ANGLETERRE. ÉCOSSE
Terres cultivées. . ... 27900000
» incultes . 9181400
Superficie totale . 37084400
Habitons . 12298175
I.a population est celle de 1821. M. Dupin porte les nies, à 15,000,000 pour 182G.
4550000 acres.
deux populations réu-
terres de ce royaume seraient donc productifs. Tout en croyant à l’exactitude de ces nombres , nous pensons que l’évaluation des terres cultivées et incultes a peut-être été faite de manière à ne pas permettre de comparaison avec nos documens. Ce qui semble venir à l’appui de cette conjecture, c’est l’énorme disproportion qui existe d’une autre part entre les nombres qui représentent les chemins et les canaux dans les deux royaumes (i). Il résulte de l’état cadastral, qu’il faut compter chez nous par myriamètre carré au delà de 0800000 mètres carrés, de sorte que la vingtsixième partie du royaume environ n’est composée que de communications de toute espèce. Or, d’après l’ouvrage de M. Dupin , le nombre des routes , des canaux et des rivières navigables ou flottables , ne s’élève en France qu’à 9824 mètres de longueur par myriamètre carré; ainsi, en supposant à nos chemins et à nos canaux au delà de 58 mètres de laideur moyenne , ce qui pourra paraître exagéré , nous aurions encore dix fois plus de communications que la France.
De (a Population.
Nous avons déjà eu occasion de voir que la population des Pays-Bas est incomparablement plus grande que celle de la France et de la Grande-Bretagne.
(I) Il paraît que dans l’estimation pour la France, on n’a eu égard qu’aux grandes roules, tandis que chez nous on a fait entrer en ligne de compte tout ce qui était chemin.
On y comptait en 1826 , 9822 habitans par myriarnètre carré ( 1 ) , c’est à peu près un habitant par hectare ou par bonnier. Dans la Grande- Bretagne , on 11e comptait à la même époque que 6900 habitans par myriamètre carré, et en France, 5900. En séparant F Angleterre de l'Ecosse, on trouve que la population est de 8107 habitans par myriamètre carré, et qu elle est conséquemment encore moindre que la nôtre.
JN'ous devons regretter, comme je Fai déjà fait observer dans mes Recherches sur la 'population (2), que nous ne connaissions que d’une manière imparfaite la population de notre royaume 3 élément qui doit être considéré comme la base de toutes les recherches statistiques. Il paraît que l’évaluation que nous en avons est généralement trop faible. Malgré cet état d’incertitude , il est aisé de voir que la population reçoit des accroissemens annuels très -sensibles. Ces accroissemens sont, dans leur valeur moyenne et pour les cinq années qui ont précédé 1828, de 10982 âmes pour 1 million d’habitans(o), et surpassent un peu les
(1) Nous faisons ici la population pour 1826 , de 6088300 âmes,
(2) ln-8o , 1827. Chez Tarlier, à Bruxelles.
(3) D’après les documens de la commission de statistique et le Jaarboekje , la population était au 1er janvier
de 1827. . . . 6116935 1827. . . . 6116935
Acer, pour 10 ans. . 574193
« n 1 an. . 57419
nombres qu’on obtient pour la Russie et l’Autriche. M. Dupin estime T accroissement annuel de la Grande- Bretagne à 1666-7 âmes par 1 million d’individus, et celui de la France à 6556 (1).
Il est remarquable que pendant que toutes les nations de l’Europe voient croître leur population, l’Espagne seule offre le phénomène d’une population constamment décroissante depuis les temps les plus reculés, et l’ordre de choses qui y règne actuellement, ne contribuera certainement pas à amener un changement favorable. L’Espagne possède à elle seule, tous les élémens qui peuvent arrêter le développement de la population 3 les guerres civiles, les émigrations, le manque de confiance et de communications sûres, la stagnation du commerce, l’inquiétude du gouvernement , les proscriptions , sans compter celles qui ont eu lieu antérieurement, et qui ont rejeté hors de l’Espagne plus de 400000 juifs, et enseveli 541021 victimes dans les prisons de l’inquisition (2).
(1) Voici les nombres que donne ce savant pour plusieurs états de l’Eu¬
rope. ( Voyez Forces commerciales , etc. )
La Prusse . 27027
La Grande-Bretagne . 1GG67
Les Pays-Bas . 12372
Les Deux-Siciles . 11111
La Russie . 10527
L’Autriche . 10114
La France . G53G
(2) Elemenlos de la cienca de Hacienda , par don José Canga Arguellcs.
Si l’accroissement actuel de la population des Pays- Bas continuait , tout faible qu’il semble être, il arriverait que le nombre des individus qui habitent le royaume se trouverait :
Doublé après 63 ans ;
Triplé après i oo ;
Quadruplé après 1273
Quintuplé après 1 47-
Ainsi , avant un siècle , notre population serait égale à celle (pie la Grande-Bretagne possède actuellement j et avant un siècle et demi , elle vaudrait celle de la France. Il arriverait encore qu’il ne faudrait guère plus de trois à quatre siècles ( 877 ans) , pour que la population des Pays-Bas égalât celle de la France, si l’on tient compte de l’accroissement annuel que ce dernier royaume reçoit de son côté 3 et à cette époque , les deux pays auraient chacun une population de plus de 568 millions d’habitans y ce qui forme à peu près 60 fois notre population actuelle 3 nombre immense qui pourrait effrayer , si l’on n’avait égard à la marche de la nature qui arrêterait les développemens de l’espèce humaine j dès que ces développemens pourraient devenir nuisibles 3 comme il est démontré qu elle les accélère pour réparer les pertes qu’ont occasionnées les guerres et les autres lléaux destructeurs. Quoiqu’un accroissement continu dans la population, quelque petit qu’il puisse être d ailleurs , soit une pure hypothèse mathématique, il est prudent néanmoins que les lois n’encouragent point un développement
prématuré qui finirait à la vérité par s’arrêter luimême, mais peut-être après des secousses déplorables pour la société.
Si un développement rapide de population n’est pas toujours un bien, il annonce au moins un état actuel de bien-être. L’arbre qui développe un feuillage abondant, lors même qu’il ne porte aucun fruit, n’accuse point l’aridité du sol qui le nourrit , mais plutôt le manque de culture qu’aurait pu lui donner une main habile et industrieuse j il est reconnu d’ailleurs que la population se développe généralement en raison des choses produites. Jetons les yeux sur le tableau suivant; nous pourrons en déduire plusieurs conséquences importantes ; les nombres qui y figurent sont le résultat de plusieurs années d observation.