‹ Recherches statistiques sur l'alienation mentale faites a l'hospice de Bicêtre [electronic resource]Chapitre 4 sur 59 · IV · texte numérisé non relu

IV

Au commencement de ce siècle, en 4804, Bicêtre réunissait des valides, des aveugles, des paralytiques, des gâteux, des individus atteints de maladies syphiliti(iue& e^' scrofuleuses, des incurables, des fous, des imbéciles, des enfants. Les sexes y étaient con-

fondus comme les infirmités. Une nouvelle organisation devenait indispensable, et le service des aliénés eut bientôt sa part dés nombreuses améliorations que le conseil général des liôpitaux, nouvellement institué, venait d'introduire dans les autres établissements.

. Un règlement du mois d'octobre 1801 ordonne de séparer les. fous des autres individus valides ou non valides, et de placer les épileptiques dans des bâtiments séparés.

Des arrêtés du 26 février 1806 et du 10 juin 1807 règlent le mode d'admission des aliénés qui doivent être traités à Bicêtre.

L'état des bâtiments destinés au logement des fous exigeait de nouvelles constructions.

En 1806, on éleva un bâtiment pour cent quatrevingts lits destinés aux malades du traitement (bâtiment du conseil). Le promenoir des incurables fut étendu sur l'emplacement de l'ancien cimetière. Cent lits pour les épileptiques furent établis dans un ancien corps de garde de la prison.

On vit disparaître en même temps une partie de ces loges que Pinel disait ressembler à des repaires d'animaux.

En 1819, à la place du marais situé derrière le bâtiment du conseil, une cour de loges fut construite et terminée en 18'i2,

A cette époque les constructions destinées aux aliénés et aux épileptiques comprenaient : le bâtiment du conseil; la cour de loges dite des Colonnes vieilles; des anciennes loges destinées aux incurables, et qui contenaient cent onze malades j il restait cinq rues

dites d'Enfer, de la Fontaine, de la Cuisine, du Préau, des Furieux; bâtiment des convalescents et des mélancoliques; bâtiment neuf, des barbiers, petite salle où étaient placés les imbéciles et les idiots; pavillon du grand puits pour les épileptiques. ...

La division était alors exclusivement destinée au traitement des fous, dispersés auparavant à l'Hôtel- Dieu, aux Petites-Maisons et à Bicètre.

En même temps les moyens de traitement furent augmentés par l'établissement des bains et des douches. Des préaux, plantés d'arbres et couverts de gazon, permirent aux malades de prendre une salutaire récréation sans être tourmentés par l'ardeur du soleil -, le régime des aliénés en traitement fut le même que celui des autres hôpitaux. On commença à occuper à plusieurs genres de travaux ceux qui pouvaient retirer quelque avantage des exercices corporels.

Plus tard, et surtout depuis l'arrivée de M. Ferrus, digne continuateur des idées de Pinel, on vit la division prendre un nouvel aspect. Ce qui restait des anciens cabanons tomba pour faire place à une élégante cour de loges ; les aliénés furent employés aux travaux des champs dans la ferme Sainte-Anne, où ils réalisent aujourd'hui d'immenses bénéfices pour l'administration, en même temps qu'ils rétablissent leurs forces et hâtent le terme de leur convalescence.

Nous croyons qu'il ne sera point hors de propos * de donner une description abrégée de la division des aliénés de Bicêtre au moment où de nouveaux projets d'agrandissement vont être mis à exécution.

La division des aliénés occupe le flanc situé au sud de l'hospice de Bicètre; elle est formée d'un grand

iiombi o do l)âtimciils séparés par des cours de forme et de grandeur irrégulières. Elle a été subdivisée eu cinq sections.

' La première renferme les malades en traitement; la seconde comprend la ferme Sainte-Anne, où l'on exerce les convalescents à différents travaux ; la troisième est celle des aliénés incurables; dans la quatrième sont placés les épileptiques incurables, aliénés pour la plupart; la cinquième, la moins considérable de toutes, est destinée aux imbéciles, qui peuvent jouir de la liberté des cours de l'hospice.

PREMIÈRE SECTION. — Traitement.

Une première cour, dite des Colonnes neuves, d'où l'on jouit d'une vue magnifique, est entourée de vingt loges pour les malades encore agités, mais qui n'exigent plus des soins de tous les instants. Les cellules sont bien disposées, ouvertes à l'extérieur et sur un corridor par lequel elles sont chauffées. (Dimensions : longueur, 3™,30; largeur, 3"',25; hauteur, 3"", 10.) Aux angles de ce carré s'élèvent des pavillons destinés au logement des veilleurs et du surveillant en chef de la division.

La salle d'admission a un double usage : on y place en même temps les aliénés récemment admis et ceux qui sont à la fois très agités et très malpropres. On voit combien cette disposition est vicieuse : des hommes paisibles sont souvent forcés de passer plusieurs nuits de suite au milieu des cris et des vociféiations continuelles; le nombre délits estd'ailleursinsuOisant. (Longueur, 18'",55; largeur, 5"',88; hauteur, 5"',30.)

Aux deux extrémités d'un préau asseï vaste s'élèvent deux salles, dont l'une contient trente-six lits où sont couchés les convalescents travailleurs-, l'autre, adossée au mur de clôture et au-dessous du niveau du chemin vicinal qui le longe, n'a jamais pu, à cause de son insalubrité, recevoir de malades. Tout récemment elle a été utihsée : on vient d'y établir un réfectoire et une école.

Le bâtiment de l'infirmerie ou du conseil renferme six salles. Dans celles du rez-de-chaussée sont placés les déments paralytiques; dans l'une, ceux qui sont encore propres-, dans l'autre, ceux qui gâtent. L'odeur infecte qui, malgré les plus grands soins, ne peut être évitée, nécessite une ventilation fréquente, cause puissante de mort chez des individus épuisés qui viennent attendre une (in prochaine dans ce sepulchretum anticipé.

Au premier étage, deux salîtes d'infirmerie sont saines et bien chauffées. Chacune d'elles contient vingt-deux lits en fer.

L'étage supérieur, éclairé par des châssis à tabatière, est destiné, comme l'atelier, aux aliénés convalescents et travailleurs.

Aux extrémités de ce corps de bâtiment sont deux pavillons, l'un pour les enfants aliénés, l'autre servant d'infirmerie aux épileptiques. Au-dessous du premier , une salle de bains avec huit baignoires ; audessous du deuxième, une autre salle de bains contient six baignoires, dont trois sont munies de colliers. A cinq pieds au-dessus d'elles, existent trois robinets de douche alimentés par un réservoir commun.

Derrière le bâtiment du conseil sè Voît uné se-

condo cour de loj^es (Colonnes vieilles), in\ noini)rc de W, pour les malades en traitenieni el les incurables agiles. Àu premier étage de gauche, un dor loir pour 36 aliénés incurables ; dans celui de droite , un autre pour les épileptiques en trailemenl.

Les cellules sont moins bien disposées qu'aux Colonnes neuves. Elles n'ont qu'une porte extérieure.

Dimensions des cellules : longueur, 3"',605 largeur, 3'",21; hauteur, 2-,93. — 33,86 mètres cubes d'air pour chaque malade.

DEUXIÈME SECTION. — F 61^16 Sahue-Aune.

Elle comprend deux principaux corps de logis ser- Yant de dortoir à 75 aliénés convalescents. D'autres constructions sont destinées aux différentes parties jd^ l'exploitation de la ferme.

TROISIÈME SECTION. — Incumbies.

Un grand bâtiment à quatre étages renfeiine les dortoirs des aliénés incurables. Le supérieur est placé ^ous le comble, et éclairé par d'étroites croisées; il n'y a que iO mètres cubes d'air pour chaque individu.

Les deux dortoirs du rez-de-chaussée sont d'une ■propreté vraiment admirable. Les lits sont placés sur un parquet toujours ciré : sous chacun d'eux une dalle, percée dans son centre, reçoit les matières Jicjuides qui traversent les malelas disposés de manière à faciliter leur écoulement. Un svstènic com-

mode (rirrigation permet de les laver à clia(|ue instant.

Dans l'angle le plus éloigné de la cour qui sert de promenoir aux incurables, s'élève, près du mur d'enceinte, le pavillon de l'ouest, dont le pavillon de sûreté est une dépendance. C'est dans ce dernier qu'on isole les aliénés dangereux et ceux qu'il est nécessaire de surveiller sans cesse à cause de leur penchant au suicide.

11 y a au rez-de-chaussée huit cellules qui ont, en longueur, 3 mètres; en largeur, 2'",29; en hauteur, 2"',40. — 46'",48 cubes d'air par individu. Elles sont percées d'une fenêtre et d'une porte grillée à deux compartiments.

Au premier étage, sept cellules un peu plus grandes : S^jSO de longueur, 2°', 40 en largeur^ 2"", 56 de hauteur. — 19,66 mètres cubes d'air.

Une salle longue, tournée vers le sud, sert de réfectoire et de chauffoir aux aliénés de cette section. Un autre chauffoir, bas, étroit, dont le sol pavé est toujours couvert d'urine et de matières fécales, lui est adossé; les incurables gâteux vivent dans ce réduit infect, si peu en harmonie avec la remarquable propreté de leurs dortoirs.

La quatrième et la cinquième section sont renfermées dans le bâtiment dit du Grand-Puits. Dans un dortoir qui a une longueur de 41"',62, sur 6", 70 en largeur, et 3"', 15 de hauteur, couchent les épilepliques aliénés, dits consignés. Une autre salle, à laquelle on arrive en montant quelques marches, lui est pour ainsi dire concentrique; elle ne reçoit point directement de lumière, et il y règne une nuit presque

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colUinuelle. (Longueur, 9'",24 ; largeur, 9'",05 ; hauteur, 2 ", 04. — 14"', 10 cubes d'air. ) ' ' ' Une partie du rez-de-chaussée, le premier et le second étage, appelé Belvéder, servent de dortoir aux ouvriers du grand puits, qui jouissent de la liberté des cours.

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