IR. | |: LEE
Totaux en 5 ans. 98, 825 36,070 7,245
Müyénne annuelle 25,765 75214 1,449
+ LE, er
11e PA f
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mt
La part de chaque colonie, dans les nombres en masses qui viennent d’être rapportés . ESTCXSE primée par les chiffres suivants, qui donnent la moyenne de cinq années récentes.
Naissances. Décès. Excédant des Excédant des — nu — naissances. déces,
Martinique . LE 2,347 2,920 »
Guadeloupe. . . . . 1.940 2 El 171 Güyane. Sa, 346 b30 184 Bourbon 224001 60e 2,947 111
Année moyenne. . 5,765 7,214 1,470 Excédant réel des décès nn. 2. Re PONT
Le recensement de 1835, le dernier qui soit général et complet, constate que la population esclave s'élevait dans chaque colonie aux nombres ci-après, dont nous établissons en regard la relation avec les naissances et les décès.
Population Rapp. des naissances à la Rapp. des décès à la esclave. population esclave. population esclave,
Martinique. . 78,076 1 sur 33.3 1 sur 33.4 Guadeloupe 96,322 1 — 49.6 1 — 45.6 Guyane . . . : 16,592 1 — 48. 1 -— 31.3 Bourbon, . . 69,296 1 — 61. 10e
Totaux. . 960,286 1 sur 45.1 1 sur 36.1
… Ces différentes catégories de termes numéri-
COLONIES FRANÇAISES. Gi
ques donnent, par leur examen , la connaissance de faits d'économie sociale nouveaux et importants, etils nous apprennent à quels phénomènes physiologiques ces faits doivent leur origine. En voici la récapitulation :
10 Dans les colonies anciennes et soumises à un ordre de choses régulier, telles que la Martinique, les mouvements de la population esclave varient très peu, et le nombre des naissances et des décès s’écarte à peine de la moyenne annuelle dans une période quinquennale. S'il n’en est pas ainsi à la Guadeloupe, c’est, nous le croyons, parce qu’à quelques époques on a omis les mouvements d’une ou plusieurs des petites îles dépendantes de cette colonie; ce qui atténue les nombres, sans toutefois rien changer aux rapports qu'ont entre eux les différentes espèces de mouvements que l’on veut comparer. La Guyane est de tous nos
établissements celui où les variations sontles plus
grandes. Dans certaines années, les naissances
-s’accroissent du double, et la mortalité de pres-.
que autant. Des défrichements nouveaux , l'isolement des ateliers au milieu des forêts, l’insalubrité des terres récemment conquises sur les marais, expliquent ces singulières anomalies, Quant à Bourbon, dontle climat favorable laisse pourtant les naissances de moitié au-dessous des
décès, des causes d’un ordre différent produi-
sent ce triste résultat, Quand cette colonie adopta la culture de la canné à sucre, elle augmenta considérablement, par la traite; le nombre des esclaves qu’elle possédait , et elle acquit , de préférence pour ses travaux, des hommes plutôt que des femmes ;, et des hommes faits plutôt que des jeunes gens. Maintenant toute cette génération s'éteint par degrés, sans pouvoir en laisser uné autre derrière elle; car ,en 1835 , sur 51,729 esclaves, de 14 à 60 ans, il y avait 35,655 hommes, et seulement 16,074 femmes, ou 31 pour 100.
C'était bien cetté cause et non le climat ou le
régime qui produisait la prodigieuse mortalité
des esclaves de Bourbon, comparativement aux naissances , puisque sur les 3,426 individus âgés de plus de 60 ans, on comptait 258 octogénaires et 28 nonagénaires, en tout 286, ou un sur 12 de ceux qui avaient dépassé leur 6o* année.
92° Cependant on peut croire que toute la différence qui se trouve à Bourbon, entre le nombre des naissances et des décès, n'appartient point à l'exubérance de la population mâle; car, dans d’autres colonies, cette même différence existe, quoique les femmes y soient en plus grand nombre. Parmi les esclaves de 14 à 60 ans, on comptait, en 1839:
À la Martinique . . . 23,435 hommes et 25,398 femmes. A la Guadeloupe . . . 30,018 — 31,482
Totaux . . 53,453 hommes et 56,880 femmes,
Et néanmoins les naissances étaient souvent inférieures aux décès. Elles le sont à la Martinique deux années sur cinq, et à la Guadeloupe quatre années sur huit. À la Guyane ct: à Bourbon, elles le sont constamment.
Si l'on réunit ensemble toutes nos colonies, on reconnait qu'en cinq ans, de 1834 à 1539, leur population esclave n’a eu que 28,825 naissances, tandis qu’elle a éprouvé une mortalité de 36,050 personnes. L’excédant des décès est de 7,245 pour la période quinquennale , et fait, pour l’année moyenne , une perte de 1 449 esclaves.
30 En comparant à la masse de la population:
esclave, le nombre des décès annuels qui la diminuent sans cesse, on acquiert la preuve que cependant cette Mie n’est point extraordinaire, et qu'elle est semblable à celle des pays | de l'Europe, où même inférieure.
A Ja Martinique, elle est d’un sur 33, comme dans la Russie d'Europe en 1833, où sur 50 millions d'habitants, il mourait annueliement 1,552,000 personnes. Dhs |
À la Guadeloupe, elle semble être d’un sur 45, comme en Allemagne.
À la Guyane, elle est d’un sur 31, comme en 1828 dans la Lombardie , où il y avait 74,172 déces sur 2,353,000 habitants.
A Bourbon, elle est d’un sur 30 , comme en Danemark, dans les États Sardes et dans les anciennes provinces Vénitiennes.
Au total, la mortalité est pour les quatre colonies d’un esclave sur 36, terme semblable à celui de la Prusse en 1836, où il y avait 375,588 décès sur 13,837,000 habitants.
Conséquemment la dépopulation progressive des colonies, par la diminution graduelle du nombre des esclaves, n’a point pour cause, comme on le croit communément, une mortalité
considérable de cette population. On ne peut le
contester, puisque tous les pays de l’Europe, qui ont absolument la méme mortalité proportionnelle que les esclaves coloniaux, éprouvent, chaque année, un accroissement très grand dans le nombre de leurs habitants. C’est donc nécessairement à la reproduction faible et insuffisante de Ja population esclave qu’il faut attribuer son déclin. Ce phénomène est trop important pour ne pas exiger des preuves détaillées.
4° A la Martinique, les naissances sont dans la proportion d’une naissance sur 33 esclaves, terme
COLONIES FRANCAISES. 65 identique avec celui donné en France par le mouvement de 1835; mais, à la Guyane, elles s'élèvent seulement à un 48°; à la Guadeloupe, à un 49°; et à Bourbon, à un 61°; ce qui constitue une fécondité moindre de moitié qu’en Prusse, dans une partie de l'Allemagne et dans presque toute l'Italie.
Ainsi que nous lavons déjà indiqué, le nombre des femmes étant beaucoup moindre que celui des hommes dans deux de nos colonies, il vaut mieux, pour déterminer la fécondité des femmes esclaves, comparer à leur nombre, celui des enfants existants dans chaque établissement en 1836.
Feinmes esclay, Enfants esclaves Nombre d'enfants de 14 à 6o ans. au-dessous de 14. pour 100 femmes,
Martinique. . 25,398 23,239 100 fer. 92 enf.
Guadeloupe. . 31,482 27,567 100 88 Guyane. . . , 5,441 3,039 100 68 Bourbon . . . 16,074 14,141 100 83
me 4 me
Totaux . . . 78,395 68,575 100 fem. 87 enf.
Conséquemment il s’en faut au total d’un huitième qu'il y ait autant d'enfants que de femmes nubiles parmi les esclaves des colonies. C’est à la Martinique, ou l'esclavage est adouci par lintroduction d’une multitude de serviteurs dans lintérieur des familles, que la fécondité des femmes