‹ Recherches statistiques sur le Royaume des Pays-BasChapitre 65 sur 109 · NOMBRE MOYEN DES DÉCÈS DE · texte numérisé non relu

NOMBRE MOYEN DES DÉCÈS DE

PROVINCES. — m"~ — ^

par

Flandre occid.

39 hab.

Brabant .

Flandre orient.

Luxembourg (l 2).

Limbourg. . . .

Anvers .

Liège .

Namur .

Le royaume . .

Il est donc mort pendant les dernières années, environ 1 individu par 43 habitans. Ce rapport était pour la France de 1 à 40, et pour l'Angleterre de 1 à 57,8.

11 se présente ici une circonstance bien remarquable, et qui avait déjà été signalée (3) : c’est que

(1) La population est probablement trop petite, et la mortalité semblerait devoir êLre moindre que ne l’indique le rapport.

(2) La moyenne du royaume est prise pour 1825 , 26 et 27.

(3) Recherches statistiques sur le royaume des Pays-Bas , par A. Quetelet.

nous avons quelques provinces dans lesquelles la reproduction et la mortalité des hommes sont notablement plus grandes que dans d’autres. Ainsi, le Brabant et les deux Flandres, sont les provinces où, toutes choses égales, il meurt et il naît le plus d’individus ; tandis que le contraire arrive à l’égard de la province de Namur. Cette différence pouvait être attribuée d’abord à une estimation fautive de la population, mais aujourd’hui que ce terme de comparaison a été établi d’une manière sûre , elle acquiert plus d’importance aux yeux de l’observateur.

La province de Namur est, par rapport à nos trois provinces les plus populeuses, dans la position favorable où se trouve l’Angleterre, quand on la compare à notre royaume. « La Grande-Bretagne produit moins que notre pays, mais les fruits sont plus durables; elle donne le jour à moins de citoyens , mais elle les conserve mieux. C’est par là que ce pays prend de si grands accroissemenns de population, et ces accroissemens sont entièrement à son avantage, car, si la fécondité y est moindre, les hommes utiles y sont plus nombreux , et les générations ne se renouvellent pas aussi souvent au détriment de la nation. »

cc L’homme, pendant ses premières années, vit aux dépens de la société; il contracte une dette qu’il doit acquitter un jour; et s’il succombe, avant d avoir réussi à le faire, son existence a été pour ses concitoyens plutôt une charge qu’un bien. Veuton savoir ce qu’il en coûte, prenons les prix les plus

ET LA MORTALITE DE L’HOMME

bas : je trouve que., depuis la naissance jusqu’à l’à^e de 12 à 16 ans, tous les frais d’entretien d’un enfant dans les hospices du royaume, s’élevaient en 1821 , dans leur valeur moyenne, à f 524-66 3 conséquemment tout individu qui échappe à l’enfance, a contracté une espèce de dette dont le minimum est de f 524-66, somme payée par la société pour l’entretien de l’enfant qu’on abandonne à sa charité. Or, il naît annuellement dans les Pays-Bas au delà de 210,100 enfans, dont 9/20 sont enlevés avant d’avoir pu se rendre utiles 3 ces 94,500 infortunés peuvent être considérés comme autant d’amis étrangers, qui, sans fortune, sans industrie, sont venus prendre part à la consommation, et se retirent ensuite sans laisser d’autre trace de leur passage , que de tristes adi'eux et d’éternels regrets. La dépense qu’ils ont occasionnée , sans tenir compte du temps qu’on leur a consacré , représente la somme énorme de près de 50 millions de florins, c’est-àdire , prés des deux tiers des revenus de l’Etat. Si l’on considère d’une autre part les douleurs que doivent exciter de pareilles pertes , douleurs que ne pourraient compenser aucuns sacrifices humains , on sentira combien ce sujet est digne d’occuper les méditations de l’homme d’état et du philosophe vraiment ami de ses semblables. » ( Recherches statistiques sur le Pwy. des Pays-Bas ). On ne saurait trop le répéter, la prospérité des états doit consister moins dans la multiplication que dans la conservation des individus qui les composent.

Si nous passons maintenant à la considération de l’influence qu’exerce sur la mortalité le séjour des villesou des campagnes, nous obtenonsles résultats suivans :

NOMBRE MOYEN des décès.

HÀBITANS POUR I décès.

Villes . 27026 36,9

Communes rurales. 65265 46,9

On voit que la mortalité est beaucoup plus grande dans les villes que dans les campagnes ; le rapport des décès est d’environ 4 à 3.

Quant à la différence de mortalité entre les hommes et les femmes, elle semblerait devoir être en rapport avec la différence des naissances pour les deux sexes 5 on a cependant, en désignant par 1000 les décès des hommes:

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