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à la Guadeloupe plus de 7,000, à la Guyane 1,406, et à Bourbon plus de 6,000.
Ces affranchissements joints à ceux que procurent les rachats partiels, opérés par les esclaves des villes ,et les émancipations dues à la volonté bienfaisante des maîtres, feraient monter annuellement entre 25 à 30,000 le nombre des délivrances qui auraient lieu dans les colonies françaises , et laisseraient espérer de pouvoir en huit années faire disparaitre complétement denos possessions d'Outre-mer, le fléau de l'esclavage.
Il reste donc établi , par la puissance des nombres, que rien ne manque à la possibilité de l’affranchissement des esclaves, et que cette grande et importante mesure gouvernementale ne dépend que d’une volonté ferme et persévérante de l’exécuter.
Supposez un moment que cette grande enitreprise est exécutée :
L'indemnité est acquise aux colons et la liberté aux esclaves; l’agriculture et l’industrie reçoivent l’utile secours de nombreux ouvriers choisis parmi les jeunes soldats habitués aux durs travaux de nos campagnes.
Tout, dans nos colonies des deux Indes , a changé d'aspect, tout s’est amélioré.
La propriété n'est plus immobilisée et sans valeur vénale, le colon n’y est plus attaché par une fatalité invincible, il peut la vendre , l'échanger, et revenir dans la Métropole avec les fruits de ses travaux , prendre le rang que sa fortune et ses talents lui méritent. Le capitaliste, l'industriel le remplacent ; ils rétablissent sur de vastes proportions d'anciennes cultures délaissées ou ils en forment de nouvelles encore plus productives; ils exploitent la canne à sucre au moyen des procédés perfectionnés qui ont permis à une plante vulgaire de nos champs de rivaliser avec elle; mais, cette fois, au lieu d’une nature ingrate et presque stérile, ils trouvent une production dont la richesse accorde au même travail dix fois la même récompense.
Le propriétaire créole profite de leur exemple. Le succès de ses efforts l’attache à ses vastes possessions, dont il connaît enfin tout le prix. Il est guéri de la préoccupation funeste qui lui faisait désirer sans cesse de s’en éloigner. Il est délivré par l'émancipation des soucis rongeurs qui ont dévoré sa vie; car tels sont les maux de l’es-
clavage, qu'il est souvent difficile de dire lequel est le plus à plaindre de celui qui tient la chaîne ou de celui qui y est attaché. Libre désormais
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