NOTRE-DAME DE LA BRÈCHE
Elevée proche la muraille où la brèche avait été faite à la suite des furieux assauts donnés, tant pendant le premier siège des huguenots commandés par le prince de Condé, que pendant le second mis par le roi Henri le Grand, les assiégeanis ayant été repoussés par les habitants, fortifiés par la protection ét le secours. de la sainte Vierge, on a donné ce nom à cette chapelle, bâtie par M" Simon Sauquet, chanoine de Saint-André, exécuteur du. testament de M'° Simon Berthelot, son oncle, chanoine de ladite église. Il y avait autrefois, à l’emplacement de cette chapelle, une image de la sainte Vierge, revêtue d’un grand manteau sous lequel, du côté droit, elle couvrait nombre d’ecclésiastiques et de peuple à genoux, et, de l’autre, plusieurs hommes armés tirant contre l’image de la Vierge, qui avaient été repoussés lors du siège de mars 1568, en mémoire de ce que les huguenots qui l’assiégeaient avaient tiré un nombre infini de coups de mousquet contre l’image de la Vierge qui surmonte la porte Drouaise, sans l’atteindre, bien qu’il y eut trace de quantité de coups tout à l’entour, dans la muraille, et même derrière l’image, traces qui ont été visibles fort longtemps, jusqu’à ce qu’un bourgeois, pensant honorer la Vierge, eut fait réparer, peindre et dorer la niche dans laquelle cette image est posée, faisant disparaitre ces glorieuses marques de l’assistance et de la protection de la sainte Vierge, notre patronne et bonne protectrice. [l convient de remarquer qu à la paix, le commissaire député pour l'exécution de l’édit de pacification, dans le bailliage et la ville de Chartres, fit ordonner, sur la plainte formulée par les huguenots, que ces hommes d'armes représentés tirant sur Ja Vierge seraient représentés assis, aussi bien pour l’image de la chapelle de la Brèche que pour celle qui existait à Saint-André,
derrière le chœur. Soit que l'ordonnance n’ait pas été exécutée, soit qu'on ait rétabli ces images en leur premier état, on les voit encore à présent debout.
En mémoire de ce secours de la sainte Vierge, en ces deux sièges de mars 1568 et avril 1$91, et auparavant en ceux des Normands, dont les assauts ont toujours été donnés au même endroit, tous les ans au quinze mars, date de la levée du premier de ces deux sièges, il se fait une procession générale de tout le clergé de la ville et des faubourgs, qui s'arrête devant cette chapelle pour y faire plusieurs prières, et la chapelle étant trop petite pour contenir le clergé, la procession continue jusqu’à Saint-André où se disent beaucoup de prières, particulièrement pour les âmes généreuses des défenseurs de la ville tués en cette occasion sur la brèche.
M. Jean Grenet, de la famille duquel je suis, a composé des vers qui sont gravés sur une grande pierre qui a été placée à l'endroit où était la brèche et qui s’y voit encore aujourd’hui !, sous cette forme :
Re DM NOM RE LLIGIO ST /VDIA IN CONTR ARIA SCISSAS] | Carnvrvm nn. MENTESAGITIET BELLO OM NIA MISCET| | Ossessm CARNVTVM PREMITVRIMAGNA OBSIDIONE CIOBISOS | Anxo-ONTIS88 MA ACHINA SVLPHVREIS OPPVGNAT MCENIA QVÆ NVNC | | FD CAUMET SarTA ET TÉCTA VIDES OJALVA INCOLUMISGY RE MA NSIT | leve VRBS, DE LiNERIO.PIOPVLI CVRAQ3 FIDELIS, | ATQ3 M AINV PARVA NVM IEROSVM REPPVLIT AGMEN VA M PRO REGE SVO PAÏITRIAQ3 AR1I5Q3, FOCISQ3 | SIT PVLCHRVM PVCNARElATO3 HOSTICEDERE NUNQVA | EXEMPFLO HOC DISCANT NATI SERIQ3 NEPOTES}
Le même auteur a fait sur ce siège un plus long poème qui a été imprimé.
1. Ceci fut vrai jusqu’en 1912, où une personne bien intentionnée sans doute, mais mal inspirée, fit disparaître cette pierre sous prétexte, dit-on, de la mieux conserver.