‹ Recherches statistiques sur l'alienation mentale faites a l'hospice de Bicêtre [electronic resource]Chapitre 5 sur 59 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

A. Admisssions .

Il est entré dans la cinquième division , depuis le 1" janvier jusqu'au 31 décembre de l'année 1839, 549 aliénés.

C'est le nombre le plus élevé que les admissions aient encore atteint. Nous avons voulu réunir, comme point de comparaison , le chiffre des entrées depuis l'époque où l'on a commencé à les noter.

Nous n'oserions donner le tableau qui suit comme parfaitement exact 5 mais les différences que nous avons nous-même trouvées ne sont point assez importantes pour qu'on doive en tenir compte.

Tableau des admissions depuis 1784 jusqu'à 1839

Années.

Admissions.

Années.

Admissions

Années.

Admissions,

Un coup d'œil jeté sur ce tableau met en évidence la progression toujours croissante des admissions. Est-ce à dire pour cela que le nombre des aliénés augmente suns cesse? nullement : de plus liabiles que nous ont facilement démontré les causes de cette augmentation, plutôt apparente que réelle. Parmi ces causes, il faut signaler en premier lieu, les nombreuses et utiles améliorations introduites dans les asiles destinés aux aliénés. Nul doute que les bons soins qu'ils y trouvent et le traitement souvent efficace auquel ils sont soumis, n'engagent les familles à placer dans les hospices des malades qu'elles avaient conservés dans leur sein. L'augmentation de la population de Paris est encore une cause d'une grande importance, et qu'il faut se garder de négliger. Les nombreux individus que les provinces y envoient, s'y trouvent pla-

ces dans des conditions plus favorables au développement de la folie, et comptent pour beaucoup dans le cbiffre de nos admissions. Ces considérations générales s'appliquent aux hôpitaux de Paris tout aussi bien qu'aux hospices spéciaux. On remarque que leur population s'est prodigieusement accrue dans l'espace de 30 ans; en 1830 ils renfermaient le double des malades qui s'y trouvaient en 1801. En 1801 la population était de 1,070 malades.

En 1805

En 1810

En 1815

En 1820

En 1822

En 1824 .

En 1827

En 1830

Le nombre des admissions s'est accru dans les mêmes proportions. Ainsi il était pour l'Hôtel-Dieu,

En 1816 de • 7,090

En 1830 14,320

En 1836 17,289

11 existe pour Bicêtre une cause toute locale qui a été signalée par M. Esquirol : l'autorisation qui permet d'y admettre des aliénés non indigents.

Beaucoup de statistiques indiquent aussi cet accroissement considérable. Selon M. Bottex^ en janvier 1831, il n'y avait à l'Antiquaille que 94 hommes et 135 femmes, et à la fin de septembre 1838 , 135

hommes et 175 femmes. La même o})servalion a été faite en Belgique; à Garni, par exemple, de 1808 à d823, le maximum des admissions a été de 89, et de iOi en \S3i. Mais nulle part il ne s'est plus fait sentir qu'à Bicêtre et à la Salpôlrière. A Cliarenlon, au contraire, ce nombre diminue d'une manière régulière, et M. Esquirol a cherché à l'expliquer par le fait cité plus haut, par des circonstances générales qui avaient éloigné de la capitale des personnes qui s'y rendaient avant 1830, et par la création d'hôpitaux nouveaux.

Ce prodigieux accroissement doit-il continuer? nous ne le croyons point : peut-être l'époque n'est pas éloignée où il va cesser. Les nombreux hôpitaux d'aliénés qui s'élèvent sur tous les points delà France et une répartition plus égale des malades amèneront ce résultat.

On a signalé l'influence des événements politiques sur la folie ; MM. Esquirol, Belhomme, Brière de Boismont, ont insisté sur ce point. Ce dernier a fait remarquer qu'à Aversa, à chacune des révolutions qui ont tourmenté le pays, on a observé une nouvelle série de fous. Nous ne voyons point dans les années qui suivent 1815 et 1830 une augmentation assez rapide pour pouvoir l'attribuer à cette cause.

Sur 549 malades admis, les différentes formes^d'aliénation étaient ainsi réparties :

Maniaques

Monomaniaques

Mélancoliques n \i ;

A reporter. "^(^8

Report.

Slupides

Déments

Déments parai}' tiques

Imbécile^ et l'iiots

Epileptiques.

Réintégrations

Rechutes.

T^taL:. ....

Voici maintenant un tableau dans lequel on opère sur un chiffre plus considérable. Sur 3,560 malades admis de 4831 à 1838, et dont le genre d'aïiénalion était indiqué,

1715 étaient

maniaques.

monomajiiaques.

mélancoliques.

stupides.

déments

déments avec paralysie générale.

idiots.

épi lep tiques.

j Nous avons réuni les résultats des autres statisj,iquesdans le tableau synoptique qui suit.

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