et on a cru le trouver dans le peroxyde de sodium 1. Le procédé de combustion au moyen du peroxyde de sodium, imaginé par PRINGSHEIM ?, d’abord en vue du dosage des halogènes et appliqué depuis au dosage du soufre, est celui qui a été généralement adopté 3%. Néanmoins, soit la méthode originale de PRINGSHEIM, soit les nombreuses modifications opératoires de cette méthode ou des méthodes antérieures, décrites jusqu'à présent, ne semblent pas être toujours absolument satisfaisantes, et on continue, dans le cas du dosage du soufre, à rechercher des agents de combustion plus convenables.

Ainsi, en s’en tenant uniquement à la période qui correspond au temps de nos recherches, on trouve qu'il a été publié trois travaux consacrés spécialement aux méthodes de minéralisation, en vue du dosage du soufre, par l'emploi de réactifs autres que le peroxyde de sodium. Disons quelques mots de ces méthodes toutes récentes :

WoLr et OSTERBERG, au début d’un travail sur la détermination quantitative du soufre et du phosphore, paru à la fin de 1910 #, font remarquer combien le dosage du soufre

1 AzB. EDINGER. Ueber die Bestimmung des Schwefels und des Chlors mittelst Natriumsuperoxvds. Zettschr. f. analyit. Chem., KXXXIV. 362; 1896.

A. vox ASPOTH. Neue Méthode zur Bestimmung des Schwefels in organischen Verbindungen. Chemiker-Zeitung, XIX, 2040, 1895.

? H. PRINGSHEIM. Ber. der D. chem. Ges., XX XVI, 4244 ; 1903. Tbid:. XEF 4267: 1008:

3 C’est le seul décrit dans le Handbuch der biochemischen Arbeitsñethoden de ABDERHALDEN (I, 368 et 371 ; 1000). Disons, dès maintenant, que notre technique personnelle de combustion se rapproche surtout de celle d'EDINGER. Nous n'avons pas connaissance que le procédé d'EDINGER ait été utilisé dans des recherches physiclogiques.

4 C. G. L. Worr et E. OSsTERBERG. Die quantitative Bestimmung von Schwelel und Phosphor. Biochem. Zeitschr., XKXIX, 420 :

TT De

est une opération malaisée : « Auf dem Gebiet des Stoffwechsels ist bekanntlich die quantitative Schwefelbestimmung schwieriger als fast jede andere ebenso oft ausgeführte Analyse ».

Ils proposent d'effectuer la combustion en traitant à chaud la matière organique successivement par l'acide nitrique fumant et par le réactif de BENEDICT (solution de sulfate de cuivre et de chlorate de sodium, ou de potassium). Le manuel opératoire décrit par ces auteurs est compliqué, et, dans le cas du jaune d’œuf, par exemple, la quantité de soufre trouvée en utilisant leur méthode, est notablement inférieure à celle qu’on obtient en se servant de la méthode au peroxyde, comme des expériences comparatives le leur ont démontré.

Kocx et UPson!1, constatant que la combustion au moyen du peroxyde de sodium ne s'effectue pas correctement quand on a affaire à des substances:grasses et humides, conseillent de reprendre la vieille méthode de SCHMIEDEBERG, c'est-à-dire d’oxyder lentement la matière organique avec du nitrate de potassium et de la soude caustique.

Enfin SCHREIBER ?, toujours dans le but de doser le soufre total contenu dans des substances organiques, recommande d'utiliser un mélange composé de nitrate de sodium, de potasse caustique et de nitrate de magnésium. Mais les résultats relatés par l’auteur montrent que cette méthode n’est pas toujours rigoureuse. Dans le cas d’albumine, par exemple, les valeurs obtenues peuvent être inférieures de 1 %, à celles fournies par la méthode au peroxyde.

Il semble donc que c’est toujours à la méthode de combustion au moyen du peroxyde que l’on doit donner la préfé-

1 W. Kocx et F. W. Upson, Methoden zur quantitativen chemischen Analyse tierischer Gewebe ; IV. Bestimmung der Elemente mit besonderer Berücksichtigung des Schwefels. /ourn. Amer. Chem. Soc., XXXI, 1355-64 : Chem. Zentralbl., I, 1381; 1910.

2 H. SCHREIBER, Bestimmung des Gesamtschwefels in organischen Substanzen. Journ. Amer. Chem. Soc. XXXII, 0977-85; Chem. Zentrabl., II, 1501 ; 1970.

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