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LOT: NICOLAS DE THOU

De la famille des de Thou fort réputés à Paris, fils de Augustin, président au parlement de Paris, proche parent de Claude de Harlay, oncle du très illustre Auguste de Thou, aussi président de la Cour, tous très vertueux et très savants, et frère de Christophe, premier président au même parlement, auquel il était lui-

326 LES EÉVEQUES

même conseiller d'église et .en outre archidiacre et chanoine de l’église de Paris et trésorier de Beauvais, Nicolas de Thou fut sacré évêque de Chartres le jour de la’ fête de Saint-Pierre et Saint-Paul 29 juin 1573, en l’église Notre-Dame de Paris, par Charles, cardinal de Lorraine, et fit son entrée en la ville de Chartres le 31 octobre suivant.

Nicolas de Thou se donna entièrement aux devoirs de sa charge, et travailla beaucoup à rétablir son palais, ainsi que la chambre épiscopale où se tient l’officialité et à présent la justice temporelle de l’évêché. Le 22 janvier 1576, après vêpres, un des marguilhers de l’église y ayant été blessé jusqu’à effusion de sang par un scélérat, l’évêque déclara l’église polluée, ordonna de surseoir à la célébration du service divin, et le transféra dans la chapelle Saint-Nicolas jusqu’au 29 du même mois où il réconcilia l’église avec les cérémonies accoutumées. Le 24 mars de la même année, la violence d'un vent extraordinaire fit tomber le saint ciboire suspendu sur l'autel de Saint-André de Chartres, ce qui fit redouter quelque désastre aux habitants, parce qu'à ce moment, les Huguenots ou Calvinistes parcouraient et ravageaient la France, faisant partout de très grands dégats. En l’année 1578, toutes les vignes gelèrent et furent entièrement improductives. Cette même année, en février, un ecclésiastique ayant été appelé pour confesser un malade, en la paroisse de Pontgouin, où est la maison de campagne des évêques, très beau domaine de plaisance, on entendit, lorsqu'il s'approcha du malade pour entendre sa confession, le bruit d’un grand coup qui lui fut donné sur la joue sans qu'aucune main parut l'avoir frappé, et une épouvantable voix cria : hors d’ici, c’est ma proie.

Le 17 février 1594, 1lsacra le roi Henri IV, en son église, avec l’huile sacrée apportée de Tours par les chanoines de Saint-Martin, et fit lui-même un discours, qui a été imprimé avec les cérémonies de ce sacre, qui n'avait pu se faire à Reims, non encore dans l’obéissance du roi, à cause des guerres civiles.

Il tint à honneur de procéder lui-même au sacre, se refusant à ce que l'archevêque de Bourges, qui avait suivi le roi et prétendait faire cette cérémonie, en vertu de son patriarcat, l’emportât sur lui. Il écrivit la relation entière de ce sacre, qui est imprimée avec

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