‹ Recherches statistiques sur le Royaume des Pays-BasChapitre 7 sur 109 · D’AMSTERDAM · texte numérisé non relu

D’AMSTERDAM

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HOMMES

FEMMES

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28 SUR LES NAISSANCES, DÉCÈS,. ETC

En substituant aux nombres des figures qui peignent , pour ainsi dire, la loi de la mortalité , on trouve des lignes qui ne s’écartent pas sensiblement de celles qu’on a construites dans plusieurs autres pays.

Si l’on cherche quelle est la vie probable, c’est-àdire, le nombre d’années après lequel la probabilité d’exister et celle de ne pas exister sont les mêmes, on trouve que ce terme , à compter de la naissance , tombe à Paris entre 8 et 9 ans; à Londres, un peu avant 3 ans; à Vienne, un peu avant 2 ; un peu après, à Berlin : tandis que pour Bruxelles, ce terme tomberait vers 2 r ans pour les garçons, entre 26 et 27 pour les filles, et après 23 ans, quand on ne fait aucune distinction de sexes, et pour Amsterdam, après 24 ans pour les garçons et après 34 pour les filles. « La table de X annuaire, moyenne pour toute la France, le place entre 20 et 21 ans; celle d’Angleterre, entre 27 et 28; celle de Brandebourg, entre 20 et 26; celle de la Hollande à 3 1 , et celle de Suisse, à 41 ans. Cette prodigieuse différence entre les campagnes et la ville, ne saurait être attribuée qu’aux suites de l’extrême misère, à la malpropreté, au resserrement des demeures et à 1 insalubrité qui en est la conséquence dans les capitales (»). » Cette grande disproportion ne peut-elle pas tenir encore à une loi de la nature, qui permet d’autant moins à une population de se multiplier, que le

(') Voyez le calcul des probabilités par M, Lacroix , à qui nous empruntons la plupart de ces données.

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terrain qu’elle couvre, est déjà plus peuplé. Nous ignorons les moyens qu’elle emploie pour parvenir à ces fins ; nous ne savons si le principe destructeur se trouve dans l’air meme que nous respirons; mais à en juger par les effets, il en est de nous à peu près comme des arbres d’une foret, qu’on ne saurait multiplier au-delà de certaines limites dépendantes de la surface du sol qui les nourrit. Il est à remarquer d’ailleurs que la mortalité la plus grande atteint, surtout les enfans au moment où ils entrent dans la vie.

Dans l’hypothèse d’une population stationnaire, à l’âge de 5 ans, la vie probable est à son maximum à Bruxelles; elle est de plus de 4 4 ans pour les garçons, et de plus de 47 pour les filles : quand on ne fait aucune distinction de sexes, elle est d’environ 45 ans et demi. A l’âge le 3o ans , la vie probable est encore de 32 ans; à l’âge de 5o, de 18; et à l’âge de 70, d’environ 7 ans.

A l’âge de4o ans, la vie probable est à Paris, de plus de 21 ans; en France, terme moyen, 23 ans; en Hollande, 26; à Londres, 18; à Vienne, plus de 19 ans; à Berlin de même; en Suisse, près de 25. A Bruxelles, la vie probable à la même époque, est d’environ 23 ans, pour les hommes, de près de 26 pour les femmes, et d’environ 2.4, quand on ne fait point de distinction de sexes. A Amsterdam, elle est de moins de 22 ans, pour les hommes et de plus de 25 pour les femmes.

Selon Price , la probabilité de parvenir à 80 ans,

5<i SUR LES NAISSANCES, DÉCÈS, ETC.,

est de JL dans le pays de Vaud, ~ en Brandebourg, J à Breslaw, JL à Berlin, JL à Londres, L à Vienne.

À Bruxelles, nous trouvons que cette même probabilité a pour valeur JL pour les hommes, JL pour les femmes, et LL quand on ne fait point de distinction de sexes.

On pourra, au moyen de nos tables, pousser ces rapprochemens plus loin, et l’on trouvera presque toujours que la mortalité dans notre Royaume , est moins forte que dans les autres pays.

La table de mortalité dressée d’après les registres de la ville de Bruxelles, est calculée sur 14,261 décès. Quoique ce nombre d’observations soit assez faible , la table s’accorde cependant bien avec celle des pays voisins, et semblerait offrir des garanties suffisantes pour servir de table de mortalité provisoire. Je l’ai combinée depuis , avec deux autres dressées , l’une d’après 8,416 décès, observés pendant i5 ans à Maestricht (*), l’autre d’après 8,771 décès, recueillis par M. Lemaire sur les registres de l’état-civil de Tournai , et calculés sous ses yeux par M. si. Leschevain. J’ai fait disparaître les petites inégalités produites par des déclarations de décès portées en trop grand nombre sur certaines années, aux dépens des années voisines (* 2); et j’ai fait les calculs, en partant d’un nombre

(') Voyez Y Annuaire de la province de Limbourg, année 1824.

(2) Plusieurs personnes, par exemple, en faisant la déclaration d’un déccs, diront (lo ans au lieu de 5q ou 61 ans.

DANS LE ROYAUME DES PAYS-BAS

rond j oo?ooo. Voici les résultats auxquels je suis parvenu.

Table de Mortalité pour les provinces Méridionales des

Pays-Bas .

ANS

ANS

Je m’abstiendrai de déduire des conséquences de cette table; elles se présenteront assez d’elles-mêmes.

3a SUR LES NAISSANCES, DÉCÈS, ETC,,

Je me contenterai de faire observer qu’ici, comme dans les pays voisins; un peu moins du quart des enfans naissans, sont enlevés dès la première année; et que la plus grande mortalité retombe surtout sur le mois qui suit la naissance. Voici les nombres que j’ai trouvés pour Bruxelles et pour les douze mois de la première année io44? 3go, 23 1, j 85, i56, i56, 162, i5a,i4o> '53, 142, «4o. Ainsi, il meurt plus d’enfans pendant les trois mois qui suivent la naissance, que pendant le reste de l’année; car ces nombres sont dans le rapport de ib65 à 1 384. Je trouve que les nombres correspondans, sont dans le rapport de 1764 à 693, pour Paris, et pendant l’année 1823 (*), les discordances entre ces deux rapports, mériteraient d’ètre observées attentivement; elles apprendraient sans doute des choses d’une utilité générale. En consultant les autres Annuaires tla bureau des longitudes , ainsi que les Recherches statistiques sur Paris , je trouve presque, partout qu’il meurt, pendant les trois premiers mois qui suivent la naissance, plus du double et près du triple des enfans qui meurent pendant le reste de l’année. De semblables remarques ont déjà été faites par d'autres écrivains, qui ont cru trouver la cause de la disproportion des décès dans l’habitude où sont les mères de nourrir elles- mêmes , ou d’abandonner leurs enfans à des nourrices. Voici ce que dit à cet égard , M. Benoislon de Châle auneuf ’, dans son excel-

(1) Annuaire, du bureau des longitudes , pour j8aG.

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lent ouvrage sur les enfans trouvés. « Il est vrai que pour conserver la vie des enfans, les soins font tout, et le climat rien ou peu de chose; que la Suisse et la Hollande sont les pays où il en meurt le moins. L’explication de ce fait, déjà remarqué par Muret , seraitelle dans l’habitude qu’ont toutes les mères , au pied des Alpes comme sur les bords del’Amstel , de nourrir elles-mêmes leurs enfans, nous l’ignorons; mais, nous dirons seulement qu’ayant été curieux de comparer la mortalité en nourrice avec celle des enfans élevés à Paris, nous avons eu le résultat suivant : sur cent enfans nourris par leur mère, il en meurt dix -huit durant la première année; sur le même nombre mis en nourrice, il en périt vingt-neuf. »

Hospices des enfans trouvés et abandonnés .

, Pour mieux faire ressortir les observations précédentes, je donnerai ici des renseignemens assez étendus sur les enfans trouvés et abandonnés : je les ai coordonnés avec soin, et j’en ai déduit le tableau suivant, qui donne les résultats moyens de huit années, savoir de t 8 1 5 à 1822. Ces résultats s’écartent généralement peu de ceux que chaque année donne en particulier.

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