FROTBOLDE
Loup de Ferrières parle de lui en sa 99° épitre. Il signa avec les autres suffragants une épitre de Venilon, archevêque de Sens, au clergé de l’église de Paris. De son temps la ville de Chartres fut assiégée par les Danois et les Normands qui, connaissant la faiblesse du roi Louis le Débonnaire, entrèrent en France sous la * conduite de Thair-Coste-de-Fer et de Hastings, homme cruel, son principal conseiller. Après avoir ravagé le Vermandois, ils continuèrent par Paris, Tours, assiégèrent Chartres, défendue seulement par ses habitants et son évêque, et la brulèrent. Ce fut cet évêque qui excita Charles le Chauve à faire transporter en l’église de Chartres là sainte chemise de la Vierge qui était à Aïx-la-Chapelle. Charles le Chauve fit la paix avec Hastings auquel il fit don, selon quelques auteurs, du comté de Chartres; selon d’autres, du comté de Bloys où 1l fit bâtir un château. Frotbolde tint le siège quatorze ans, et, pour avoir perdu la vie en luttant contre les infidèles, fut mis au rang des saints comme martyr.
4$. — GISLEBERT.
Cet évêque nommé Galenerus, Gislebestus ou Galterus, employa tout son revenu à rétablir les ruines qu'Hastings avait faites en l’abbaye de Saint-Père et fit beaucoup de bien à ses religieux. Son nom figure avec celui de plusieurs évèques au bas d’une épitre synodale adressée à Venilon, métropolitain de Sens. Le nom de saint
272 LES ÉVÉQUES
lui est attribué par certains martyrologes. Ce fut lui qui chassa Rollon, duc des Normands, avec la chemise de la Vierge, d’après le catalogue ‘inséré aux œuvres de saint Fulbert, qui fait commencer son épiscopat, qui dura douze ans, en l’année 853.
Notre vieux catalogue ne mentionne pas Gilebertus, met à sa place Gerardus et ne dit rien de lui. D’après MM. de Sainte- Marthe il aurait assisté à plusieurs synodes tenus à Toul en 850, à Florence en 860, à Soissons en 866, à Troyes en 867, à Pontigon en 876, dans lequel il y a une épitre de la même année, qui lui est écrite par le pape Jean pour Maldagerus, où il est dit rempli de vertus spirituelles, au second de Troyes en 878, comme on le voit dans les anciens conciles de la France du père Sirmond. Hincmar parle de lui en ses épitres 2 et 3 et il est mentionné dans l’Aganus de Saint-Père où il est dit que Gilebertus, voyant le petit nombre de religieux restés en cette abbaye, à cause du peu de biens qu'Elie et les païens y avaient laissé après l'avoir pillée, s'employa à soulager leur misère ; et, afin de rétablir le trésor et le revestiaire de l’abbaye et leur donner le moyen de mieux servir Dieu, leur donna deux métairies et un lieu près du monastère. À Ja fin du premier don il avait écrit qu'il donnait ses métairies aux frères religieux qui lui demandaient de quoi vivre, et, pour qu'ils en puissent jouir après sa mort, il déclare l’avoir signé de sa propre main pour obliger ses successeurs à faire la même chose. Sa signature Gislebertus, humble évêque de Chartres, est accompagnée des signatures de quelques autres évêques et d’un abbé de Ferrières.