‹ Recherches statistiques sur l'alienation mentale faites a l'hospice de Bicêtre [electronic resource]Chapitre 46 sur 59 · IM · texte numérisé non relu

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l'heureux résultat que nous nous empressons de noter

Comparons maintenant la moyenne de la mortalité des autres auteurs.

MM. Esquirol , 1 sur 2,9

Desportes (Bicêtre), de i 825 à i 828, 1 sur 6,51

de 1831 à 1833, 1 sur 6,81 de 1828 à 1830, 1 sur 7, Bonacossa, 1 sur 3,7

Bouchet, 1 sur 10,25

Bertolini, 1 sur ii,

Rech , 1 sur 12,

De Boutteville, 1 sur 12,1

Vaslel, 1 sur 13,2

A Gand, 310 sur 1,000

A Ghell, Tournay, Louvain, Anvers,

Termonde , Bruges , 405 sur 1,000

A Amsterdam , 485 sur 1,000

Voici l'ordre dans lequel se placent les différents hôpitaux suivant la fréquence de la mortalité dans chacun d'eux :

Charenton, Turin (Bonacossa) , Bicêlre , Nantes,

Turin (Bertolini), Rouen et Montpellier , Caen.

Nous n'avons donné que les proportions obtenues chez les hommes partout où elles ont été distinguées

(Bicclre, Charcnlon, Nantes , Rouen), afin de mieux établir les ternries de comparaison; dans ces élablissemcnis, ainsi que dans celui de Caen , on a opéré de la même manière que nous. Nous ignorons le procédé employé par les auteurs des statistiques d'Italie et des Pays-Bas; le chiffre de la mortalité à Bicètre n'a jamais été au delà de 1 sur 8. Si quelques hôpitaux d'aliénés annoncent une moyenne plus favorable (à Caen et Montpellier, par exemple), c'est que le mouvement y est moins actif, le nombre des déments paralytiques moins grand.

Nous croyons faire une chose utile en cherchant le rapport qui existe entre le nombre de nos aliénés admis cette année et celui des morts qu'ils ont donné.

Sur 549 malades admis cette année, SA sont morts, c'est-à-dire i sur 6,53.

Ce chiffre est nécessairement plus fort que celui que nous avons obtenu par l'autre opération, puisque les déments paralytiques, qui donnent le plus grand nombre de décès, sont presque sans exception admis dans l'année.

Il faut insister ici sur la part que prennent dans la mortalité les malades évacués des hôpitaux. Sur 91 aliénés envoyés des différents hôpitaux de Paris à Bicêtre, 30, à l'époque où nous écrivons, sont déjà décédés. Deux d'entre eux ont été amenés dans un état tellement grave que , malgré tous les soins qui leur ont été prodigués, ils sont morts la nuit même qui a suivi leur admission, et plusieurs autres ont à peine vécu 7 à 8 jours.

On peut voir que le chiffre de la mortalité dans

notre division, et pour toutes les maisons d'aliénés en général, tient le milieu entre celui des hôpitaux et celui des prisons. En effet, les individus qui s'y trouvent mènent une vie qui a beaucoup d'analogie avec celle des détenus, en même temps que, comme dans les hôpitaux destiixés au traitement des maladies aiguës, ils y apportent avec eux des chances de mort, dues aux désordres cérébraux qu'ils présentent.

Suivant M. Yillermé, la mortalité moyenne, pour toutes les prisons de Paris , en y comprenant le dépôt de mendicité , a été :

De 45,50 de 1815 à 1818.

Elle avait été

De 10,01 de 1819 à 1825.

A l'Hôtel-Dieu, d'après M. Bouchardat, elle aurait été

De 1 sur Ai^de 1804 à 1814, Et de 1 sur 5 en 1836.

Dans les recherches statistiques sur Paris, M.Villot, en réunissant les décès à domicile à ceux des hôpitaux et hospices , trouve que la mortalité est de :

i sur 32 pendant la période de 1817 à 1821 , Etdel sur 36 ^ de 1822 à 1826.

Si l'on retranche les décès des hôpitaux et hospices, elle est de 1 sur 51 de 1817 à 1821 , Et de 1 sur 56 de 1822 à 1826.

A. Mortcdilé suivant la forme d'aliénation mentale.

Les reclierches statistiques dans l'aliénation mentale seraient dénuées de tout intérêt, si l'on ne séparait sans cesse les différentes variétés qu'elle présente. Si pour les guérisons cette distinction a été indispensable, elle ne l'est pas moins dans l'article où nous nous occupons des décès J

Sur 164 morts en 1839, 21 étaient maniaques.

2 monomaniaques.

125 déments avec paralysie générale.

4 idiots.

12 épileptiques.

Si nous ne prenons que les 84 individus décédés admis pendant l'année 1839 , nous trouvons que : 15 étaient maniaques.

1 monomaniaque.

65 déments paralytiques.

3 épileptiques.

Par conséquent la mortalité est , pour les Maniaques, comme 1 est à 12,06 Monomaniaques^ 1 62 Déments, 1 ^,B4

Epileptiques, 1 16

En opérant sur 1,557 malades , admis de 4831 à 1838,

ChifTre drt Adcnitiioni.

étaient déments et paralytiques.

déments sans paralysie.

maniaques.

maniaques à l'état chronique.

mélancoliques.

suicides.

stupides.

idiots.

épileptiques.

non indiqués.

Ce qui fait pour les :

Déments paralytiques, 4 sur 1 69

Déments, 1 sur 1,60

Maniaques, * 1 sur 4,54

Maniaques à l'état chronique , 1 sur 3,36

Mélancoliques, 1 sur 3,80 Suicides , ^

Stupides, 4 sur 5,20

^^^^tS' 1 sur 2,65

Epileptiques, 1 sur 2,88

La démence sans paralysie donne ici une mortalité un peu plus forte que dans la démence paralytique; mais nous ignorons si, dans les registres où nous avons puisé nos matériaux , cette fâcheuse complication a toujours été mentionnée avec soin.

Les déments donnent le plus grand nombre de

décès , puis les idiots et les épilepliques : la manie chronique et la mélancolie fournissent un chiffre plus élevé que la manie, qui vient, avec la stupidité, en dernier lieu. La nionomanie, surtout quand elle ne s'accompagne point de penchant au suicide, donne une proportion si faible, qu'il est plus rationnel d'attribuer, dans tous les cas, la mort à une affection incidente qu'au progrès de la maladie mentale. Nous n'avons pu recueillir que les documents comparatifs qui suivent :

VARIÉTÉS DE DÉLIRE

Manie

Monomanie. .

Démence. . .

Idiotisme. . . ■ Non indiquées, Épilepsie. . .

Totaux

ca

M. Greco.

M. Ronacossa.

11 V a asseî de conformité entre ces résultats et ceux que nous avons obtenus. Cependant nous voyons une proportion bien considérable de monomamaques (8 sur 26) dans le compte rendu de M. Rech. Nou crions po tés à croire que quelques déments aura.en été compris dans ce nombre. Plusieurs observattons

qu'il rapporte (monomanie avec paralysie générale) autoriseraient cette supposition. Pour MM. Greco et Bonacossa , la manie donne le plus grand nombre de morts : chez l'un (Greco) la monomanie vient en deuxième ligne, puis la démence; chez l'autre, c'est le contraire.

B. Causes de mortalité.

La folie amène la mort , soit par des lésions anatomiquesqui en sont la cause ou l'effet, soit par l'épuisement physique et moral dans lequel elle jette l'individu, soit enfin par la réaction trop vive qu'elle détermine vers les centres nerveux. Il n'est donc point sans importance d'apprécier les différents modes de terminaison et de connaître aussi les affections intercurrentes.

Dans la manie.

8 sont morts dans une première période d'excitation .

3 dans une période d'excitation prolongée, avec

affaiblissement général.

1 d'une fièvre typhoïde.

1 de pneumonie.

1 d'abcès au foie.

la suite d'escarres très considérables.

Monomanie.

i par suicide.

Démence.

16 dans un élat d'excitation considérable. 34 par les progrès de la paralysie, affaiblissement, marasme.

3 à la suite d'accès épilepti formes,

1 par apoplexie.

1 par asphyxie.

 par pneumonie.

2 parotide.

3 état adynamique.

i congestion pulmonaire.

Epilepliques.

d à la suite d'accès répétés, i par hypertrophie du cœur.

4 cirrhose.

D'où il résulte que, pour la manie dans H cas sur d5, et pour la démence dans 50 sur 65 , la mort a été due aux progrès de la maladie cérébrale.

Dans A cas de manie, à des affections intercurrentes.

Dans 1 cas de monomanie, elle a été due au suicide.

Dans la démence, 5 fois les maladies de l'appareil respiratoire ont amené une fatale terminaison.

Sur 164 individus, en confondant les décès de ceux qui existaient déjà dans la division et de ceux qui ont été admis cette année, les causes de mort étaient ainsi réparties :

Dans la manie.

Morts dans une première période d'excitation, 8: Morts dans une période d'excitation prolongée suivie d'affaiblissement, 2

Maladies incidentes.

[ Méningite , i \

«3 J Congestion cérébrale, If

H 1 Hémorragie cérébrale, l[

' Ramollissement cérébral ^ 4 i

/Hypertrophie du cœur, 1

j Pneumonie , 2

'Asphyxie par refoulement du diaphragme, i

I V Entérite chronique , -1^^

J } Abcès du foie , 1 j ^ / Escarres , ^

as

Jkins la monomanie.

Suicide par strangulation, Suicide par section du cou , [

Dans l'épilepsie.

Attaques d'épilepsie répétées , i

Démence et paralysie , marasme , i

Hypertrophie du cœur, ^ Pneumonie ,

Pleurésie,

Entérite,

Cirrhose,

Plilhisie pulmonaire,

Affection tuberculeuse générale ,

Dans la démence.

Morts dans une agitation considérable, Morts dans le marasme, escarres, etc.

Maladies incidentes.

Hémorragie cérébrale ancienne, Ramollissement cérébral, Congestion cérébrale , Apoplexie séreuse , Apoplexie méningée , Convulsions épi lepti formes, Pneumonie, Gangrène du poumon, Congestion pulmonaire , Phthisie pulmonaire.

Pleurésie ,

Asphyxie par le bol alimentaire.

Cancer de l'estomac.

Cancer de l'intestin ,

Entérite chronique,

Parotide,

Abcès au cou,

Scorbut,

État adynamique ,

Dans l'idiotisme.

Convulsions épilepliformes, Pleurésie ,

En résumant ce tableau, nous trouvons, dans la manie, que la mort 10 fois sur 21 a été due aux progrès de l'affection mentale ; sur les 11 autres cas, 4 fois les maladies du cerveau , 4 fois celles du poumon et du cœur, 2 fois celles de l'appareil digestif, 1 fois une escarre considérable, ont été cause de mort.

Les 2 monomaniaques se sont suicidés.

Une seule fois sur 11, l'épilepsie par elle-même a tué l'individu : il présentait des accès tellement fréquents et rapprochés , qu'il était devenu impossible de les compter comme on le fait pour tous nos épileptiques. Pendant les deux derniers jours, ces accès revenaient toutes les 5 minutes sans la moindre rémission.

Dans la démence, deux causes principales de mort : tantôt on voit succomber les individus au milieu d'une agitation très intense et dans un état tout à fait comparable à la manie aiguë (16 fois sur 125); tantôt, au contraire (58 sur 125), l'économie subit une lente décomposition 5 des escarres se forment au sacrum , aux aisselles, aux coudes, aux trochantersj et ces malheureux meurent dans le marasme.

10 fois les maladies de l'encéphale ont été cause de mort. Nous devons faire remarquer ici les convulsions épileptiformes chez des déments qui n'avaient jamais eu d'attaques d'épilepsie.

17 fois celles de l'appareil pulmonaire. La pneu-

monie (8) et les tubercules pulmonaires (5) ont été le plus fréquemment notés. Une fois un dément a été asphyxié par une grande quantité d'aliments arrêtés dans le pharynx. La mort fut tellement rapide, que les soins les plus prompts ont été inutiles.

14 fois celles du tube digestif : 8 fois nous avons trouvé l'entérite chronique, et 2 fois le cancer du gros intestin. Les 2 cas de parotide ont amené une (in très prompte.

Le scorbut a déterminé la mort de six malades.

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