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ÉTAT DES GAULES

mais, lorsqu'il ne s’en trouve pas de cette qualité ils ne regardent pas à infliger ces supplices à des hommes innocents.

Mercure est le premier de leurs dieux et ils lui élèvent un grand nombre de statues. Ils le regardent comme l'inventeur de tous les arts, le guide des chemins et des voyageurs et croient qu'il a un grand pouvoir de protection sur le commerce.

Après Mercure ils révèrent Apollon, Jupiter, Mars et Minerve. Ils ont de ces divinités à peu près les mêmes idées que les autres nations. Apollon guérit les maladies, Minerve enseigneles éléments des arts, Jupiter est le maître du ciel, Mars l'arbitre de la guerre. Souvent, lorsqu'ils ont résolu de combattre, ils font vœu de consacrer à Mars les dépouilles de l'ennemi; et, après la victoire, immolent le bétail qu'ils ont capturé. Ils déposent dans des lieux consacrés le reste du butin, et l’on peut voir en beaucoup de villes de ces espèces de trophées. Comme il arrive parfois qu'au mépris de la religion quelques-uns entreprennent de cacher et de recéler une partie du butin, ou de ravir quelque chose de ces dépôts, un très grand supplice et de très grandes tortures sont ordonnés contre le ou les coupables convaincus de ce crime.

Les Gaulois se vantent d’être descendus de Pluton qui était leur père et par cette considération mesurent le temps non par le nombre de jours, mais par celui des nuits. [ls calculent les jours de naissance ainsi que le commencement des mois et des années en choisissant la nuit pour point de départ.

Les Gaulois observent dans les autres usages de la vie une coutume bien différente de celle de toutes les autres nations : ils ne permettent pas à leurs enfants de les aborder en public avant d’avoir atteint l’âge de puberté, où ils sont en état de porter les armes et d'aller à la guerre; ce serait une honte pour un père de recevoir publiquement auprès de lui son fils en bas âge.

Les hommes mettent en communauté, avec la somme d'argent qu'ils reçoivent de leurs femmes à titre de dot, une somme égale à cette dot. L’estimation en est faite. On dresse de part et d'autre un état de ce capital et l’on en réserve les intérêts. Celui des deux époux qui survit à la part de l’un et de l’autre avec les intérêts accumulés.

Les hommes ont droit de vie et de mort sur leurs femmes, aussi bien que sur leurs enfants, et lorsqu'un père de famille issu d’une famille illustre vient à mourir, ses plus proches parents s’assemblent et, s'ils ont quelque soupcon sur sa mort, ses femmes sont mises à la question comme les esclaves ; si le crime est prouvé elles sont livrées au feu et aux plus cruels tourments. Les funérailles, relativement à la civilisation des Gaulois, sont magnifiques et somptueuses. Ils jettent dans le feu toutes les choses qu'ils croient que le défunt a aimées pendant sa vie, jusqu'aux animaux ; et César remarque qu’il y a peu de temps encore, pour lui rendre des honneurs complets, on brülait avec lui les esclaves et les clients qu’il avait aimés. |

Parmi les cités qui passent pour les plus habiles dans l’art d’administrer leurs affaires, c’est une loi sacrée que celui qui apprend, soit de ses voisins, soit par le bruit public, quelque nouvelle qui intéresse la cité, doit en avertir le magistrat sans en faire part à aucun autre. [ls savent que bien souvent des hommes téméraires et inhabiles s’effraient sur de faux bruits, se portent à des excès et prennent des résolutions extrêmes.

Les magistrats cachent ce qu'ils jugent convenable, et ne découvrent à la multitude que ce qu'il est utile de Iui dire. Il n’est permis de parler sur les affaires publiques qu'en assemblée générale. L'auteur ajoute que les coutumes des Allemands sont bien différentes de celles des Gaulois parce qu'ils n’ont ni Druides qui président à la religion, ni sacrifices.

Voilà ce que Jules César a écrit des Druides, de la religion, de l’état, des mœurs et des coutumes des anciens Gaulois. Les Chartrains ont droit d’y prendre part non seulement en ce qui regarde la religion et les Druides qui, sans doute, comme il le témoigne, habitèrent le pays chartrain, mais aussi en ce qui regarde les mœurs et les coutumes qu’on doit croire leur avoir été communes avec tous les autres peuples de la Gaule.

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