CHAPITRE
JURIDICTÆION *: SPIRITUELLE DEAR O NET CATALOGUE DE-TOUTES CESR OISE RACE VENTS ET. MONASTÈRES DELAMVIMERMEMNDE L'AMBANDIEUE
Dans les principales villes de la chrétienté les premières dignités de l’église ont été établies à limitation des magistratures romaines instituées par les empereurs pour le gouvernemènt politique des capitales de provinces où résidaient les proconsuls, les préfets et les présidents. [1 y existait, dans l’ordre ecclésiastique, des métropolitains, des primats, des archevêques et des évêques.
Saint Pierre, d'après le témoignage de saint Clément, fut le premier auteur de cette police. Gratien rapporte à ce sujet plusieurs canons, tant du pape Clément que des papes Lucien et Anaclet, dans la définition 80, et Wolfgang Lazius, au second livre de ses Commentaires de la république romaine, remarque que cette police de saint Pierre a été pratiquée par ses disciples dans la Gaule et dans l'Allemagne.
Ainsi le proconsul de la province tenant son siège en la ville de Sens, saint Savinien, disciple de saint Pierre, y établit le siège épiscopal métropolitain de toute la province.
Les Romains alors n'avaient à Paris qu'un président. Fescennius Sisinnus, qui y était lors du martyre de saint Denis, est nommé, dans le martyrologe, simplement préfet, prefectus parisiorum, aussi ne fut-il établi à Paris qu’un siège épiscopal. Il en fut de même dans les autres métropoles, mais depuis ce temps les choses ont bien changé.
Rouillard s’étonne que Chartres ne soit pas métropole ni pri-
matie et siège d'un archevêché, puisque les Druides y faisaient leur principale demeure et y tenaient leurs États, Chartres étant la capitale de toute la Gaule celtique.
La province des Chartrains était autrefois d’une étendue très grande, et comprenait divers pays comptant plusieurs villes célèbres. La Beauce, la haute et la basse Sologne, le Dunois, le Perche- Gouët, une partie du grand Perche et de la Neustrie ou Normandie, voisines du pays chartrain, comme le Thimerais ; une grande partie de Gâtinais comme Orléans, Gien, Jargeau, Mer, Beaugency, Romorantin, Blois, Vendôme, Pacy étaient autrefois sous l'empire des Chartrains. Une grande partie de ces pays et de ces villes sont encore soumis à la juridiction et seigneurie spirituelle des évêques de Chartres qui ont mieux maintenu son ancienne étendue que ne l'ont fait les seigneurs temporels possesseurs du domaine et du gouvernement de Chartres. Nous voyons encore que, parmi les fermes muables du domaine du duché de Chartres, on publie encore le bail à ferme des défaux et amendes de la haute et basse Sologne, quoique personne ne sache ce que c’est, ni en quoi consiste cette ferme.
Rouillard attribue cette diminution à ce que César les ayant subjugués les derniers, redoutant la puissance de leurs alliances, l’étendue de leur domination, et le tempérament belliqueux de ses habitants, s’efforca de les diviser et de soustraire à leur domination plusieurs villes qu'ils détenaient auparavant en leur pouvoir. Saint Potentien, saint Altin et saint Eodald, lorsqu'ils vinrent à Chartres, ayant trouvé une simple ville romaine, n’y établirent qu’un simple évêque qui fut saint Aventin.
D'une très grande étendue néanmoins, l’évèché de Chartres dépasse en grandeur plusieurs archevêchés du royaume. On dit communément qu'il contenait 1: 700 clochers ou paroisses, 30 abbayes, un très grand nombre de prieurés et de chanoines et de simples chapelles. [Il mesure plus de quarante lieues de long, contient une grande étendue de pays entre les rivières de Seine et de Loire et s'étend bien au delà de la Loire dans la Sologne, avec Cheverny et d’autres paroisses plus éloignées, presque jusqu'à Tours.
Il n'entre pas dans notre dessein d’en faire le dénombrement
et nous ne parlerons que des églises qui sont dans la ville et la baneue de Chartres.