HÔTEL-DIEU DE SAINT-ANDRÉ ET DE SAINT-HILAIRE
Dès les premiers ans du christianisme à Chartres, 1l fut créé, dans chacune des paroisses, un hôtel-dieu destiné à recueillir les pauvres malades, preuve de la grande charité qu’avaient les premiers chrétiens envers leurs frères. Chaque paroisse a voulu avoir le sien, celui de Saint-Aïignan fut installé dans la maison dite de la Cloche, rue de la Clouterie ; de Saint-Michel, en la maison où est maintenant le grenier à sel; de Sainte-Foy, en la maison du Bœuf couronné, rue Porte-Châtelet; de Saint-Hilaire, en une maison rue aux Juifs, qui sert maintenant d’hôpital pour la retraite des pauvres passants et des filles repenties du pays. Cet hôtel-dieu de Saint- Hilaire a en outre une maison sur le derrière de l’abbaye de Saint- Père, en une place, appelée le puits du Crochet, qui sert à loger les douze petits pauvres habillés et coiffés de blanc, avec le maître qui les gouverne, selon la méthode du sieur Tranchet, dont: il est disciple, leur apprend à lire et à écrire, s'ils en sont capables, et à faire quelques ouvrages, par exemple des bas d’estame. Quand ils sont suffisamment forts et instruits, on les met en service chez des habitants ou des artisans de la ville, où ils apprennent à gagner leur vie. On leur fait, de temps à autre, des exhortations comme aux petites filles, et, quand on les y appelle, ils assistent aux processions générales et aux convois. L’hôtel-dieu de Saint-André est établi en une maison, située dans la rue qui va de Saint-André à Notre- Dame de la Brèche, où sont maintenant les petites filles orphelines de la ville, qui y sont nourries etinstruites aux frais du public, sous la conduite d’une femme d'esprit et de bonne vie qui s'applique charitablement à leur rendre service. Des prêtres leur font, à cer. tains jours, des exhortations où sont conviées les personnes charitables qui, à cette aumône spirituelle, ajoutent leur aumône temporelle. Ces deux dernières maisons sont maintenant annexées au Bureau général des pauvres.