AMBIGUITÉ DE LEUR NOM
ainsi (livre V) où, parlant des Gaulois, il dit que, avec des instruments semblables à des luths, ils chantent les belles ou les mauvaises actions des hommes, louant les uns et blämant les autres, en les chargeant de malédictions. Il ajoute qu’il y a parmi eux de certains philosophes et théologiens qu’ils ont en grand honneur et particulière considération qu'on appelle Druides. Le nom de Saronides est à tort employé par cet auteur. Ils se servent aussi des devins qu’ils ont en grande estime et qui exercent sur eux une très grande autorité ; ceux-ci présagent les choses à venir et prédisent le futur. Tout le peuple leur obéit ponctuellement et les consulte sur les choses de grande importance. Strabon distingue trois genres de Druides (livre IV) parlant des bardes, des chantres, des faiseurs d’hymmes, - des prêtres, des devins, des interprètes de la nature, des sacrificateurs ou des druides physiciens ou qui font profession de connaître les choses naturelles. [ls étudient et exercent la morale. Lucain en son livre premier, omettant de parler des devins, parle seulement des bardes et des Druides. Posidonius, Athénée (livre VI), Pompeius Festus, parlent aussi des bardes qu’ils appellent chantres, qui chantent les louanges des hommes vivants, généreux. Ils s'appellent bardes du mot gaulois barda, d'où vient aussi celui de longa barda, apud Paulum Diaconum (ch. 1x, livre [°7), de gestis longabarda, nom qu’il dit leur être donné à cause de leur longue barbe qu’ils ne font point couper. Ammien Marcellin, en son livre V, marque aussi ces trois genres de Druides et ne s'éloigne pas beaucoup des autres. La description qu’il en fait diffère seulement en ce qu'il appelle eubages ceux que les autres appellent devins. Dans Diodore le nom de savant est souvent employé au lieu de celui de Druides. Il y a aussi sujet de dire que dans Ammien Marcellin et dans Strabon le mot de eubages a été mis au lieu de celui de vates que l’on a corrompu, le géographe ayant en son livre le mot vates en latin. Il n’y à pas à s'arrêter n1 à demander pourquoi Diodore, Strabon et Marcellin admettent ces trois genresde Druides, et Lucain ne fait mention que de deux, cela sera ci-après examiné en quelque chapitre particulier où il sera traité de la divination des Druides et où l’on fera paraître que dans les Gaules il n'y avait point d’autres devins ni d’autres poètes que les Druides. Il ne faut
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donc pas s'étonner si les Druides se sont fait appeler d’un nom grec, et les bardes d’un nom gaulois, et si les devins (vates) ne se sont servis ni d'un nom grec ni d’un nom gaulois, attendu qu’il n’y avait pas pour eux d'autre nom que celui de Druides. Cicéron, César et les autres auteurs anciens ne connaissent de philosophes, poètes ou devins gaulois que ceux qui sont appelés Druides.