‹ Recherches statistiques sur le Royaume des Pays-BasChapitre 4 sur 109 · MAESTRICHT · texte numérisé non relu

MAESTRICHT

Janvier .

. . . lo,00

Février .

Mars .

Avril .

Mai .

Juin .

Juillet .

Août .

Septembre ....

Octobre .

Novembre ....

Décembre ....

Moyenne .

Je vous adresse des

résultats sur les naissances, dans la

ville de Pa-

lerme, qui doivent d’au

tant plus vous intéresser, que nous

ne possédions

rien jusqu’ici pour la Sicile. Je les extrais de tableaux qui ont été rédigés

par M. le docteur François Calcagni , et publ

iés par ordre

des autorités.

On doit les regarder comme très-aulhentiques.

Ils sont intitulés : Tavole

Sinollichc sulla Popolazione di Palermo , da Setlernbre iSo5 a luto Dicembre 1825. J'ai eu soin, dans l’addition generale que j’ai faite, décompter les naissances de chacun des douze mois un même nombre de fois. Les résultats de mon addition sont qu’il y a eu, savoir :

En ramenant, comme tous ie faites, toutes les naissances £ iq,ooo , et tous les mois à 3i jours.-

NAISSANCES

réelles

En Janvier . 12,603

Février . 11,650

Mars . 12,252

Avril . 11,276

SUR LE^ NAISSANCES, DÉCÈS, ETC

Doit-on conclure de ce qui précède, que la température est effectivement une cause directe de fécondité plus ou moins grande? d’une autre part, la confirmation de la loi de Malthus n’est-elle pas plus apparente

Mai . 10,710 925

Juin . 9,933 887

Juillet . 10,654 920

Août . 10,914 942

Septembre . 11,149 994

Octobre . 11,549 997

Novembre . 11,547 1,031

Décembre . 12,100 1,045

U est assez curieux de comparer ces rapports à ceux que l’on a observes pour Livourne et à ceux que M. Lastri a trouvés pour la ville de Florence , pendant une période de trois siècles, de 1 45 1 à 1774* Comme vous pouvez ignorer les résultats de Florence dont il s’agit, les voici:

Janvier .

Février .

Mars .

Avril .

Mai .

Juin .

Juillet .

Août .

Septembre ....

Octobre .

Novembre ....

Décembre (1). . .

( 1 , Il est a remarquer que ce minimum , qui forme une anomalie à notre principe, se présente neuf mois aprtis l’epoque du cartiuc , circonstance qui avait dùji e’tc remarque'e pour la France par M. V Hier mi , dans une autre lettre que ce savant m’avait adressée eu i8aG ( Vol. U de la Corresp., page 282).

DANS LE ROYAUME DES PAYS-BAS. i7

que réelle? Il serait difficile de répondre à ces deux questions avec quelque assurance, et en s’appuyant sur les seules données que nous avons pu recueillir; nous croyons néanmoins qu’on nous permettra quelques conjectures en faveur de l’intérêt que portent avec elles ces sortes de questions. Si nous ne parvenons à saisir la vérité, nous exciterons peut-être l’attention d’autres observateurs plus heureux que nous.

11 nous paraît hors de doute que l’inégalité de tem-

(Nous donnerons ici un extrait d’une autre lettre de M. Villermè , qui confirme de plus en plus, par l’autorité irrésislible des nombres , la relation singulière que j’avais observée entre les naissances et les décès aux différens mois de l’année. Les observations de M. Villermè , par leur quantité, ne paraissent plus laisser aucun doute sur ce point important, et les renseignemens que j’ai pu recueillir depuis en donnent une nouvelle confirmation, comme on pourra le voir plus loin).

J’ai , depuis ma lettre, dressé des tableaux de naissances , mois par mois. Ces tableaux, non-seulement ceux que je vous ai montrés , mais encore tous ceux que j’ai pu me procurer, comprennent 12,890,000 naissances. J’ai adopté votre méthode : je ramène les nombres de chaque lieu et de chaque période ài2,ooo, que, par une règle de proportion, je distribue ensuite entre les 12 mois, en ayant égard à leur inégale longueur. De cette manière, on peut déduire :

L’influence des saisons, et, dans quelques cas, de leur marche extraordinaire ( j’ai , pour confirmer cette influence , des résultats de la Suède , du Danemarck., de l’Allemagne, de la France, de l’Italie, des Antilles et même de l’autre côté de la ligne. Il est bien entendu que je me sers aussi de ceux que vous avez publiés ) ;

2° L’influence de certains climats particuliers;

3° Celle de certaines institutions (du carême, de l’époque des fêtes, d’une nourriture abondante);

4° L’influence de l’époque des mariages les plus ou les moins nombreux.

Je me propose de rattacher à ce travail les rapports des naissances avec le lever, la culmination, le coucher et l’absence du soleil.

Paris, 28 novembre 1826.

,8 SUR LES NAISSANCES, DÉCÈS, ETC

përature entraîne une inégalité dans le nombre des décès et des naissances; d’une autre part, notre existence ne se soutient que par une nourriture saine, que par les moyens, que nous fournit l’aisance, d’écarter les causes des maladies et de pourvoir abondamment à tous nos besoins , lorsque nous nous trouvons indisposés, ou lorsque la faiblesse de l’âge nous contraint de recourir à des secours étrangers. Or, c’est surtout pendant les rigueurs de l’hiver, que faute de ces ressources, si difficiles à acquérir, notre existence se trouve le plus exposée; c’est alors que le peuple, forcé de lutter contre l’intempérie de l’air, et de renoncer à des avantages qu’il peut se procurer plus facilement par son travail à tout autre époque, se trouve condamné à une inactivité désespérante, qui compromet ses jours et ceux d’une famille aux besoins de laquelle il devient incapable de pourvoir. Cet état pénible qui influe sur le moral de l’homme, et par suite sur ses facultés physiques , aura encore un autre effet, celui de l’exciter moins à se reproduire; avant même d’avoir éprouvé le mal dans toute son étendue, par un calcul bien naturel et auquel sa volonté ne prendra peut-être même aucune part directe, il se trouvera arrêté par la crainte d’ajouter à ses maux, en voyant croître sa famille. Cette crainte diminuera à mesure que la terre, par ses produits, et l’industrie, par l’espoir d’un juste salaire, lui laisseront entrevoir les moyens de pourvoir à ses premiers besoins. Le sentiment de son bien-être physique qui se révèle avec

DANS LE ROYAUME DES PAYS-BAS

tant d’empire et de charmes, au retour du printemps, exercera de son côté une nouvelle influence, peut-être plus grande encore. C’est ainsi qu’aux mois d’avril, de mai et de juin, comme l’indiquent nos tableaux, se feront le plus de conceptions, tandis que six mois après le contraire aura lieu (I 2). Les institutions civiles et religieuses peuvent apporter quelques modifications dans nos résultats ; par exemple , on a remarqué qu’en France, quand on observait avec rigueur l’abstinence du carême, le moisde mars était moins chargé de conceptions, tandis que le contraire a eu heu vers la fin du règne de Louis XV. Comme l’observe M. Vil lermé (2), les mœurs d’un peuple, la mesure de ses opinions, sont quelquefois écrites dans les résultats

(i) Les conjectures que nous émettons ici, se rapportent assez à celles qui ont été émises par M. Benoistun de Chateauneuf , clans son Mémoire sur Y intensité de la fécondité en Europe , et par M. Fodéré clans son V ojrage aux Alpes , tom. II. Voici comment s’exprime ce savant. <c Ici , le tableau des naissances coïncide parfaitement avec le temps des travaux champêtres et des récoltes. On y voit les conceptions se multiplier, lorsque le cultivateur ajoute à ses moyens de subsistance par la vente cle son huile; mais quand elle est vendue, quand déjà son produit en argent a disparu, et lorsqu’on est parvenu à cette saison, celle de l’été, où les grands travaux exigeraient précisément ce cjui manque et ce que l’on ne peut plus se procurer, des alimens nourrissans et en abondance, alors nécessairement le penchant se tait, le rapprochement des sexes devient plus rare, et les naissances, dont l’origine appartient à cette saison, ont lieu, pour la plus grande partie , dans les villes de Nice et de Menton , où l’on travaille moins et où la subsistance est presque toujours assurée. i>

Les êtres organisés se reproduisent assez généralement à des époques fixes ; il semblerait que ces époques s'effacent plus ou moins , scion l’organisation plus ou moins parfaite des individus.

(2) Correspondance mathématique et physique , tom. Il , pag. 286.

a„ SUR LES NAISSANCES, DÉCÈS, ETC.,

de la statistique ; il ne faut que savoir les lire. Les époques des mariages, plus ou moins nombreux, sont encore des motifs qui doivent modifier nos résultats , et même d’une manière plus puissante que je ne l’avais pensé d’abord. Cette observation peut se faire d’une manière assez curieuse en examinant le tableau suivant, qui a été dressé pour Paris et pour les années comprises entre 1 670 et 1 787, c’est-à-dire pour plus d’un siècle ('). Malgré les irrégularités que doivent apporter dans les résultats, les mouvemens d’une population qui augmente surtout vers les approches de l’hiver, ainsi que les changemens qu’ont subis pendant plus d’un siècle, les institutions civiles et sociales, on reconnaîtra fort bien que le maximum des conceptions a eu lieu pendant les mois d’avril, de mai et de juin. On reconnaîtra aussi que les mariages, moins nombreux pendant le carême, ont diminué le nombre des conceptions. Mais cette diminution semble tenir plus encore des habitudes religieuses; car on ne remarque pas que le peu de mariages du mois de décembre, ait eu la même influence (1 2).

(1) Recherches statistiques de Paris, vol. II et III.

(2) Pendant l’impression de ce Mémoire, nous recevons de M. Villermè une Notice sur la fécondité dans la ville de Paris , où ce savant énonce une opinion entièrement semblable à la notre : « Les époques du maximum et du minimum des mariages, n’ont point d’inlluence bien marquée sur la distribution des conceptions. On dirait que l’entrée des nouvelles femmes dans la classe de celles qui peuvent devenir enceintes, n’augmente pas la proportion, je ne dis point le nombre, de celles qui le deviennent.... Le très-petit nombre de naissances du mois de décembre , qui a pour neuvième antécédent le mois de mars , est l'effet des abstinences du carême. »

BAINS LE ROYAUME BES PAYS-BAS

MOIS

NAISSANCES

CONCEPTIONS. MARIAGES. (l)

Janvier .

Février .

Mars .

Avril .

Mai .

Juin .

Juillet .

Août .

Septembre .

Octobre .

Novembre ....

Décembre .......

Naissances pendant le jour.

D’après les singuliers rapports qui existent entre les saisons et les nombres des naissances, M. Fillermè a eu la curiosité de rechercher s’il n’existait pas aussi une plus grande facilité de naissances pendant certaines heures du jour. Ayant eu communication des résultats recueillis pour lui, à l’hôpital de la Maternité de Paris, j’ai tâché de m’en procurer de semblables pour Bruxelles. Je les ai obtenus sans peine de M. Guiette , docteur en médecine, attaché à la maternité de l'hôpital St.-Pierre; ce sont les résultats de onze années d’observations, depuis 1 8 1 1 jusqu’à la fin de 1822. Je les ai communiqués depuis à M. Villermè , qui les a trouvés parfaitement analogues aux résultats obtenus à l'hôpital de la Maternité de Paris. Quoique ces ob-

(1) On conçoit qu’il ne faut considérer dans ccs nombres que les i?ap*» ports.

SUR LES NAISSANCES , DÉCÈS , ETC

servations soient peu nombreuses, je les consigne ici à cause de l’intérêt qu’elles présentent. On trouve en même temps l’indication du nombre des enfans mortsnés. Le total s’élève à 2,680 naissances dont 1,408 masculines et 1,272 féminines. On s’étonnera peutêtre de trouver si peu de naissances entre 1 1 heures et minuit, on croit pourtant pouvoir garantir que les annotations ont été faites soigneusement. On conçoit que l’utilité de pareilles observations doit nécessairement dépendre de leur extrême exactitude.

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