‹ Recherches statistiques sur l'esclavage colonialChapitre 47 sur 82 · PNR TT UE TT NI S · texte numérisé non relu

PNR TT UE TT NI S

Nombre d'affranchissements par année moyenne.

Périodes. Hommes. Femmes. Totaux.

— — er

Jamaïque. . . . . 1820 à 1830 120 214 334 Libitad CCR EMA TO 1089 58 84 142 Täbagos HR E S0819:/1833 5 11 16 Saint-Vincent. . . 1822 1832 17:65.528 40 Sainte-Lucie. . . 1819 1832 2) 37 59 Nésis. , 000. MSH822% 1832 20 7 10 17 Saint-Christophe. 1822 1831 29 b2 81

dés pee mt

TOTAL 0 ie PONS RME Démérari et Esséquibo. 1823 à 1832. . . . . . . 260

MOtAl CONCTAl NE RC

Proportion des affranchissements à la population esclave de chaque colonie.

Popul. esclav. Affranchiss, Rapp. des affranchissem. = annuel. . à la population,

Jamaïque. . .. . . . . 333,010 334 1 sur 1,000 escl. Trinitad. sde st 108178812442 167 Tabago:." 070 PUS D AO LOU 775 Saint-Vincent. 12%7,°793,689 40 "1 590 Sainte-Lucie. . . . . . 14,436 59 1 260 Néyisine sémtbmstene ŒLLR. 12168 600 Saint-Christophe. UNE 10 020% 318: 241

Émnt — ————

Totaux. …,.. .: « 435,959 689 1sur 632escl.

Démérari et Esséquibo. 71,742 260, Limin974

Total général. . . 507,701 949 1sur 535 escl.

L'histoire de notre siècle dira, avec justice,

que l'Angleterre fut le promoteur de l'abolition de l'esclavage colonial, et qu'elle en donna l'exemple en rendant la liberté à 5oo,000 personnes; mais si on recherche les motifs de cette grande mesure, 1l est douteux qu’elle en trouve d'autres qu’un vaste système de politique commerciale, embrassant à la fois, l'avenir des deux Indes dans ses prévisions, et les deux hémisphères dans ses hardis desseins.. On peut du moins assurer , d’après le témoignage même des chiffres officiels fournis par les documents anglais, que la suppression de l’esclavage est un fait gouvernemental auquel les planteurs des colonies britanniques n’ont point participé, comme ceux des colonies françaises, par de nombreux affranchissements partiels et volontaires.

En l’espace de douze ans, toutesles libertés accordées par les maîtres à leurs esclaves, dans les colonies anglaises, ontété en masse ainsi qu'il suit :

Jamaïque. . . . .. 4,011 affranchiss. 1.2 pour 100.

FainHad. ss mt 7 Pébasi ee due us LAS 1.6 Saint-Vincent. . . . 475 2 Sainte-Lucie . . . . 889 6 En Ter 207 AE Saint-Christophe. . . 968 .

lei NE PS RD D 3.3

tn a

Col. angl. en 12 ann. 10,787 affranchiss. 2.1 pour 100. — franç. en 7 ann. 32,432 12.5

Ainsi, dans les colonies anglaises, de 1819 à 1833, il ya eu ,année moyenne, 949 affranchissements ou un sur 535 esclaves.

Dans les colonies françaises , il y en a eu, de 1831 à 1838 exclusivement , 4,634 par année ou un sur 6 esclaves.

Conséquemment , en comptant les affranchissements d'une manière absolue, il y en a eu cinq fois plus chaque année, dans les colonies de la France, que dans celles de l'Angleterre, et considérées comme de raison, eu égard au nombre des esclaves, les libertés accordées dans nos colonies sont annuellement décuples de celles données dans les possessions britanniques.

Il y a plus: parmi ces dernières, celles qui sont véritablement anglaises, comme Îa Jamaique, n'ont qu'un affranchissement annuel sur 100 esclaves , tandis qu’à Sainte-Lucie , ancienne colonie française, il y en a eu 6 sur le même nombre , et 7 à la Trinitad , établissement où règnent encore les lois et les coutumes espagnoles.

Dans la première des colonies anglaises, la Jamaique, il n’y a eu qu’un esclave affranchi annuellement sur 100; à la Martinique, les chiffres que nous avons produits, montrent qu'il y en eu 24 dans le mème espace de temps et sur le même nombre d'esclaves.

Nous sommes loin de prétendre qu’il faille

mesurer d'apres cette énorme différence les sentiments d'humanité qui règnent parmi les colons de ces deux îles. Nous croyons même qu’on peut expliquer une partie de cette singulière diversité par une cause de toule autre nature ; savoir : l'absence des grands propriétaires des îles anglaises, qui laissent à des économes l’usage des moyens de discipline et de coercition, mais non le pouvoir de distribuer des récompenses.

Quoi qu'il en soit, on ne peut douter que l’esclavage ne soit, dans les colonies françaises, plus domestique, moins opiniâtre, et bien moins privé d'espoir qu'il ne l'était dans les possessions anglaises. |

Il est facile de s’en convaincre, puisque les chiffres que nous avons rapportés établissent qu'il aurait fallu près de 1,000 ans d’affranchissements aussi lents pour délivrer tous les esclaves de la Jamaïque, tandis qu’il n’en faudrait pas plus de 78 pour libérer entièrement ceux de la Martinique.

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