DE DÉLIRE
Manie.
Monomanie.
Mélancolie.
Démence.
Démence paralytique.
Idiotie et imbécillité.
Épilepsie.
Totaux.
Rangées d'après leur fréquence relative, les ditï'érenies formes de folie occupent dans nos relevés l'ordre suivant :
Manie.
Démence avec paralysie.
Epilepsie.
Démence.
Idiotie.
Monomanie.
Mélancolie.
Stupidité.
Nos résultats ne sont point d'accord avec ceux des autres statistiques, qui présentent d'ailleurs entre elles d'assez nombreuses différences.
Chez M. Esquirol, la monomanie vient d'abord, puis la manie, la démence et l'idiotie 5 il en est de même pour l'hôpital de Dundée. MM. Delxïutteville et Bottex sont les seuls qui indiquent une proportion aussi considérable de déments (329 sur 568, et 186 sur 503). M. Yastel trouve beaucoup plus de manies. A Montpellier, il y a peu de différence entre la démence et la manie. Dans les relevés des maisons d'aliénés d'Italie, il y a prédominance de maniaques. Il en est de même aux États-Unis. En Norwège, proportion considérable d'idiots.
Il serait prématuré de tirer des conséquences rigoureuses de cette comparaison, et de vouloir en induire que la manie est plus commune d-ans les climats méridionaux, que la démence se montre plus souvent à mesure que l'on s'avance vers les climats tempérés , et qu'enfin l'idiotie prédomine dans les contrées du nord. Les données nécessaires manquent
complétonicnt, et il existe indépendamment des climats des inniicnces (|ui doivent faire varier les résultats statistiques.
On voit que, dans presque tous ces relevés, les maniaques se trouvent en première ligne-, il en est de môme des déments, qui le plus souvent viennent ensuite. C'est la monomanie qui occupe la place la plus variable. Cette différence viendrait-elle de l'extension trop grande donnée au mot monomanie -, ou bien, à Charenton par exemple, devrait-on en chercher l'explication dans la classe de la société qui fournit des aliénés à cet établissement? Si pour quelques médecins cette forme de folie est plus fréquente que pour nous, il en est d'autres qui veulent la rayer du cadre nosologique. M. Foville Unirait par ne plus admettre de monomaniaques : « Je n'ai vu que deux monomaniaques, dit-il, et encore ces deux malades éprouvaient par moments un délire plus ou moins étendu. » Enfin, il arrive assez souvent de confondre sous ce nom des variétés qu'il convient de distinguer. Nous n'avons point entre nos mains les moyens de trancher la question; nous nous contenterons de faire remarquer que nos résultats sont basés sur un chiffre beaucoup plus considérable, et qu'à ce titre ils méritent plus de créance. Us sont, de plus, en harmonie avec ceux que nous a donnés le recensement de notre division au i"' décembre»
Nous ne saurions trop insister à ce sujet sur la nécessité d'établir des divisions et des définitions bien précises avant de publier des chiffres. Leur utilité devient nulle quand le même sens n est point attaché aux mois généralement employés.
B. Aliénés évacués des liôpilaux.
91 aliénés nous ont été cette année envoyés des
hôpitaux.
20 venaient de l'Hôlel-Dieu.
de la Pitié.
de la Charité.
de Beaujon.
de Necker.
des Incurables.
de la Clinique.
de Saint-Antoine.
de l'Annexe.
de Saint-Louis.
de Cochin.
de la Maison de Santé.
de La Rochefoucauld.
non indiqué.
Ce nombre de malades a toujours été assez considérable, comme on le voit dans le tableau qui suit.
Aliénés évacués des autres hôpitaux.
En 1831 45.
En 1832 70.
TEn 1833 42.
En 1834 67,
En 1835 En 1836 En 1837 En 1838
Sur les 91 de cette année,
25 étaient maniaques.
1 monomaniaque.
mélancolique.
suicide.
hypocondriaques.
déments.
déments paralytiques.
i, „ 11 • „ ' hallucinés.
stupides.
affectés de délire traumatique
apoplectiques.
imbécile.
idiots.
épileptiques.
Nous reviendrons à propos de la mortalité sur cette question; qu'il nous suffise d'indiquer ici que les malades évacués des autres hôpitaux sur Bicôtre sont en grande partie déments paralytiques, destinés par conséquent à une mort presque certaine, et qui rarement se fait longtemps attendre.