‹ Recherches statistiques sur le Royaume des Pays-BasChapitre 15 sur 109 · CIVILS. MILITAIRES · texte numérisé non relu

CIVILS. MILITAIRES

88fl,804 114*1,198

Valeur de l’entretien . 765332*1,32 221429*1,04

Traitementdes méd., chirur., aumô. et autres frais. 35777 ,64 n

Frais de garde et de surveillance . 111034 ,06 14252 ,00

4* rais de locations et de réparations . 63258 ,44 »

Total général . 975402*1,46 23568 1*1, 04

Avant l’époque à laquelle fut composé le rapport dont nous extrayons ces documens, les détenus étaient dans un état d oisiveté dans la plupart des prisons. L exercice de 1819, se compose d’environ /ô°oo,ooo journées de détention, et le nombre des journées de travail y reste en dessous de 900,000. La commission n a pu recueillir que des résultats peu satisfaisans sur le prix de la journée de travail du prisonnier. Il paraît que ce prix moyen est d’environ 1 2 cents dans la mai-

DANS LE ROYAUME DES PAYS-BAS

son centrale de Gand , et qu’il pourrait généralement s’élever plus haut.

Etablis s emens de Bienfaisance.

Indépendamment des dépôts de mendicité dont nous avons parlé plus haut avec assez de détails, il existe en Belgique plusieurs autres établissemens de bienfaisance, tels que des hospices, des institutions pour les secours à domicile, des écoles gratuites, des ateliers de charité, deux sociétés de bienfaisance qui ont établi plusieurs colonies, et qui suppléent aux dépôts de mendicité, etc. D’après un rapport fait aux États-Généraux, la population des hospices, en 1822, se divisait de la manière suivante : 7988 malades, 9^68 vieillards, 4^4 5 infirmes, 8898 enfans ; en tout 30,689 individus. On comptait, à la meme époque, 10,720 enfans trouvés et 2Ôoo enfans abandonnés; les frais d’entretien se composent principalement des pensions que l’on paie aux artisans ou aux habitans des campagnes, chez lesquels les enfans sont placés. Parmi les individus secourus à domicile, 332,623 pourvoyaient à leurs besoins pour plus de moitié, 178,338 pour moins de moitié, et 1 2Ô,o3o étaient hors d’état d’y pourvoir.

Le tableau suivant, plus circonstancié, présente tous les détails qu’on peut désirer relativement à ces institutions.

SUR LES NAISSANCES, DÉCÈS, ETC

ÉtAELISSEMEKS.

DÉPENSES

INDIVIDUS

DUPRNSBS

parindividu.

Hospices .

Enfans trouvés. . .

Secours à domicile .

Ecoles pour les pauvres .

Ateliers de charité .

Dépôts de mendicité . .

A l’époque à laquelle se rapporte ce tableau, la population (lu Royaume se composait de 5,72 1,7 1 4 âmes; ainsi environ les 0,12 de cette population vivaient aux dépens du reste, dont il faut retrancher encore près de 10,000 individus enfermés dans les prisons.

Nous avons fait observer précédemment que l’accroissement rapide de la population qui a lieu en Belgique, semble annoncer que le peuple y jouit généralement d’une aisance qui est en rapport avec ses besoins; cependant, les résultats précédons paraissent contraires à cette conclusion. Nous ne chercherons pas à savoird’où peuvent provenir les causes qui plongent un assez grand nombre de familles dans l’indigence; nous ne chercherons pas non plus à savoir si les secours ne sont pas répandus avec une libéralité respectable même dans ses excès; nous remarquerons seulement qu’un pays est riche quand l’artisan peut gagner par son travail, au delà de ce qui est nécessaire à ses be-

(*) Ces nombres ne sont pas compris dans le lolal , pour ne pas les compter deux fois.

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soins; or, chez nous, l’artisan peut gagner le triple de ce qui est nécessaire à son entretien. D’après un état communiqué par le Ministre de l’industrie nationale, le prix moyen de la main d’œuvre, tel qu’il était en i8ï6, s’élevait dans la province de Liège à 100 cents; dans la nord-Hollande à 90; dans la Frise à 80; dans le sud-Brabant, la Flandre orientale et le Hainaut, à ; dans la province d’Anvers à 70 ; dans la Gueldre à 65 ; dans le nord-Brabant et l’Overyssel à 60. Le prix moyen , dans ces dix provinces était donc de 75 cents, et ce prix n’a fait qu’augmenter depuis. Nous avons vu d’une autre part que, dans les dépôts de mendicité, en y comprenant des frais étrangers , tels que ceux d’administration, de culte, etc., le prix moyen d’entretien , était de 3oc9> 4, et dans les prisons de 2rj\or]2. Cependant ces prix , qui se trouvent surchargés de 5 à 6 cents de frais accessoires , ont paru beaucoup trop élevés, et l’on observait que dans les hospices de Bruxelles , où tant de menues dépenses deviennent nécessaires, la journée du vieillard ne s’élevait qu’à 3ic,47r. M. le baron De Keverberg , dans un Mémoire sur les besoins et les ressources de l'homme vivant, du travail de ses mains , estime, d’après de nombreux documens, que les besoins de l’homme peuvent être évalués à 17 cents par jour (ï), en établissant les cho-

(1) Dans plusieurs établissemens clés provinces méridionales , le prix est même inférieur; par exemple, dans la maison de détention de Gand , qui est à la vérité sous le régime de la régie, le prix ne s’élève qu’à 1 >',655 millièmes.

SUR LES NAISSANCES, DÉCÈS, ETC

Cri

ses au prix du commerce et a environ j5 ,8o , en laissant hors de compte le bénéfice du fabricant ou du fournisseur. Si l’on ajoute le prix du loyer de l’homme libre, le père de famille devra compter environ 20e par jour, ou 73 florins par an, ce qui forme le maximum auquel tous ses besoins réunis peuvent s’élever.

Pour compléter autant que possible l’esquisse que nous venons de présenter, nous ajouterons ici quelques aperçus sur l’état de l’instruction dans ce pays; les nombres dont nous ferons usage sont extraits d’un rapport sur les écoles du Royaume (1), adressé aux États -Généraux par le Ministère de l’instruction. Il résulte de ce rapport que le nombre des élèves envoyés aux écoles primaires, dans toute l’étendue du Royaume, s’élevait, pendant l’année 1825, à 557,211, pour une population de 6,157,286 âmes : ce qui forme un onzième de cette population; encore ne comprend-on pas dans ce nombre, les enfans qui vont aux petites écoles, et aux écoles de travail, dont le total s’élève alors à 76,648. En tenant, compte de ce dernier nombre, ou trouve que plus du dixième de la population, ou bien io3 sur r,ooo individus fréquentaient les écoles primaires. Or,M. Dupin a trouvé par ses calculs que, sur 1,000 habitans, le nord de la France envoie 57 enfans à l’école, et que le midi n’en envoie que ai. Ainsi l’instruction primaire est deux fois aussi étendue dans notre Royaume,

(1) A Bruxelles , cher. Weissenbruch, imp. du Roi, in-S», 18117.

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que dans le nord de la France , et cinq fois plus que dans le midi.

Si l’on établit le rapport du nombre d’élèves des provinces septentrionales à la population totale de ces provinces, on trouve que, sur 1,000 de population, elles offrent 109,21 élèves. Les provinces méridionales ne donnent sur 1,000 de population que 79,44 élèves. On voit qu’il y a gradation dans les nombres, en allant du midi de la France au nord des Pays-Bas.

Les élèves étaient répartis dans des écoles communales et dans des écoles particulières , de la manière suivante :

Prov. Sept.

Prov. Mérid.

Dans les éeol. corara . 53383 119858

Dans les écoles part . 196248 187722

Yoici quel était, à la même époque, le rapport des écoles communales aux communes :

Prov. Sept. Prov. Mérid.

Écoles comm . 1835 2054

Rapports . 1,71 0,77

Ainsi le nombre des écoles communales, pour le nord, est plus que double de ce même nombre pour le midi du Royaume, le terme moyen de la population d’une école communale est dans les provinces septentrionales de 107 élèves, et dans les provinces méridionales de 91.

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Il est remarquable que , quand on observe l’état de l’instruction dans les villes ou communes, dépopulation différente, on trouve que l’instruction est embrassée avec plus de généralité là où la population est moyenne. Ainsi dans les villes ou communes d’une population supérieure à 6,000 âmes , on comple.gT,28 élèves par 1,000 individus; pour une population comprise entre 6,000 et 1,200 âmes, on trouve le rapport 101,73 à 1,000; et enfin pour une population inférieure à 1,200 âmes, le rapport est 99,29 à 1,000.

Dans les provinces septentrionales, on compte 5,5o individus seulement sur 1,000, entièrement dénués de moyens d’instruction; et dans les provinces méridionales, on en compte jusqu’à 5g. H y a donc, d’une part, dix fois plus de facilité pour s’instruire que de l 'autre.

L’instruction est généralement plus suivie en hiver qu’en été, surtout dans les provinces méridionales. Yoici ce qu’on observe à cet égard :

Prov. Sei>t. Phov. Mérid.

Élèves en hiver . 177365 215524

— en été ... : . 135883 84354

Différence . 41182 1 31170

Cette différence doit influer sur les résultats de l’instruction générale. On trouve encore que, dans le nord, le nombre des élèves qui fréquentent les écoles des pauvres, est de 24,35 sur t,ooo âmes, et dans le midi, de 26,23.

DANS LE ROYAUME DES PAYS-BAS

Si l’on considère maintenant le nombre des élèves envoyés aux petites écoles et aux écoles de travail , on trouve qu’il était 3o,886 pour le nord, et 4^,762, pour le sud du Royaume; ces nombres offrent à peu près le même rapport que celui qui existe entre les deux populations. Si l’on ne considère que les élèves qui fréquentent les écoles de travail, 011 trouve que la Flandre occidentale en fournit à elle seule deux fois autant que le reste du Royaume.

En classant les provinces, d’après leur rapport le plus favorable entre la population et le nombre des élèves , y compris ceux qui fréquentent les petites écoles et les écoles de travail, elles se présentent dans l’ordre suivant : Overyssel , Drenthe , Groningue , Frise, Luxembourg, Nord-Hollande, Gueldre, Nord- Brabant, Namur , Sud-Hollande, Utrecht, Hainaut, Zélande, Anvers, Sud-Brabant, Flandre Occidentale, Flandre Orientale, Limbourg et Liège. Le terme moyen io3 sur 1,000, tombe entre la Zélande et Anvers, et les limites extrêmes sont 164,62 et 69,12 sur 1,000. On remarquera sans doute que ce sont presque toutes nos provinces manufacturières qui tombent en dessous de la limite; ce qui ne s’accorde guère avec les observations de M. Dupin , du moins sous certains rapports. Ce qui pourra paraître extraordinaire, c’est de voir la Flandre Orientale, qui renferme la ville qu’on a surnommée un peu pompeusement X Athéné moderne , se placer tout à côté de la limite inférieure; on doit en conclure, ou que ce titre est usurpé, ce que j’entreprendrais de réfuter si je ne craignais de paraître

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citoyen trop intéressé (i), ou que peu de moyens d’instruction y produisent de grands résultats ( ce que je ne puis admettre , parce que je crois peu à ces sortes de privilèges); ou enfin parce qu’il y a erreur dans les nombres. Cette dernière hypothèse me paraît la plus vraisemblable. On sait en effet quel esprit domine généralement dans cette province, et combien le Gouvernement a eu de peine à y établir un système d’instruction qui fut en harmonie avec nos besoins et avec les progrès des lumières. Delà, se sont formées un <?rand nombre d'instructions à l’inscu des autorités, d’autres ont été formées à l’étranger; quelques parens même sont assez aveugles pour refuser de confier leurs enfans à des instituteurs contre lesquels on les prévient. Cette observation devient surtout sensible quand on considère l’instruction dans les collèges ou écoles latines : on sait en effet combien la Flandre Orientale fournit, pour sa part, d’élèves à St.-Acheul. 11 ne faut

(i) Je remarquerai que la plupart des noms les plus honorables de notre pays, appartiennent aux deux Flandres. Ainsi, sans compter les professeurs ordinaires et extraordinaires de l’UniversiLe de Gand, qui forment à peu près la moitié du personnel de cet etablissement , je pourrais citer dans les différentes branches MM. De Nieuport , Van Praet , Rapsaet , Lesbroussart , J an Hulthem , De üast , Odevaere , Ducq , Paehnck , Hanselaere , Kinson , V erboeckhoven , Braemt , Suj's , Roelands , Depotter, Callaigne , Mengal , DeVolder, Peelaert , Meule me e ster , Rejrphins , Pycke , Deyts , / an Cronibrugghe , etc. , je n’ai point cité M. Cornelissen , qui appartient cependant plutôt à Gand qu’a Anvers, par les nombreux services qu’il a rendus à la première de ces deux villes , et M. Dandelin , qui, élevé parmi nous dès sa plus tendre enfance, me saurait très-mauvais gie de lavoir rayé du nombre des flamands.

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donc conclure qu’avec circonspection des résultats qu’a pu obtenir le Gouvernement,

Une autre remarque qui mérite également d’être laite, c’est que le nombre des collèges est généralement plus grand dans les provinces méridionales que dans les provinces septentrionales ; on en compte d’une part 5, 498 et i,55o de l’autre. Dans les universités septentrionales, on compte 3o5 élèves en droit, et 5o2, dans les universités méridionales; ainsi l’on compte un élève en droit par 7,494 individus, d’une part; et un par 7,71*2 de l’autre part. Pour les élèves en médecine, les rapports sont de un sur 2 1,162 pour le nord; et de un sur 1 4,555 pour le midi; pour les sciences, le nord fournit un étudiant sur 5 1,944 individus; et le midi un sur 21,272 ; enfin, pour la philosophie et la littérature, on trouve un élève par 1,869 individus dans les provinces septentrionales, et un par 3,o65, dans les provinces méridionales. D’où il suivrait qu’on s’occupe dans le nord plus particulièrement de la philosophie et de la littérature; et, dans la partie méridionale, de la médecine et des sciences. Le droit est suivi à peu près de la même manière de part et d’autre. Nous n’avons pas compris parmi les étudians en philosophie, i5o jeunes gens qui fréquentaient le collège 'philosophique .

Nous conclurons de tout ce qui précède que, quoique la population de la Belgique ne soit pas déterminée avec toute la précision désirable , elle offre cependant un état d’accroissement très-sensible; que cet état provient surtout de ce que le peuple peut s’y procurer

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par son travail, des revenus qui sont bien au-dessus de ses besoins; et de ce qu’aidé de l’accroissement des lumières et soutenu par cette noble confiance qu’inspire toujours un Gouvernement sage et paternel, il ne craint pas de donner à son industrie une extension qu’elle n’avait pas d’abord, et qu’encouragent encore plusieurs établissemens de création récente- Il faut l’assurance de ces biens pour que l'homme cherche à se reproduire; et pour saisir cette observation, nous n’avons pas eu besoin de recourir aux annales d’un siècle, nous n’avons qu’à consulter les registres de l’état-civil et suivre les naissances et les décès pendant le cours d’une année. Ainsi se confirme de plus en plus, cette vérité importante, que le moyen le plus sûr de multiplier la population d’un Etat, sans lui porter préjudice, c’est de faciliter les moyens démultiplier les produits de l’agriculture et de l’industrie, et de lui assurer une sage liberté qui soit un garant pour la confiance publique. Encourager à la reproduction, sans assurer au peuple les moyens d’augmenter sa subsistance, c’est appauvrir l’État et favoriser la mortalité.

NOTES

PAR

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