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On la trouye seulement sur les habitations de la Guyane ; il serait avantageux de l’accroitre, car ses produits sont supérieurs et auraient un prix élevé,
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l, CAMPÈCHE.
Ce bois de teinture est planté dans les terrains tufacés et arides, qu’on trouve sous le vent des anciens volcans des Antilles ; il croit rapidement et forme d’épais fourrés, à peu près comme l’aubépine d'Europe. Il vaut un franc les 13 kilogrammes.
Nous pourrions ajouter à ces productions de nos colonies, une multitude d’autres, qui y sont déjà naturalisées , ou qui le seraient facilement , et qui donneraient des produits abondants et avantageux. Nous nous bornerons à citer:
L'Envers. — Maranta arundinacea, que les Anglais ont fait connaitre à l'Europe par le nom d’Arrow-root. C'est une racine qui donne une
fécule amylacée, aromatique, dont on fait une excellente bouillie pour les enfants, les malades et les personnes qui ont l'estomac affaibli. Nous avons vu, à Saint-Vincent, les femmes caraibes s’en servir pour faire un lait végétal, qui nourrissait admirablement leurs enfants au berceau.
Les cocos, dont on importe, annuellement , en Angleterre, deux millions et demi de livres,
La cochenille, qui peut être multipliée sur les cactus dont se couvrent les terrains de tuffas
volcaniques des Antilles.
Les citrons, les oranges , dont l'importation
étrangère s'élève en France, annuellement , de 3 à 4 millions. |
Le gingembre, qui est l’une des plus anciennes productions exportées de nos colonies.
La gomme arabique, qui peut être fournie par la Martinique , la Guadeloupe et Bourbon, comme par le Sénégal; les Mimosas , qui la produisent , croissant dans ces îles avec une rapidité prodigieuse.
Enfin , toutes les espèces médicinales dont on peut faire des plantations régulieres : le Séné, l’Aloès, l'Opium, l’Ipécacuanha, le Jalap, les Tamarins, l'Huile de ricin ou Palma christi, etc.
Un seul de ces produits , un seul , comme il y en a plusieurs, suffirait au rachat de tous les esclaves de nos colonies ; et pour ne pas laisser croire que cette assertion est une exagération , qu'il nous soit permis de le prouver par un ou deux exemples. |
En 1720, le capitaine Desclieux réussit, par un dévouement dont le souvenir méritait d’être mieux conservé, à porter à la Martinique et à naturaliser sur son habitation du Robert, un petit caféyer, donné à Louis XIV par un bourgmestre d'Amsterdam. En 1788, il était sorti de ce frêle arbrisseau une forêt de caféyers qui, dans nos colonies , rapportaient annuellement 83 millions delivres de graines, valant 62 millions
de francs, et donnant un commerce d’égale vas leur. Cinq ans de cette production surpassent la valeur de tous les esclaves à racheter.
Le Bengale était autrefois étranger à la culture de l’Indigo ; maintenant, cette plante couvre, sur lés deux rives du Gange, une surface de 485,760 hectares ou 246 lieues carrées moyennes, Deux millions ét demi d'habitants tirent leur subsistance du travail que cette culture leur fournit ; lés terres ont recu de ses récoltes un accroissement de valeur de 100 p. 100. Chaque hectare produit, par un terme moyen, 7 à 8 livres pe: sant d'indigo où 72 fr. ; et la récolte entière s’és lève de 3,500,000 livres pesant , jusqu’au-delà de 4 millions, qui, à 9 fr., valent, sur les lieux, 88 millions de francs. Le commerce anglais vend, en Europe, la livre d’indigo environ 12 fr; il gagne 95 p. 100, et porte la valeur de ce produit végétal à 47,500,000 fr. Rien de toute cette richesse n'existait il y à So aus. Elle paierait en 6 à 7 ans, l’affranchissement des esclaves de nos colonies. è
Dans cètte même contrée, une plante d’un usage local et limité, le Pavot blanc (a) dont on tire l’Opium, est devenu depuis vingt ans l’objet d’une immense culture. Ce n’est plus comme
(a) Papavér somniferum, Linn.
autrefois , une espèce médicinale, croissant dans quelques jardins pour les pharmacies d'Europe: c’est une plante usuelle , comestible, cultivée en grand, comme la vignede nos coteaux, donnant comme elle un riche produit commercial et fournissant aussi comme elle, ou plulôt comme nos alambics, le moyen d'échapper, par les illusions de l'ivresse, aux tristes réalités de la vie. Dans les champs arrosés par le Gange et la Jumna, un hectare de pavots rapporte 43 kilogrammes d'opium et jusqu’à 72. Le prix en varie considérablement, comme celui de nos vins. L’opium sophistiqué du peuple ne coûte que 6 francs le kilogramme , tandis que celui des riches vaut 63 francs ou le décuple, Au taux de 20 francs, qui est celui de l’opium du Bahar, l'hectare qui produit en moyenne 57 kilogrammes, donne un produit brut de 1140 francs. L’étendue totale dés cultures est au moins de 263,000 hectares ou 134 lieues carrées, dont la récolte s'élève à près de 300 millions de francs. L’importation en Angleterre monte à 65,400 kilogrammes, Celle à la Chine, qui n’était, en 1828, que de 6,902,425 kilogrammes, avait doublé en 1837, et dépassait 13 millions de kilogrammes, sans y comprendre la contrebande, en dehors du marché de Canton. Dans cette dernière année, le commerce anglais avait importé dans ce port 21,496
caisses au lieu de 11,409, comme en 1898.
La caisse d'opium pèse 605 kilogrammes et valait 1000 dollars où 5,250 francs, il y a peu d'années; mais son prix était tombé à 3,600 francs, si nous en croyons un document officiel, qui ne porte limportation licite qu’à la somme de 77:035,000 francs. Au demeurant, on ne saurait douter que l'Angleterre n'ait tiré, en trois ou quatre ans , un milliard de la culture des pavots de l'Inde; somme triple ou quadruple de celle que demanderait le rachat des esclaves de nos colonies.
Mais voici une plante dont la richesse est encore plus merveilleuse. C’est un trésor inconnu à l'antiquité, et que, dans leur bonne fortune, ont trouvé de nos jours les États-Unis. Toute la prospérité agricole et commerciale de ce pays, qui rivalise avec les premières puissances de l’Europe, tient à la culture d'une humble plante : le Cotonnier. Ses produits exportés pour la première fois en 1792, il ya moins de cinquante ans , s’élevaient alors à 5o balles, pesant
ensemble 19,200 livres et valant 60,000 francs.
En 1838, ils ont fourni au commerce extérieur, outre la consommation de treize millions d'habitants , 1,575,630 balles de coton formant une masse de plus de 300 millions de kilogrammes, et une exportation estimée à 472,680,000 francs,
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ou deux fois tous les revenus de la monarchie de Louis XIV , ramenés à la valeur monétaire de notre temps, et prés de trois fois tous les produits des impôts de l’Empire russe.
Nous pourrions multiplier les exemples de la prodigieuse prospérité que l’agriculture des contrées tropicales peut atteindre en quelques années seulement. Nous pourrions entrer dans des détails moins suceincts sur chacune des cultures à introduire ou à agrandir dans nos colonies, pour donner aux esclaves les moyens de se racheter; mais nous en avons dit assez pour établir que, dans cet objet, il n’y a qu’à choisir parmi 50 espèces de cultures, celles qui sont le mieux appropriées aux temps et aux lieux.
Rien n'est plus évident, dans les îles de l'Atlantique équatoriale ; ce n’est point la terre qui manque à l’homme , c'est l'homme qui manque à la terre; ce n’est point la fertilité du sol qui fait défaut ; c’est le travail, le travail actif, bien dirigé et fructueux.
Il y a, dans nos quatre colonies agricoles , treize fois autant de terrains disponibles qu'il en faut pour les cultures d’affranchissement: Il y a bo espèces de végétaux, qui, cultivés par et pour les esclaves, donneraient de riches moissons dont la valeur servirait à les racheter. Ces esclaves sont en possession, pour ce travail, d’un
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tiers de l’année , ce qui excède le temps nécessaire pour mettre les terres en valeur. En excluant les femmes et les enfants, il ÿ a 174,000 esclaves disponibles pour le travail qui doit les
délivrer de la servitude, sans rien ôter à celui
qu'ils doivent à leurs maitres, jusqu'à leur émancipation par rachat, Loin d'assigner à chacun d'eux toute la tâche qu'il peut remplir, telle que la culture d’un hectare, nous pouvons réduire cette tâche de bien plus des deux tiers, et borner l’ensemble des cultures dans les quatre colonies à 52,900 hectares , ce qui donnerait à chacun trois à quatre cultivateurs.
La répartition entre les quatre colonies serait ainsi qu'il suit :
Nombre d'esclaves Etendue des cultures
disponibles, d'affranchissetment.
Martinique. . . . . . 48,833 14,650 hect.
Güadeloupe.. . . . . 61,500 18,450 Güyatérs5 AN ENT 42004 3,616 Bourbon tr 00m015790 15,519 Totaux. « . : . « 174,116 52,235
La valeur du produit brut de l’hectare en culture coloniale , s'élève à 7,000 francs pour l’indigo, 3,000 francs pour le tabac et le poivre, 2,000 francs pour le café, 1,000 francs pour le cacao et le sucre, etc. Mais attendu l'attente
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qu'exigent quelques produits , les fabrications que demandent les autres, les cas de non-succès qui en menacent d’autres, nous ne porterons qu’à 400 francs le produit annuel de l’hectare des cultures d'affranchissement. C’est assurément un minimum fort au-dessous de la réalité ; car les 157,390 hectares qui forment toute la culture de nos colonies, donnant 75,800,000 ; chacun d'eux rapporte lun pour l’autre 500 francs , et il y a presque la moitié de ces cultures qui, étant occupées par les plantations alimentaires, ne fournissent qu’une très faible part dans ce total. L’hectare en vivres rapporte dans les colonies d'Amérique 290 francs, et à Bourbon 60 francs seulement à cause du prix chétif des céréales d'Europe.
Il est probable que dèsla premiére année, les cultures d’affranchissement donneraient un produit fort supérieur à celui que nous adoptons; ét il est hors de doute que quand leur établissement serait consolidé, ce produit aurait au moins une valeur double’et ne sérait pas au-dessous de 1000 francs dans les localités favorables. +
Le tableau suivant montrera quelle somme serait produite dans chacune de nos colonies par les cultures d’affranchissement , donnant seulement un revenu annuel de 400 fr, par hectare :
äs = PER al tte. se relie ua CE
RE
Martinique, . . . . . . . . 5,860,000 francs. Guadeloupe. . ... . .,.1.5:%7,380;000 yen. FN SANTE EM A0 DU Bourbon, fre x EE 76 207 000
Total ..... 20,894,000
Cette valeur considérable, créée par un accroissement de travail trés faible, suffirait pour libérer dès la première année 18 à 20,000 esclaves, selon que leur prix moyen serait de 1152 francs ou de 1000 francs. A la seconde année ce nombre dépasserait certainement 25,000 ; et, Dieu aidant, on arriverait en quelques années à l'extinction complète de l'esclavage colonial.
Les mesures d'exécution sont indiquées par la nature des choses et ne sont suscentibles d’aucun obstacle sérieux. Les principales sont :
1° Faire reconnaître et déterminer dans chaque colonie les parcelles de terres qui doiventêtre destinées, avec le plus d’avantages, aux cultures d'affranchissement ;
29° Concéder pour cet objet, sauftoute réserve, les terrains des environs des villes qui appartiennent au domaine;
3° Provoquer les propriétaires à céder, également sous toute réserve, les parties incultes de leurs propriétés qui peuvent être mises en valeur
par leurs propres esclaves, à raison de trois pour un hectare;
4° Ajouter à ces ressources toutes celles des terres sans propriétaires, des terrains usurpés, des concessions volontaires, de la zône des rivages réservée par l'État et connue sous la dénomination des quarante pas du roi;
b° Enregistrer tous les esclaves travailleurs capables d’être employés aux cultures d’affranchissement ,
6° Les former par ateliers, réunissant les nègres d’un seul colon ou de plusieurs, à linstar des associations créées en Angleterre par la loi sur les pauvres;
7° Destiner à chaque atelier les terres données par le maître des esclaves qui le composent, ou celles recouvrées par l'autorité et qui en sont les plus proches ;
8 Répartir ces terres par le sort en attachant trois esclaves à la culture de chaque hectare, les diviser ou les laisser en commun selon la nature des plantes cultivées ou d’après d’autres considérations;
9° Cultiver des cannes à sucre, quand le sol et l'exposition s’y prêtent, et vendre la récolte sur pied, ou portée au moulin du propriétaire qui l’achètera à prix débattu;
10° Planter des caféyers et des cacaoyers dans
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