IMPRIMÉES
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Moyennes.
Le nombre
des presses
qui se
trouvaient
dans les
imprimeries , a toujours été plus considérable que celui qui est désigné dans le tableau où sont indiquées seulement les presses en activité. Plusieurs imprimeries n’ont qu’une presse; quelques-unes meme travaillent avec un seul ouvrier ; nous les avons fait entrer alors dans nos calculs comme n’ayant qu’une demi-presse. Il a été constaté que la librairie alimente a elle seule au delà de quatre-vingts métiers ; on sentira dès lors combien cette branche intéressante mérite d’être soutenue dans ses progrès. La lithographie,
qui compte à peine quelques années d’existence , a déjà fait naître, à Bruxelles seulement, seize éiablissemens , qui renferment 5 7 presses et occupent 107 ouvriers^ non compris presqu autant d enlumineuses. En douze années , le nombre des presses d’imprimeur a été triplé et celui des ouvriers fondeurs quintuplé. Les accroissemens du commerce de la librairie deviennent bien autrement remarquables, quand on considère ce qui s imprimait du temps de l’empire 3 Bruxelles n’avait alors que huit imprimeurs brevetés qui faisaient travailler une douzaine de presses, d’où ne sortaient, outre les affiches et les papiers administratifs, qu’une douzaine d’ouvrages originaux par an , autant qu’en fournirait aujourd’hui en une semaine, un de nos principaux ateliers d imprimerie.
Bruxelles semble appelée par sa position à devenir un des centres de la librairie européenne 3 déjà son état de prospérité a fait naître des inquiétudes fondées chez les libraires français , qui ont cru devoir lui opposer une ligue et des capitaux considérables.
En comparant le nombre des traductions de différentes langues qu’on a publiées chez nous, on trouve qu’il a été traduit deux fois autant d’ouvrages allemands que d’ouvrages français, et deux fois autant d’ouvrages français que d anglais (1).
O11 peut assez bien connaître par le prix du timbre
(i) Voyez le tableau n° 5. Les nombres ont été extraits îles Revues bibliographiques , par M. Somcrhausen,
des journaux , le nombre des feuilles qui paraissent annuellement. On trouve qu’en 1826, le timbre des journaux a rapporté 145709 florins (1), à peu près autant qu'en France, où il a produit 35n54 francs ou 160920 florins. Comme les droits sur ces sortes de productions sont les mêmes dans les deux pays, on peut en déduire que les feuilles des journaux sont en nombres proportionnels a ces revenus 3 et que puisque la France, d’après le calcul de M. Dupin, comptait à l’époque dont il s’agit 26420520 feuilles (2), notre pays devait en compter 21900000 environ, sans y comprendre les journaux scientifiques et littéraires, qui par leur forme et les époques des publications, ne sont pas assujettis au timbre. Une Revue bibliographique annonçait, il y a peu de temps (3), que les journaux timbrés , pour l’Angleterre et le pays de Galles, se sont élevés en 1826, à 25684oo3 feuilles 3 pour l’Ecosse, à 1296549, et pour l’Irlande, à 5475oi4. Les Pays-Bas posséderaient donc 60000 feuilles de journaux par jour , ou 60000 abonnés annuellement ; la France 72580, et V Angleterre 70070 ; c’est 1 abonné pour ïoo individus dans les Pays- Bas ; 1 pour /\.on en France , et 1 pour 184 en Angleterre.
(0 Voyez pour le produit du timbre, notre tableau no 4 , et pour le nombre des journaux, le tableau no 7 , ainsi que le 4e vol. de la Correspondance Mathématique.
(2) Forces commerciales , etc.
(3) La Revue bibliographique , etc., pour 1827. Demat , à Bruxelles. — Le produit du timbre dans la Grande-Bretagne est calculé d’après les Sla lis tic al illusti ’atio n s .
Il faut observer cependant qu’il pourrait bien s’être glissé une erreur dans les calculs de M. Dupin. Il résulte effectivement des calculs de ce savant , que le droit du timbre pour une feuille de journal, ne serait que de i centime 1/3 pour la valeur moyenne des différens formats. Or, cette valeur n’est que le tiers de ce qu’elle semble devoir être. Nous ne saurions être non plus de l’avis de M. Dupin, quand il considère comme un bien la diminution des journaux 3 il nous semble que ces sortes de publications présentent un moyen sûr et prompt, pour répandre les connaissances de toute espèce 3 qu’on leur doit surtout le rapprochement qui s’est établi entre tous les peuples, et qui fait qu’une découverte nouvelle ou qu’une idée utile peut tourner aussitôt à l’avantage général. M. Dupin lui-même paraît reconnaître dans un autre endroit de son ouvrage, l’utilité des journaux, quand, en parlant de deux illustres professeurs que le ministère français a réduits au silence, il montre que 100 feuilles de leçons ont été remplacées par 10096570 feuilles cl impression, et i5oo auditeurs par iSooooo lecteurs. Voilà, s’écrie-t-il, quel est le triomphe des lumières et de la vérité !
O11 pourrait effectivement prendre, jusqu’à certain point, pour mesure de l’ardeur qu’on met à répandre les lumières, la quantité de journaux qui paraissent dans un pays. Une pareille mesure , si elle laisse à désirer du côté de la rigueur, présente du moins une classification assez piquante des gouvernemens. Nous présenterons ici les résultats des calculs d’après les
données de M. A. Balbi( 1 ) 3 les quantités ont été prises
en nombres ronds.