‹ Recherches quantitatives sur le Chlore et le Soufre dans l'organisme de quelques vertébrés et invertébrésChapitre 8 sur 21 · C. Dosage combiné du soufre et du chlore · texte numérisé non relu

C. Dosage combiné du soufre et du chlore

L'exposé que nous venons de faire de nos procédés de dosage séparé du soufre et du chlore, aura sans doute convaincu le lecteur de la sûreté de notre technique et, par conséquent, de la confiance que méritent les résultats physiologiques ainsi obtenus. Malheureusement, il n’est pas toujours possible, en physiologie, de doser à part le soufre et le chlore, à cause des faibles quantités de matière dont on dispose dans certains cas. Nous avons donc cherché à élaborer un procédé permettant le dosage combiné de ces deux éléments.

Ce procédé consiste à aciduler par l'acide nitrique la liqueur d’incinération, et à précipiter d’abord le soufre par addition de nitrate de baryum. Après avoir recueilli le précipité de sulfate de barvum, on procède, comme d'habitude, à la précipitation du chlore.

La valeur de cette technique a été également éprouvée par des expériences préliminaires. Nous avons dosé le soufre dans l’albumine d'œuf, successivement en milieu chlorhydrique, et en milieu nitrique. Le tableau VI contient nos résultats

Tableau VI Teneur moyenne 0 1 9 Ie ET SO) Albumine ! gr. 2 en milieu chlorhydrique gr. 1,591 $ 0 | gr. 1,5905 » » 1 » » AMRERIIONE » a | » nitrique > 4,590.8 °}, | > ol > >» SAR OUNTE or. 4,591 » ÿ 1 » » M RSA | » 5» Al » >» 5. 160 OU

1 Cette albumine n’est pas la même que celle utilisée pour les essais consignés dans le tableau I.

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Ces résultats semblent démontrer qu’on peut effectuer, des déterminations tout aussi exactes en milieu chlorhydrique et en milieu nitrique.

Cependant, d'après TREADWELL !, le précipité de sulfate de baryum qui se forme en milieu nitrique, contient toujours des quantités notables de nitrate de baryum qu'on ne parvient pas à éliminer par lavage à l’eau bouillante. Cette cause d'erreur ne devait pas intervenir dans les conditions opératoires où nous nous placions ; il est vrai que, suivant les conseils donnés par TREADWELL, pour éviter l’entraînement de chlorure de baryum dans le précipité de sulfate de baryum, nous versions la solution de nitrate de baryum goutte à goutte en évitant d'ajouter un grand excès. Par contre, nous avons constaté que, sous peine d’obtenir des valeurs trop faibles (et quelquefois considérablement trop faibles), la liqueur ne devait contenir qu’une faible quantité d'acide nitrique libre. Cela résulte des expériences que nous allons rapporter :

Nous avons brûlé deux échantillons d’albumine de deux grammes chacun. Une des liqueurs (A) fut additionnée d'un excédent d’acide nitrique (dens. — 1.40) de 20 gouttes (25 gouttes — 1 cc.) ; l’autre liqueur (B) fut additionnée d’un excédent de 50 gouttes ?.

La liqueur À donna gr. 0,2324 BaSO, soit gr. 1,591 deS p. 100 gr. d’albumine » BR 20/2212 2SO RE RMS TOR XS > » »

Par conséquent, le premier résultat était exact, tandis que le second était notablement trop faible. Après quelques jours, en regardant les solutions filtrées, — que nous avions mises de côté dans des flacons, — nous avons remarqué que, dans le flacon contenant la première solution, il n'y avait aucun dépôt ; au contraire, dans le flacon contenant la seconde solution, il s'était formé un dépôt de sulfate de

1 TREADWELL. Loc. cit., 338.

* Le volume de chacune de ces liqueurs était d'environ 225 cc

LPC CES

baryum qui, recueilli, nous donna o gr. 0106 de sulfate de baryum. Ce précipité, ajouté au premier précipité de la liqueur B (0 gr. 2212), fournit une quantité totale de sulfate de baryum (0 gr. 2318) équivalente à celle obtenue avec la hqueur A.

Dans un troisième essai analogue, l'excédent d’acide nitrique était de 3 cc. environ. On obtint un résultat beaucoup trop faible. Au bout de trois jours, il y avait dans le filtrat un dépôt qui fut recueilli et pesé ; le second filtrat, abandonné au repos pendant 3 jours, fournit encore un léger dépôt qui fut recueilli et pesé. Le troisième filtrat resta indéfiniment limpide. En additionnant les poids des trois précipités recueillis successivement nous obtinmes un résultat concordant avec les précédents.

Ces expériences démontrent que le sufate de baryum se précipite d'autant plus lentement que l'excès d'acide nitrique est plus grand.

La règle pratique qui se dégage de ces observations, c'est qu'il ne faut qu'à peine dépasser la neutralisation quand on verse l'acide nitrique. Si l’on craint d’avoir introduit un trop grand excès d'acide nitrique, on mettra de côté le filtrat pendant 24 à 48 heures, et ce ne sera qu'après s'être assuré qu'il ne s’est pas formé un nouveau précipité qu'on procédera au dosage du chlore.

Ajoutons que ce dosage combiné du soufre et du chlore, étant d’une exécution assez délicate, nous n'y avons eu recours que d’une façon exceptionnelle, et seulement dans le cas où la faible quantité de matériel dont nous disposions, ne permettait pas de faire le dosage séparé des deux éléments.

Si l’on jette un coup d’œil d'ensemble sur le contenu de ce chapitre, on voit qu’en somme les techniques que nous avons décrites offrent les avantages suivants :

19 Simplicité du manuel opératoire ;

20 Economie des réactifs (Peroxyde de sodium, acides chlorhydrique et nitrique) ;

39 Rapidité d'exécution (11 faut une heure environ pour

chaque combustion, mais il est très facile de mener de front au moins deux combustions) ;

49 Possibilité de faire des dosages corrects avec une très petite prise d'essai ;

5° Possibilité de doser dans un seul échantillon le soufre

et le chlore (dosage combiné) ; 60 Possibilité de doser le soufre et le chlore dans les produits physiologiques aussi bien à l’état frais qu'à l’état sec.

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