GRANDE-BRETAGNE
IOO
naiss. ,
par
hab.
IOO
décès.
■fïN
IOO
mariag.
IOO
mariag.
naiss.
(!) Les calculs sont faits d’après les tableaux déjà mentionnes de la commission de statistique. Voyez aussi le tableau m> 2.
(2) L'Annuaire du bureau des longitudes de France, pour 182S, donne les nombres suivans , relatifs à 1825 ,
Naissances . 973986
Décès . . ! . 798012
Mariages . 243674
(3) Les rapports sont tirés des Slatislical illustrations , etc.
On voit que les mariages sont plus nombreux dans notre pays que chez nos voisins , et ils sont en même temps plus productifs ; mais les décès qui sont à peu près en même nombre qu’en France , surpassent de beaucoup ceux de la Grande-Bretagne; la disproportion est considérable ? elle est environ dans le rapport de 5 à a. Ainsi la Grande-Bretagne produit moins que notre pays , mais les fruits sont plus durables 3 elle donne le jour à moins de citoyens, mais elle les conserve mieux. C’est par -là que ce pays prend de si grands accroissemens de population, et ces accroissemens sont entièrement à son avantage , car si la fécondité y est moindre , les hommes utiles y sont plus nombreux, et les générations ne se renouvellent pas aussi souvent au détriment de la nation.
L’homme pendant ses premières années vit aux dépens de la société; il contracte une dette qu’il doit acquitter un jour; et s’il succombe avant d’avoir réussi à le faire, son existence a été pour ses concitoyens plutôt une charge qu’un bien. Veut-on savoir ce qu’il en coûte, prenons les prix les plus bas : je trouve que, depuis la naissance jusqu’à l àge de 12 à 16 ans, tous les frais d’entretien d’un enfant dans les hospices du royaume s’élevaient, en 1821 , dans leur valeur moyenne à 5a4,66 fl. (1); conséquemment tout individu qui échappe à l’enfance a contracté une espèce
(1) Recherches sur la population , elc. , par A. Quctelet, page ÎO.
de dette dont le minimum est de 5^4,66 fl. , somme payée par la société pour l’entretien de l’enfant qu’on abandonne à sa charité. Or, il naît annuellement dans les Pays-Bas au delà de aïoioo (i) en fans , dont 9/20 sont enlevés avant d’avoir pu se rendre utiles -, ces g45oo infortunés peuvent être considérés comme autant d’amis étrangers qui, sans fortune, sans industrie , sont venus prendre part à la consommation et se retirent ensuite sans laisser d’autre trace de leur passage que de tristes adieux et d’éternels regrets. La dépense au ils onl occasionnée ^ sans tenir compte du temps cpion leur a consacré , représente la somme énorme de près de 5o millions de florins , c’est-à-dire près des deux tiers des revenus de l’état. Si l’on considère d une autre part les douleurs que doivent exciter de pareilles pertes, douleurs que ne pourraient compenser aucuns sacrifices humains, on sentira combien ce sujet est digne d’occuper les méditations de 1 homme d état et du philosophe vraiment ami de ses semblables.
Je n’ai point eu égard dans le calcul précédent à l’inégalité d âge auquel succombent ces victimes 5 mais cette inégalité est plus que compensée par l’excédant de la dépense qu’occasionne l entretien d’un enfant hors des hospices , par les frais d instruction et par d’autres dépenses qu il serait trop long d énumérer. La prospérité des états doit consister moins dans la
(I) Recherches sur la population , etc. Voyez la table île mortalité.
multiplication que clans la conservation des individus qui les composent. L'on conçoit dès lors qu’il n est pas seulement de la plus haute importance quon maintienne avec fermeté les lois qui tendent à écarter les causes de la mortalité , comme celles sur la vaccine , l'assainissement des villes , etc.} mais encore que l’on encourage les recherches qui ont pour but la conservation de l'espèce humaine, qu’on les provoque meme par des récompenses.
Il serait très-intéressant de pouvoir remonter aux causes qui mettent la Grande-Bretagne dans la position avantageuse que nous venons d’indiquer ; sans doute la propreté et l'abondance des choses produites doivent y entrer pour beaucoup. Nous ne doutons pas non plus que le désavantage qu’indiquent nos rapports ne soit plus apparent que réel. Supposons en effet que la population du pays qui, dans l’estimation qu’on en fait, nous paraît trop faible, fût entièrement inconnue et que Ton n’eût de notions certaines que sur les nombres annuels des naissances, des décès et des mariages. On pourrait au moyen de ces nombres estimer assez exactement la grandeur de la population; il faudrait à cet effet former des hypothèses sur sa valeur; puis en partant de ces différentes hypothèses , chercher les rapports de la population avec les naissances, les décès et les mariages. La comparaison de ces rapports avec ceux obtenus dans les pays voisins j nous ferait connaître un résultat approchant de celui que nous cherchons. Or, nous avons fait ces calculs que nous reproduisons ici.
habitans par
Popul. présum.
100 naiss.
100 décès.
100 mariag
5oooooo
55ooooo
65ooooo
i5io8
Nous avons pris dans nos calculs les moyennes sur io années d’observation, de i8i5 à 1825, d’après les documens oiîiciels publiés par la Commission de statistique. La valeur moyenne de la population était de 5659485 individus. Or, nous ne craignons pas de dire que l’estimation aurait dû être portée à 6000000 au moins , et alors les rapports tels que nous les donne le tableau précédent , seraient mieux en harmonie avec les rapports trouvés chez nos voisins. Cette estimation augmenterait donc la population d environ 55oooo âmes, valeur sans doute trop faible encore 5 mais elle présenterait plus d accord avec les tables de mortalité. On trouve en elfet^ que la vie probable est en France de 20 à 21 ans (1); dans notre pays de 22 à 26 (2), et en Angleterre de 27 à 28(5), c’est-à-dire.
0) Voyez les tables de mortalité de Y Annuaire du bureau des longitudes de France.
(2) Voyez les tables de mortalité que j’ai publiées dans la Correspondance Mathématique ; on les trouve aussi dans mes Recherches sur la population , etc.
(3) Voyez les tables de mortalité anglaises et le Traité élém. du calcul des probabilités , par Lacroix, ou le Calcul conjectural , par Farisot.
qu’à ces époques les individus nés en même temps , sont réduits de moitié.
Des Impôts et du Commerce.
Les rapprochemens que Fon peut faire entre plusieurs pays , pour ce qui concerne leur état financier ou commercial ; doivent nécessairement être plus ou moins douteux. On ne connaît ; la plupart du temps , les élémens que l’on compare que par les revenus qu’ils donnent au trésor ; et ces revenus sont généralement perçus d’après des lois et des modes qui varient d’un pays à l’autre. Il faudrait donc tenir compte de toutes ces inégalités : ce qui devient à peu près impossible. Nous allons néanmoins examiner quelques données qui permettent d’être comparées.
Ce qui mérite d’abord de fixer notre attention^ c’est la valeur moyenne ; payée à l’état par chacun des individus qui composent les trois royaumes que nous comparons. D’après les recettes de 1817 à 1827 , un individu payait à l’état une valeur moyenne c/ui s’élevait dans les Pays-Bas^ à 1 4j4& fl- ( 1 ); en France y à 1 4; dans ta Grande-Bretagne , ci 44 F 1 fl- (2)- Ainsi y dans les Pays-Bas , on paie au gouvernement un peu moins
(0 Yoyez pour ce cjui concerne les finances, les tableaux 3 et 4 , qui sont extraits des Comptes rendus au Roi. La valeur moyenne des impôts est 88044153 fl.
(2) Nous avons , pour ce qui concerne les finances , tiré les nombres dont nous faisons usage de l’ouvrage de M. Dupin, pour la France, et des Statislical illustrations , pour l’Angleterre.
qu’en France , contre l’opinion assez généralement reçue j et l’on paie environ trois fois moins que clans la Grande-Bretagne. Dans ces calculs ne sont pas compris les droits perçus par les villes et par les provinces; ces derniers droits peuvent être évalués à raison de 4a cents par individu (1).
Si au lieu d’estimer ce que paie chaque individu des trois royaumes , nous estimons ce que paie chaque hectare ou Bonnier, nous trouverons qiuoi bonnier paie dans les Pays-Bas , 1^20 fl. ; en France , 8,70 fl. ;
(1) Nous extrayons les nombres suivans de l’ouvrage de M. A. Balbi , sur La monarchie française comparée aux principaux états du globe.
RAPPORT
RAPPORT
RAPPORT
RAPPORT
du revenu i la
de la dette à la
de l'armée à la
de la flotte à la
POPULAT.
POPULAT.
POPULAT.
POPULATION
pour cli. habitant fr. ]
pour ch. hab. fr.
I soldat sur hab.
vaiss. lig. et frég. sur h
Boyau. -Unis (a). 65,2
France. . . . j30,9
Pays-Bas (b) . 26,3
Mon. Prussienne 17,2
États-Unis . .12,1
Emp. d’Autriche 10,9
Empire Russe. . 6,6
(a) L’Angleterre , l’Écosse et l’Irlande qui n’entre pas dans nos calculs.
(b) « M. Ballii a porté la dette des Pays-Bas à 3,800,000,000 de francs ; niais M. Balbi comprend évidemment dans son calcul la dette différée, composée de deux tiers de l’ancienne dette, éteinte sans indemnité en France, et dont le montant ne peut être mis en comparaison , ni avec la dette de ce dernier royaume , ni avec celle îles autres états. On sait que la dette inscrite du royaume des Pays-Bas, portant intérêt, monte à 1,661,609,000 francs. » ( Gazelle des Pays-Las, n° 31 , 1829. )
dans la Grande-Bretagne , 00,72 fl. En établissant le calcul de cette manière , comme le fait M. Dupin , nos terres produisent au trésor plus que celles de la France ; et les sommes payées dans les trois royaumes offrent des différences qui correspondent aux différences d’accroissemens annuels que reçoivent les populations respectives (1).
Les revenus de notre royaume n’ont pas augmenté d une manière sensible 3 ils n’ont fait que suivre 1 accroissement de la population 3 cette augmentation porte particulièrement sur les consommations. Les impôts directs n’ont guère varié de 1817 à 1826. Le produit des postes qui s’élevait à 1000000 fl. jusqu’en 1820, s’est trouvé doublé depuis cette époque. Les droits d’enregistrement , d hypothèque , etc. , ainsi que le produit des routes et celui des garanties sur l’or et l’argent, sont restés à peu près les mêmes. L’augmentation des revenus de l’état ; provient surtout des droits d’entrée et de sortie et du produit des accises, ce qui tient à l’augmentation de la population, qui doit faire une consommation plus grande, et surtout aux nouveaux droits qui ont été imposés. La loterie a fait des progrès, si l’on en juge par le
0) M. Metelercamp a donné des résullals intéressans sur les biens-fonds et le commerce des provinces septentrionales, dans l’ouvrage : De toesland van JSederland , enz. , 3 volumes, Rotterdam, 1801. Voyez aussi la Géographie historique , physique et statistique du royaume, par M. De Cloet. Bruxelles, 1822.
revenu du trésor, qui a augmenté de près d’un tiers, dans l’espace des dix années qui ont précédé 18263 elle avait au contraire éprouvé en France, une réduction de près de moitié dans l’espace de cinq ans.
Une des parties les plus fortes des revenus de l’état est, ici comme en France, le produit des contributions directes 3 elle forme, à elle seule, plus du tiers de ces revenus.
De nombreux clocumens prouvent que, depuis la fin du 1 y"16 siècle, la valeur des marchandises anglaises, importées dans les Pays-Bas, a été presque toujours trois à quatre fois aussi grande que celle de nos exportations en Angleterre. D’après les recherches de M. Moreau, vice-consul de France à Londres, l’Angleterre (1) importait chez nous au commencement du i8me siècle, pour plus de 2000000 livres sterlingsj au commencement de ce siècle, cette somme se trouvait plus que doublée, et elle a conservé depuis à peu près la même valeur. Au commencement du iSme siècle, les Pays-Bas exportaient annuellement en Angleterre pour plus de 600000 liv. st. 3 et dans ces dernières années, cette valeur s’est élevée jusqu’à 1564270 liv. st. Les échanges de marchandises que se font ces deux royaumes, ont donc des valeurs qui sont à peu près proportionnelles aux superficies des deux territoires.
(1) Les tableaux de M. Moreau ont été publiés en Angleterre.
De la Librairie et des Journaux.
Parmi les différentes branches de notre industrie, il en est peu qui inspirent plus d intérêt que l’imprimerie ; parce qu indépendamment des revenus qu elle produit , elle nous rappelle des titres glorieux, et qu elle peut être considérée comme un des canaux par lesquels les lumières se répandent avec le plus d’abondance. Nous aurions désiré pouvoir fournir ici quelques données sur le développement rapide que l’imprimerie a pris dans le royaume 3 développement qui peut montrer jusqu’à certain point l’ardeur avec laquelle on se porte au-devant des connaissances de toute espèce. Malheureusement, nous ne possédons que le relevé assez incomplet des ouvrages indigènes, et l’on sait que c’est la partie la moins considérable de notre librairie, qui se compose surtout de réimpressions d’ouvrages étrangers. Le nombre des ouvrages indigènes imprimés dans ce pays, pendant les trois années qui viennent de s’écouler, a été de 21 85, sans y comprendre les journaux et les recueils périodiques (1). On peut évaluer le nombre des feuilles imprimées à 10098000, en supposant que les ouvrages se composaient, terme moyen ^ de dix feuilles , et étaient tirés à 600 exemplaires ; ce qui donnerait annuellement 4^G6ooo feuilles. M. Daru, comptait que
(1) Voyez le tableau n° 5 , et la Correspondance Malhérn. , par A. Quetelet , tome III.
la France, en i8i5, avait produit 128 millions de feuilles imprimées, c’est-à-dire, cinq à six fois plus que chez nous, en ayant égard à l’inégalité de population (1). Mais, nous le répétons, ces calculs ne peuvent faire connaître l’état relatif de l’imprimerie dans les deux pays.
Pour le montrer, examinons ce que la seule ville de Bruxelles a produit d’après des documens que nous avons recueillis, et à l’exactitude desquels nous croyons pouvoir nous fier : cette ville possède actuellement 4o imprimeries qui ont 84 presses en activité. Or, chaque presse peut donner 1000 et même 1200 feuilles imprimées par jour, et si l’on n’en compte, terme moyen, que 5oo et 000 jours de travail par an, on trouve que Bruxelles seule , imprime actuellement 12600000 de feuilles par an, le dixième de ce (pi imprimait toute la France en 1825. Le tahleau suivant donnera une idée du développement qu’a pris l imprimerie depuis notre séparation de la France (2).
(1) Revue encyclopédique , mois de février et mars <827, pag. 560 et
(2) Ce tableau a déjà paru dans la Correspondance Mathém. , pour
ANNÉES