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qui empêchent de porter secours aux hommes restés sous les décombres et voués à une mort certaine. Une mestive fend la fonie immobile d’effroi; elle pénètre dans le redoutable foyer de l’incendie , et y cherche son maitre parmi les débris. Elle le trouve blessé grièvement et incapable de rien faire pour la seconder dans ses efforts courageux ; elle le charge sur ses épaules ; mais à peine a-t-elle fait quelques pas qu'elle est renversée par une nouvelle explosion. Les spectateurs poussent un cri d’épouvante et de pitié; plusieurs d’entre eux s’élancent pour sauver cette femme intrépide et dévouée : leur secours est inutile: elle s’est relevée au milieu des ruines; elle a repris son fardeau; et déjà ellea franchi l'enceinte qui, sans son dévouement, aurait été le tombeau de son maître. Le capitaine- général Villaret- Joyeuse ratifia sur la place l'acte de sa liberté. L’affranchissement des esclaves est comme les transactions civiles des peuples de l’Europe, dont les causes varient prodigieusement, et ne sont pas toujours telles que l’exigeraient les principes d’une morale rigoureuse; mais il en est cependant beaucoup qui, ainsi que les exemples que nous venons deciter, témoignent honorablement en faveur des serviteurs et des maîtres. Et d’ailleurs, lors même qu’ilen est autrement, la liberté, qui rend nécessairele travail personnel etunecon-
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duite intelligente et probe, agit sur les hommes comme le feu sur les métaux : elle les purifie.
Les motifs de l'émancipation, par la volonté des maîtres, ont des effets qui différent dans leur étendue, selon le sexe et selon l’âge des esclaves. Il y a même, à cet égard, des diversités remarquables entre nos différentes colonies. On en pourra juger par le tableau suivant, qui fait connaître le nombre d’hommes, de femmes et d’enfants qui, jouissant déjà de leur liberté par le fait du bon vouloir de leurs maîtres, ont été affranchis légalement, de 1833 à 1836, dans nos quatre colonies agricoles.
Hommes. Femmes. Enfants. Totaux.
Martinique... . 2,208 3,566 3,012 8,786 Guadeloupe. . 836 1,547 1,652 4,035 Guyane. ”. .: . 97 »# 120 76 293 Bourbon. . . . 45 51 29 125
se es
Totaux. .. 3,186 5,284 4,769 13,239
Ainsi, sur 13,239 esclaves affranchis par leurs maitres en trois ans, il y en a eu:
Parmi les hommes. .. . 24 pour 100.
— les femmes. , , . 40 —., les enfants. . . . 36
ee
Total... 100:
Ja répartition de ces affranchissements , par colonie, a été comme il suit : |
Martinique. . . . . . . 66 pour 100.
Guadeloupe: 3184 CRETE. > - BOGrDONe. EURE, 1
Æ DANSE PROG AE
Il résulte de ces chiffres :
Que les hommes esclaves ont presque moitié moins de chances que les femmes d'être affranchis par leurs maîtres ; |
Que les enfants ont presque autant de chances que les femmes;
Que les deux tiers de cette sorte d’affranchisment se sont opérés à la Martinique ;
Qu'un tiers seulement a eu lieu à la Guade-
loupe, qui cependant possède Ha d'esclaves que la Martinique ;
Qu'à la Guyane et surtout à Bourbon, les affranchissements par la volonté des maîtres se réduisent presque à rien.
Ces différences notables sont de nature à provoquer les études et les mesures de la Commission supérieure des colonies.
2° Émancipation ° rachats partiels.
C'est principalement pari FIRE esclaves habitant dans les villes que se multiplie cette sorte
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PROGRESSIF. nor
d’affranchissement, Ces esclaves sont très nombreux ; on en compte :
4,000 au Fort-Royal de la Martinique.
9,000 à Saint-Pierre, dans la même île.
9,000 à la Basse-Terre, Guadeloupe.
5,400 à la Pointe-à-Pitre, dans la même île.
2,400 dans la ville de Cayenne, à la Guyane.
10,000 à Saint-Denis de l'ile de Bourbon.
35,800 esclaves, ou un 7€ de tous ceux des colonies.
C'est une force considérable enlevée aux cultures , ét qui nesert presque en rien à la prospérité du pays. Ces esclaves étaient primitivement des domestiques attachés à la maison de leurs maitres; mais ils s’en sont détachés par degrés, et sont devenus libres de fait en payant une redevance mensuelle, qu'ordinairementils acquittent assez mal. Les plus laborieux d’entre eux entreprennent de petits trafics, se louent eux-mêmes aux étrangers pour les servir , ou s’enrôlent dans les travaux publics. Les femmes tiennent des cabarets ou se font marchandes foraines , portant, sur les habitations éloignés des villes , Nes objets de mode, des madras , qu'elles vendent avec un gain de Fe pour 100, et parfois du double. :
Presque tous ces esclaves peuvent amasser , en peu de temps, la valeur de leur ee ment. Si le nombre de ceux qui profitent de ces
ressources n’est pas plus grand, c’est qu'ils espèrent toujours qu’une émancipation générale, absolue et gratuite les dispensera de rien payer. Il importerait de les détromper, et de faciliter d’ailleurs les arrangements qu'ils doivent prendre pour être affranchis, arrangements auxquels les deux parties sont assez mal disposées, faute de bien connaitre leurs propres intérêts.