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les lieux qui en comportent la culture, tels que les hautes collines formées au pied des volcans par d'anciennes coulées de laves décomposées;
11° Vendre ces plantations dès qu’elles seront formées afin d'éviter l’attente du rapport des arbres ;
19° En agir ainsi pour les semis de bois de Campêche, de Brésillet, de Mimosas gommifères, pour les jardins à légumes, les vergers, les plantations de Cactus à cochenille, les cotonniers arborescens, etc. ; |
19° Faire ces ventes publiquement et avec concurrence, joignant même essentiellement à la participation des colons, celle que peuvent y prendre les capitalistes d'Eurôpe;
14° Conserver au contraire les cultures dont les produits peuvent être recueillies de suite facilement, et vendus dans les marchés de la colonie, pour l'exportation ou pour l'usage de fabriques;
15° Rétablir la culture en grand et la fabrication de l’Indigo;
16° Relever l’ancienne culture du tabac connu dans les premiers temps coloniaux, sous le nom de Petun, et dont la qualité ‘était supérieure et sans égale, au Matouba de la Martinique ; 17° Profiter également, dans la même île, de
la supériorité des produits du caféyer, aux anses d’Arlet, pour y multiplier des plantations dont on tirerait les plus grands avantages;
18° Conserver aux environs des villes, pour les mieux surveiller, les plantations de végétaux nouvellement introduits;
19° Donner, au jardin botanique de chaque colonie ou à la ferme-modéle, des leçons pratiques, des consultations gratuites et surtout des exemples qui montrent quels profits doivent résulter de l'introduction de ces végétaux;
20° Fixer sur les lieux, par des ordonnances administratives, les époques du travail, ses heures, sa distribution, la constatation de ses résultats, sa surveillance et son mode de rémunération;
21° Examiner s’il ne conviendrait pas de constater la journée ou la semaine de travail en délivrant un marron, un jeton, un témoignage quelconque qui, réuni à d’autres semblables, formerait finalement la valeur d’un affranchissement ;
29° Employer pour encourager les cultures des esclaves tous les moyens qui agissent sur les hommes, la louange, le reproche, la récompense, la punition, l'espoir d'un heureux avenir pour leur famille et pour eux; 23° Modifier les tarifs de douane de manière
29/ PRODUITS ET VALËURS à protéger l'importation des produits qui seraient donnés par les cu:tures d’affranchissement sans toutefois permettre aux produits étrangers de même nature d'en prendre la place et de leur faire concurrence;
24° Ne négliger, en outre, aucune des mesures qui peuvent contribuer à multiplier les affranchissements, telles que l'établissement de caisses d'épargne pour les esclaves et l'abolition de tout droit, taxe, difficulté, obstacles qui peuvent restreindre le nombre des émancipations par testament ou par la simple volonté du maître.
Nous n’ignorons pas qu'il y a, dans les colonies françaises, une objection capitale et traditionnelle contre chaque sorte de culture autre que la canne à sucre. La récolte du café se fait attendre, dit-on, trop long-temps apres la plantation de cet arbrisseau; celle de lindigotier a trop de chances de ruine; celle du cotonnier est trop chétive et celle du tabac trop misérable. On avait certainement raison de leur préférer la culture des cannes quand le produit qu’elles donnaient était payé 3 à 4 francs la livre par les consommateurs de la Métropole; mais sa valeur est tombée de 80 p. 100, décadence sans exemple dans l'histoire des denrées coloniales, et il ne reste presque rien aujourd'hui des motifs qui lui avaient fait accorder jadis une juste préférence.
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DES CULIURES D'AFFRANCHISSEMENT. 99
Mais les cultures dédaignées aux Antilles méritent-elles en réalité le mépris qu’on en fait? Le caféyer, qu'on néglige, qu’on laisse dépérir, vient de donner à l'ile de Java des richesses qui lui étaient inconnues il y a quelques années. Sa récolte, qui a triplé en neuf ans, s’est élevée, en 1839, à 52,500,000 kil. de graines. On compte déjà dans cette grande et belleîle, 190 millions d’arbustes en rapport, et 128 millions qui ne portent pas encore de fruits.
Sans rappeler les immenses cultures de l’indigotier au Bengale et du cotonnier aux États-Unis, qui fournissent l’un une récolte de 40 millions de francs , et l’autre une production évaluée à 500 millions, si nous nous arrêtons seulement à là culture coloniale réputée la plus chétive, celle du tabac, nous trouverons qu’elle prospère à Cuba, au Maryland, au Kentucky, à la Virginie, et qu'elle y fait l’objet d’une riche culture et d'un vaste commerce. En 1838, il a été exporté de la Havane pour onze millions et demi de francs de tabac en feuilles, en cigares et en poudre. La consommation de l'ile et la contrebande doublent peut-être cette valeur. A la même époque, la récolte des États-Unis montait à 69 millions de kilogrammes de tabac, évalués à près de 58 millions de francs.
Il est évident que des produits agricoles dont
la masse et la valeur sont si prodigieusement grandes et qui trouvent des consommateurs de plus en plus nombreux, ne méritent point les dédains dont ils sont l’objet dans les Antilles françaises depuis près d’un siècle; et leurs cultures, reléguées maintenant dans quelques jardins à nègres, doivent, pour le bien-être de nos colonies, recouvrer la faveur publique qu'elles possédaient autrefois.
Le rétablissement dans nos colonies, d’anciennes cultures abandonnées pour celle de la canne à sucre ; n'aurait pas uniquement l'avantage signalé de donner aux esclaves les moyens de se libérer envers leurs maitres, 11 créerait, de plus, des ressources agricoles et commerciales à nos établissements des deux hémisphères pour l'éventualité menaçante qui ferait succéder, dans la consommation de l’Europe, le sucre indigène au sucre exotique. Nous avons refusé, pendant vingt ans, de croire à la possibilité de cette révolution qui changerait la distribution des dons faits par la nature à chacun des climats du globe; mais, en voyant les immenses progrès des sciences chimiques et des arts industriels, on peut maintenant prévoir avec certitude que, dans un avenir plus ou moins prochain, les colonies de la zone torride seront déshéritées, au profit des campagnes d'Europe, de la riche culture dont
elles semblaient devoir posséder le monopole à tout jamais (a).
(a) On pourrait croire que si le sucre indigène envahissait les marchés de la Métropole, ceux de l'étranger resteraient ouverts au sucre des colonies ; mais c'est une resssource sur laquelle on ne peut compter, el les cultures saccharifères s'étendent aujourd'hui sur la plupart des contrées du continent. Il n’est pas jusqu'aux provinces de l'Empire russe où elles ne fassent de très grands progrès. Les Mémoires de la Sociélé d'agriculture de Moscou nous apprennent qu'en 1840, il y avait, en Russie, 158 fabriques de sucre indigène, qui en avaient fabriqué trois millions de kilogrammes.
L’Association douanière des États d'Allemagne avait :
En 1856, 75 fabriques produisant 4,000,000 kilogrammes, En 1840, 141 — — 12,168,000 —
La Prusse a 91 fabriques alimentées par 175 millions de kilogrammes de betteraves. Le sucre indigène fournit déjà un quart de la consommation de l'Association allemande , qui est formée d'environ 26 millions d'habitants.
En France, l'administration des contributions indirectes a constaté à la fin de la campagne de 1840 à 1841, que 427 fabriques, dont 587 restent en aclivité, ont fourni :
4,102,656 kil. de sucre indigène restant en magasin. 15,999,684 kil. fabriqués dans la campagne.
Total 18,102,540 kilogrammes.
9279,141 kil, ont élé mis en consommation jusqu’au 1°* janvier 1841.
8,823,199 kil. restent en fabriques.
Mais on présume qu'il y a des excédants au-delà du rendement légal qui sert de base à ces évaluations, et que, de plus,
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