VIII. Influence des âges sur la mortalité
De toutes les causes qui modifient les qualités physiques et morales de l’homme , il 11’en existe
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aucune qui exerce une influence plus grande que lage. Cette influence est universellement reconnue, cependant on n’avait encore cherché à apprécier avec quelque exactitude ses effets , que sur la mortalité. Haîey en avait donné en 1693 , le premier exemple en calculant les tables de mortalité pour Breslaw ; mais il ne paraît pas qu’on ait pensé depuis à mesurer les effets que produit l’âge nonseulement sur les facultés physiques de l’homme, telles que la taille, le poids, la force, etc., mais encore sur son penchant au crime , le développement de sa raison , et sur ce qui se rapporte à ses autres qualités morales et intellectuelles (I). Ce n’est même que dans ces derniers temps que l’on a commencé à introduire dans les tables de mortalité la distinction des sexes. La France ne possède pas encore de table où cette distinction soit introduite, et toutes les sociétés d’assurances continuent à baser leurs calculs sur l’hypothèse que la mortalité est la même pour les deux sexes. Cependant , les Anglais ont senti le besoin d’introduire à cet égard des réformes dans leurs sociétés d’assurances , et M. Finlaison, secrétaire pour la dette nationale, a fort bien montré qu’il devient nécessaire de tenir compte de la mortalité plus grande des hommes.
(1) Voyez deux Mémoires sur ce sujet: Recherches sur la Croissance de V Homme aux diffèrens âges et Recherches sur Le Penchant au crime aux difftrens âges ; par A. Quetelet. Bruxelles , chez Hayez ; 1831
Les tables qui sont présentées ici ne contiennent pas seulement la distinction des sexes, mais elles font, pour la première fois, une distinction entre le séjourdes villes et celui des campagnes. Déplus, on a pris soin d’indiquer la mortalité pendant les premiers mois qui suivent la naissance. Les données qui ont concouru à la formation de ces tables, ont été recueillies avec soin et pendant trois ans sur les registres de l’état-civil du royaume. Afin de rendre les résultats comparables , on a pris une même base , et calculé la mortalité en supposant 10,000 naissances pour chacun des deux sexes, dans les villes et les campagnes. Une cinquième table fait connaître la mortalité dans le royaume sans avoir égard aux distinctions qu’établissent les premières.
A la seule inspection de la table, on s’aperçoit que la vie probable , après la naissance , est en général de 25 ans, c’est-à-dire, qu’à l’âge de 25 ans, le nombre des enfans qui sont nés en même temps, se trouve réduit de moitié. En faisant la distinction des sexes , on trouve la vie probable des filles, plus longue que celle des garçons; elle est en effet de plus de 27 ans dans les campagnes, et de plus de 28 dans les villes; tandis que poulies garçons, elle est de moins de 24 ans dans les campagnes, et de moins de 21 ans dans les villes.
C’est vers cinq ans que la vie probable est la plus longue, quels que soient le sexe et le lieu de séjour; à cette époque, la vie probable est de 51 ans pour les femmes des villes et les hommes des
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campagnes 3 et de 48 ans pour les femmes des campagnes et les hommes des villes.
On peut déjà se faire une idée des dangers qui entourent l’enfant , puisque au moment de sa naissance , il y a un contre un à parier qu’il ne parviendra pas à l’âge de 25 ans 3 et dès qu’il a atteint sa cinquième année , on peut parier un contre un, qu’il atteindra l’âge de 50 ans. Cet âge de 5 ans est extrêmement remarquable dans l’histoire naturelle de l’homme 3 à mesure qu’on s’en éloigne , la vie probable devient de plus en plus courte 3 ainsi , à l’âge de 40 ans , elle est de 27 ans pour les habi tans de campagnes et les femmes des villes , et de 25 ans pour les hommes des villes 3 pour les sexagénaires , elle est de 12 à 13 ans 3 enfin , pour les octogénaires , elle est de 4 ans seulement.
On peut dire communément, que la vie probable aux différentes époques de la vie, est à peu près exactement la même après l’âge de cinq ans , pour les femmes, en général* et pour les hommes des campagnes , quoiqu’on remarque facilement des époques critiques pour les uns et pour les autres 3 mais elle est moins grande pour l’homme qui habite l’en ceinte des villes. Cette mortalité plus forte tient sans doute aux dérangemens et aux excès de toute espèce , auxquels l’homme des villes est sans cesse exposé. Nous aurons occasion de l’examiner de plus près, en parlant des âges critiques 3 nous comparerons d’abord les données du tableau précédent aux tables de population.
HOMMES ET FEMMES
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AGE