FLAVIUS
Flavius qui vint ensuite prit le soin de cette église au temps de
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Mérovée ou Childéric en 481 et non pas 430 ou 447 comme disent Rouillard, le catalogue et quelques autres. Nous ne savons rien de ses actions et de son pontificat, sinon qu’il occupa le siège quatorze ans.
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Il est indiqué comme devenu notre quatorzième évêque par les uns en 48$ et par quelques autresen $1$, première année du règne de Clovis. Je ne discuterai pas ces dates différentes, rien n étant plus aisé que de trouver sur nos catalogues la date certaine de son entrée. L'examen de ces difficultés théologiques serait tolérable à propos d’un évêque dont on ne pourrait raconter les actions, mais ce serait ici perdre son temps et sa peine à propos de saint Solein, à qui l'élévation à cette dignité ne fut pas très agréable.
Sant Solein, né à Chartres de nobles parents chrétiens, possédait une doctrine aussi grande que sa piété était éclatante. Ayant rencontré un jour dans Chartres un aveugle sourd-muet tellement incommodé de tous ses membres qu’il pouvait à peine se soutenir, il ne put en le voyant s'empêcher de gémir. Par hasard ce pauvre malade disait en priant Dieu le verset Deus in adjutorium meum intende, Domine ad adjuyandum me festiva, ce qui, par un secret tout divin, incita saint Solein à se jeter à son côté. À peine l’eut-il embrassé et baisé que celui-ci se trouva aussitôt parfaitement guéri de toutes les infirmités dont il était atteint.
Ce miracle, et quantité d’autres que produisait sa sainteté, lui avaient acquis la faveur de tout le clergé et de tout.le peuple char- . train, et le roi Clovis, qui n'avait pas encore fait profession de la religion chrétienne, apprenant par la commune renommée le mérite de saint Solein, témoigna le désir, après la mort de Flavius, qu'il devint son successeur. Saint Solein, qui ne recherchait rien moins que d’être élevé à cette dignité, se sachant élu, se retira en une grotte où il resta enfermé trois jours. Au bout de ce temps, ayant appris que, parce qu’il ne paraissait pas, on avait mis à sa place un nommé Aventin, 1l se crut en sécurité et parut sans Crainte en public, mais aussitôt aperçu il fut contraint par force d’accepter cette
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dignité, et Aventin de se retirer à Châteaudun, dont l’archidiaconat lui fut donné, et où il acheva ses jours et fut enterré, ce qui a donné sujet de dire qu’autrefois il y avait eu un évêque à Chàteaudun. : | | Ce n'est pas une petite gloire pour Chartres, première ville de la chrétienté où le Sauveur qui devait naître d’une Vierge a été adoré, d’être aussi la première où le roi des Français, premier roi chrétien, a recu les instructions du christianisme. Alors que sa femme Clodilde s’efforçait de l’éloigner de l’adoration des idoles et de lui faire adorer le vrai Dieu, l'incident suivant servit plus que tout à faciliter sa conversion.
Clovis se trouvant à Chartres pour y rassembler une armée destinée à refouler les Allemands qui faisaient la guerre aux Francais, leurs alliés, de la gloire desquels ils étaient jaloux, un jour quelques princes de sa suite, entrés à l’église à l'heure des matines, entendirent chanter ce verset du psaume de David Apprehende arma et scutum, et exurge in adjutorium mihi, en prenant bon augure comme s'adressant au roi, ils lui en donnèrent avis, le persuadant que cette prière des chrétiens, qu’ils avaient fortuitement entendue dans leur église, était un bon présage de l’heureux succès de l’entreprise qu'il préparait et à laquelle il allait s’acheminer. Le roi, pour être mieux éclairci de la signification de cette heureuse et favorable rencontre fit venir vers lui l’évêque. Ce saint personnage ayant appris du roi son dessein d'aller faire la guerre lui dit quil avait moins besoin, pour se rendre fort, d’un grand appareil de guerre, que de revêtir les armes de Jésus-Christ avec lesquelles 1l n’yavaitennemis qu'il ne pût surmonter, que ces armes étaient le signe de la croix auquel rien ne pouvait résister, que s'il voulait embrasser la religion chrétienne il en reconnaitrait les effets. Prenant de là occasion de lui parler de notre croyance, l'ayant exhorté à l’embrasser et fait promettre, s’il obtenait la victoire, de se faire baptiser à son retour, le prélat lui donna sa bénédiction. Clovis ne tarda guère à marcher contre ses ennemis et leur livra une furieuse bataille où, voyant qu'il avait du pire, se ressouvenant des admonitions de sa femme Clotilde et n'oubliant pas l’avis que lui avait donné saint Solein, 1l fit vœu de se faire baptiser s’il obtenait la victoire. Dieu
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ayant fait droit à ses prières, le sort des armes le favorisa à l’heure même et il défit tous ses ennemis. La reine ne perdit pas cette occasion, elle fit venir saint Solein et saint Denis qui, assistés de la grâce de Dieu, firent résoudre le roi à s'acquitter de sa promesse et l’instruisirent avec tant d'efficacité qu'il se fit baptiser en la ville de Reims avec quantité des plus grands de la cour et la meilleure partie de son armée.
Je ne suis pas surpris que les anciens bréviaires de Chartres portent que cette guerre se faisait contre Alaric, parce que quelques auteurs avancent qu'il assistait les Allemands de ses troupes, et que Viguier, en sa Bibliothèque ne veut pas contredire cette Opinion, mais je trouve étrange que la dernière édition des Bréviaires de M. de Thou ait ajouté que cette conversion de Clovis se fit après la victoire qu'il remporta contre Alaric et qu'il eut chassé les Visigoths de la Gascogne et du Languedoc, parce qu'il est certifié par tous les historiens qu’à l’époque de cette guerre contre Alaric il y avait déjà dix ans que Clovisétait chrétien, puisqu'il s'était fait baptiser en 499, la quinzième année de son règne, après la victoire qu'il remporta sur les Allemands à Tolbiac auprès de Toul, et qu'il ne gagna celle contre Alaric qu'en $09, vingt-cinquième année de son règne, en un territoire nommé Vogledin. Gazet, en la Vie de saint Solein, s’est bien gardé de tomber en cette faute, et, afin de l’éviter, fait mention de deux guerres que Clovis soutint contre Alaric, en ajoutant que ce fut pour la première que le roi, se rendant aux exhortations de saint Solein, se convertit.
Les derniers bréviaires ajoutent qu'après avoir gagné la bataille sur le conseil de saint Solein, Clovis qui avait résolu de faire édifier au faubourg de Paris une église en l'honneur de saint Pierre et de saint Paul, princes des apôtres, auxquels toutes les églises étaient dédiées, fut depuis incité de s’acquitter de sa promesse et de la faire construire par les prières de sainte Geneviève dont elle porte à présent le nom, et cela avant de marcher contre Alaric, rencontre malheureuse s’il est vrai, comme l’avance Gazet, qu'elle fut cause de la mort de saint Solein. Clovis ayant résolu d’exterminer Alaric, envoya devant lui saint Solein en la ville de Tours, dans le but sans doute d'y prier en son nom sur le tombeau de
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saint Martin, en grande dévotion alors, comme depuis, les rois ses successeurs ne partant pas en guerre sans avoir préalablement imploré le secours de ce saint. Pendant son voyage de Touraine, notre évêque fut saisi d’une grosse fièvre qui entraîna sa mort le 24 décembre 495. Son corps fut enseveli en une abbaye située à Mailly près Tours et transporté à Blois en une église qui lui fut dédiée. Il doit se trouver là une erreur puisque, tous nos catalogues portant que saint Solein a été trente et un ans évêque de Chartres, il serait mort non pas en 495 mais en $1$. Sévère le fait aller jusqu’à l’année 525.
Le martyrologe romain dressé par Baronius indique la mort de saint Solein au 25 septembre comme arrivée à Blois, où sont ses reliques, ce qui n’est pas croyable, puisqu’en l’église de Chartres on croit avoir toujours eu le corps de saint Solein qui, autrement, se serait trouvé à Blois, lorsque son église fut ruinée par ceux de la religion. Pour ce qui est de sa sépulture à Mailly, Gazet a voulu suivre saint Grégoire qui dit avoir vu de son temps à Mailly un sépulcre du saint du même nom. Que ce sépulcre soit ou non celui de notre saint Solein, la facon dont saint Grégoire dit quil fut trouvé mérite d’être rapportée. Sous de vieilles masures d’un monastère situé au haut de la montagne de Mailly, se trouvait une grotte ignorée, et toutes les nuits du dimanche les habitants apercevaient en ce lieu une lumière sans savoir d’où elle procédait ni ce que signifiait ce mystère ‘auquel on prêtait une origine divine. Un jour deux possédés, sortis de l’église de Saint-Martin de Tours, vinrent en ce lieu et frappant des mains se prirent à crier que là reposait, dans une grotte, le très heureux corps de saint Solein, qu'il fallait découvrir le tombeau de cet ami de Dieu, et que lorsqu'on l'aurait trouvé, on se parât d'ornements, que l’on allumât des chandelles et qu'on lui rendit l'honneur qui lui était dû, ajoutant que si on agissait ainsi 1] en adviendrait une Chose très avantageuse à la religion. Après avoir proféré ces paroles à très haute voix ils s efforcèrent eux-mêmes de fouiller la terre avec leurs ongles. À ce discours les habitants prirent leurs outils et découvrirent une grotte et, au bas de quelques degrés, un sépulcre que ces deux possédés, l’esprit encore troublé de leur mal, assurèrent être celui de saint
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Solein. Délivrés alors des esprits quiles possédaient, ils s’en retournèrent parfaitement guéris.
Au bruit de cette merveille accoururent de toute part des malades qui tous quittaient ce lieu après avoir recouvré la santé. Un homme, tourmenté de fièvre quarte, après s’être muni de cierges dans une chétive hôtellerie située près de là et avoir passé la nuit entière à prier sur ce tombeau, s’en retourna au matin et ne ressentit depuis aucune atteinte de son mal. Voici ce que saint Grégoire écrit de la découverte du corps de saint Solein que l’on a pu croire être celui de notre évêque, parce que le lieu où on le trouva était entièrement ruiné. De là il fut porté à Blois, comme en un des principaux lieux de son évêché, où, pour honorer ses reliques, a été bâtie une église qui se voit encore aujourd’hui.
Tous les auteurs parlent avantageusement des mérites de saint Solein. Sigebert dit qu’en 490 il était en grande réputation pour le soin et le courage qu'il déployait à prêcher la foi de Jésus-Christ aux Français; Vitriarius qu'en 484 il était déjà célèbre pour sa sainteté; Viguier, en sa Bibliothèque historiale, rapporte de lui ce qu'en dit Sigebert, mais en 484. Pithon, en son Recueil des évêques de Troyes, rapporte un passage de l’histoire de saint Euverte, évêque d'Orléans, qu’il dit être de 350, après lequel il est fait mention de saint Solein : ordinationi autem beatissimt antistitis Euvertit interfuerunt episcopt multi, Valerianus Antissiodorencis, episcopus natione gallus cum ceteris episcopis sancto Severino Senonenst, sancto Solemni Carnotensi, sancto Juliano Tricastino, venerabili episcopo Meldense, venerabili episcopo Parisienst sancto Marcello. La grande distance entre les temps de tous ces évêques rend ce témoignage suspect.
MM. de Sant-Maur placent après Solein un autre Aventin, qui, dans les vieux mémoires, est assez mal qualifié archidiacre de Dunois seulement, qui a souscrit aux canons du concile d'Orléans en SIT.
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Saint Éthère fut fait évêque de-Chartres après la mort de saint Solein, sous Clotaire, selon nos catalogues, alors que ce devrait
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être sous Childebert, roi de Paris, qui commenca son règne en même temps que Clotaire, son frère, roi de Soissons, l’an $15, ce qui a fait croire que la ville de Chartres était du royaume de Soissons. Le bréviaire en a fait de même en la vie de saint Laumer. Le royaume de Soissons comprenait le Vermandois, la Picardie, la Flandre et la Normandie. Ethère était saint et il eut, durant son pontificat, le bonheur de recevoir de Dieu la révélation de l'endroit où étaient les corps de saint Prest et de ses compagnons. Il me faut ici m'arrèter un peu à décrire ces saints personnages, ayant eu l’honneur de fréquenter la maison des seigneurs actuels du village où les corps de ces saints furent trouvés.
Les archives de Chartres portent que sous l'empire d'Aurélien, environ l’an 275, lorsqu'il renouvela en dernier lieu les édits antérieurs contre les chrétiens, il y avait en la ville de Sens, comme président, un nommé Alexandre qui, pour satisfaire à la volonté de l’empereur, cherchant où il pourrait trouver des chrétiens, rencontra dans un village près Auxerre, nommé Corial, une grande troupe conduite par saint Prest qui chantait les louanges de Dieu. Reconnaissant à cela leur religion, le gouverneur de la province ordonna à ses soldats de les faire tous mourir, principalement saint Prest, comme plus éminent. Celui-ci eut la tête coupée et son corps, ainsi que ceux de la plupart de ses compagnons, furent jetés dans un puits. Un de ces chrétiens, qui avait échappé à la première fureur des Romains, prit la tête de saint Prest, l’emporta, pensant la sauver, à travers les détours les plus secrets de la forêt. Rencontré par des soldats en embuscade, il fut mis à mort, et son corps, avec le chef de saint Prest, enterré en ce lieu qui n’était pas très éloigné d'Auxerre. Saint Germain les y ayant trouvés 1 $o ans après, bâtit en ce lieu un monastère qui resta debout jusqu'à l’époque des guerres des Vandales où il fut ruiné. Quant au chef de saint Prest il fut déposé à quatre lieues d'Auxerre, et, lors des guerres entre les Gaulois. et les Bourguignons, transporté avec les autres reliques de ses compagnons à Orléans, et depuis au pays chartrain dans le village dénommé encore aujourd’hui Saint-Prest, situé sur la rivière d'Eure. Après être restés bien longtemps cachés en ce lieu, Dieu
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ayant donné la connaissance de ces saints corps à Ethère, évêque de Chartres, celui-ci les fit exhumer, fit bâtir au lieu même la chapelle qui se voit encore à présent et qui depuis a été accompagnée d'une plus grande église où s’assemblent tous les habitants de la paroisse. Bien qu’on prétende que ces corps ont depuis été portés en l’abbaye de Jouarre, au diocèse de Meaux, les habitants croient qu’ils sont encore dans de vieux tombeaux élevés dans la chapelle. Il y a plus d'apparence que ce sont les tombeaux des anciens seigneurs de Saint-Prest qui, soit qu'ils furent de la famille de ce saint, soit qu’ils eussent autrefois fait bâtir et fondé cette église, en portaient le nom; noble famille, autrefois puissante dans le pays, qui s’est éteinte en la personne de Denise de Saint-Prest, mère du feu seigneur de Villiers-le-Morhier, laquelle vendit cette terre à Claude de la Croix, écuier, seigneur de Gasville, Morvilhers et Orangy, duquel est descendue Marie de la Croix, ma femme.
Revenant à notre sujet disons qu’Ethère assista au deuxième concile d'Orléans en 533. S'il en est ainsi, il y a bien du mécompte dans tous nos catalogues qui, presque tous, accordent dix ans à l'épiscopat d'Ethère; Chenu lui en attribue seize et Sévère vingt, le faisant commencer en $27 et finir en $47, date du concile d'Orléans.
Chenu commet un pareil anachronisme quand il met Flavius au nombre des prélats qui assistaient au deuxième concile d’Orléans en 533, lui fait régir son évêché trente-cinq ans, et lui donne pour successeur en $34 Pretextat qui, par conséquent, n’y aurait pu assister. Dadré, en la chronologie qu’il a donnée des mêmes évêques, augmente encore le doute en mettant Énodius en $20, entre Flavius et Pretextat qu'il fait entrer au siège en cet an $20, d'où résulte qu'il aurait encore moins assisté au deuxième concile d'Orléans même sil avait été tenu en 533 comme le veut Sévère. MM. de Sainte-Marthe, en leur Gallia christiana, disent qu'Éthère à signé au troisième synode d'Orléans en 538 et au quatrième tenu en $41, quil fit bâtir l’église de Saint-Prest et qu'il y mit les reliques de ce saint. ;
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JOUI-NSAINTLEURBINS
Saint Lubin, selon nos catalogues, succéda en 525 à Éthère, ce qui n'est pas exact si son prédécesseur a assisté aux deuxième, troisième et quatrième conciles d'Orléans, tenus, comme il est remarqué, longtemps après. Sévère ne le place qu'en $48. Quoi qu'il en soit, ce digne prélat ayant par sa bonne vie, sa doctrine, ses miracles, mérité d’être saint dans l’Église, il nous importe davantage de savoir par quels moyens Dieu l’a élevé à cette gloire, que la durée de son épiscopat, qui nous serait de moindre édification. Originaire du Poitou, saint Lubin était né de parents de petite condition, mais gens de bien. Malgré son grand désir d'apprendre les bonnes lettres, soit que ses parents n'eussent pas le moyen de lentretenir aux écoles, soit qu'il ne se soit pas trouvé de précepteur à proximité, 1l n'avait pu étudier. Un jour qu'il gardait les bœufs dans une pâture, voyant passer un moine, du nom de Nomségil, 1l le pria, d’après le vieux bréviaire manuscrit de saint Cheron, de lui écrire les lettres de l'alphabet afin qu’il puisse apprendre à les connaître, mais comme il n'avait ni papier, ni tablettes, le moine ne put les tracer que sur sa ceinture. Son père, prévenu par ce fait de . son envie d'apprendre, lui fit alors transcrire sur des tablettes les lettres de l'alphabet qu'il apprit très vite, fut en peu de temps capable de lire toutes sortes de livres et acquit une grande capacité. Apprendre à bien vivre et à connaître Dieu constituait sa principale étude qui ne le détournait pas du soin de labourer la terre et de gouverner ses bestiaux. Menant de front la culture des champs et celle de son esprit par les livres, la force que lui procurait son travail manuel disposait son corps à supporter les austérités d’un monastère et à pratiquer les règles de la plus sévère obéissance, tandis que l’étude le préparait à remplir dignement la fonction à laquelle il serait appelé, l’instruisant à bien diriger les âmes dont 1l aurait la charge et dans lesquelles il devrait faire germer les semences de la vraie piété et les repaître des saintes prédications d’une céleste nourriture. Quand il eut fait quelques progrès dans les sciences, 1l