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SAINT-ANDRÉ

Remontant, d’après Rouillard, au temps des apôtres, cette église est grande, mais peu élevée. Le chœur et la nef sont environnés d'ailes, et, détail très particulier, le chœur, ainsi qu'une grande chapelle derrière sont bâtis sur deux voûtes ; sous la voûte du chœur passe la rivière, et sous la chapelle existe un chemin public par lequel passent les. harnais. Autrefois en dehors de la ville, cette église se trouve à présent dans son enceinte, de même qu'un de ses cimetières, auquel les murailles de la ville servent de clôture. Il existe dans cette muraille une voûte sous laquelle sont trois tombeaux en forme de cercueils, appelés les tombeaux des Trois-Pucelles.

Près de cette église existe une chapelle dédiée à saint Nicolas, reliée à l’église par une galerie couverte, qui, d'après quelques-uns, aurait été autrefois la paroisse, les fonts baptismaux y étant restés. Sous cette chapelle Saint-Nicolas, une grande voûte abrite une fontaine, dite fontaine Saint-André, qui fournit d'eau presque toute la ville. |

On prétend que Saint-André était autrefois un monastère gouverné par des abbés, et que Yves de Chartres y avait fondé un doyenné, mais Rouillard doute qu'il ÿ ait eu en aucun temps des religieux et que l’église ait été conventuelle, mais qu'au temps passé les églises étaient communément appelées monastères, comme fait Helgaud, dans la Vie du roi Robert, de toutes les collégiales fondées par ce prince, et en particulier pour Notre-Dame de Melun et Notre-Dame d'Étampes qui n’ont jamais été que collégiales, canoniales et séculières. En 101$, un nommé Hugues était doyen de Saint-André (Lettres de donation par Yves de Chartres, aux religieux de Saint-Jean-en-Vallée, de l’église collégiale de Saint- Nicolas de Courville). Yves mourut cette même année, et Geofroy lui succéda et fut sacré par le pape Pascal IT, qui, dans un bref adressé au clergé de Chartres, ordonne que l'abbaye de Saint-André,

tenue pour sa commodité par Yves, quelque temps avant son décès, soit laissée libre comme auparavant. Le titre d’abbaye lui était demeuré, même après l'établissement d’un doyen. Ii y a des églises collégiales dont les supérieurs sont appelés abbés dans diverses bulles, ce qui est confirmé par une bulle du pape Alexandre ITT de 1177, et une autre du pape Luce IIT, de décembre 1183, octroyant aux évêques la collation de l’abbaye de Saint-André.

Il y aurait lieu de parler ici des chanoines et des deux curés, qui les a établis, comme aussi du flamand Josse Clicthoue, qui a été théologal et a laissé plusieurs ouvrages ; mais il suffit de consulter les auteurs flamands qui ont beaucoup parlé de lui dans les catalogues des hommes illustres de leur pays. M. Jean Groignet, chanoine de Chartres, par acte de février 1529, a laissé la terre de Crèches et d’autres héritages à un de ses neveux, nommé de Glatigny, à charge de 48 livres pour aider à l'entretien, à Paris ou en quelque autre université fameuse, pendant cinq années de leurs études, de deux écoliers enfants de ses nièces, les plus capables en lettres.

Il y a, devant la principale porte de l’église de Saint-André, un grand cimetière, entouré à hauteur d'appui d'une muraille de pierre, dont une partie en demi-cercle est bordée de maisons, qui dépendent de l’église, où logent le doyen, les chanoines et les deux curés.

Tous les ans, le jour de Saint-André, il se tient, dans ce cimetière et dans les rues qui l’environnent, une foire où les officiers de M. l’évêque vont ajuster les poids, les aunes et les autres mesures des marchands, et y ont l'exercice de la police.

SAINT-AIGNAN

Cette église passe pour avoir été bâtie par saint Aignan sur lemplacement de sa maison paternelle. Il l’aurait dédiée à Dieu, suivant les uns, sous le nom de saint Denis, et, selon d’autres, en l'honneur de saint Pierre et saint Paul, et y fut inhumé avec ses sœurs. À la suite de plusieurs miracles on lui donna le nom de Saint-Aignan. C’est l’église paroissiale du château du comte

maintenant Tour et palais royal. du roi, qui sert à présent! de palais de justice, et où se trouvent les prisons. Cette église comporte six chanoinies, de peu de revenu, qui sont en la collation de . l’évêque. Rouillard avance que leur domaine est situé à une lieue de Chartres, en la paroisse d’Amilly, dont deux hameaux portent le nom de Mondonville et Dondainville, ou métairies de Monde et Donde. Saint Aignan avait trois sœurs appelées Monde, Donde et Ermenonde, dont les tombeaux sont dans une grotte, sous le chœur, dans laquelle a été inhumé feu Messire Jacques Lescot, évêque de Chartres, qui a fait beaucoup de bien à cette église.

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