SAINT-MARTIN-AU-VAL
Martin, surnommé le Candide ou le Blanc, quatrième évêque de Chartres, en fut le fondateur, vers l’an 156 de la naissance de J.-C., et y choisit sa sépulture, en la grotte, sous le maïtre-autel du chœur et, après lui, Sigoald 19° évêque, qui y aurait été inhumé en s 74, à l’entrée de la grotte, à main droite; saint Laumer, abbé; saint Malard, 25°, en Go1 ; Dieudonné, 28° en 633; et Berthegrand, 32° en 687.
Saint-Martin-au-Val est devenu prieuré conventuel, dépendant de Marmoutier, après avoir été tantôt une abbaye, tantôt un collège de chanoines. On prétend que le saint Martin, en l’honneur duquel cette église a été bâtie, n’est pas l’archevêque de Tours, mais saint Martin le Candide, à cause des miracles qu’il avait opérés en ce lieu, bien que, de son vivant, il l’ait peut-être dédiée à l’archevêque de Tours, qui est véritablement celui que l’on y honore et dont on célèbre la fête à sa date. Ils ont été l’un et l’autre de très excellents prélats dont la mémoire, avec justice et sans scrupule, est vénérée dans cette église.
Ce monastère a souffert les mêmes ruines que les autres établissements du dehors de la ville, durant le siège de 1568, de sorte qu'il n y a plus qu’une partie qui subsiste. M. Le Féron, qui en était le prieur commendataire, a fait relever une des ailes, réparée à grand frais et ornée d’un bel autel.
C’est en ce monastère que les nouveaux évêques passent la nuit qui précède leur entrée. Les religieux le reçoivent à la porte de l’église, en lui faisant faire le serment de garder leurs privilèges.
Outre le’ gite dû personnellement aux évêques, certains ont voulu lexiger pour leur suite, mais cette prétention a été rejetée, et convertie en une petite prestation d'honneur, par une bulle du pape Alexandre IV, du 6 des ides de juillet 1255, douzième année de son pontificat. |
Le Chapitre de Chartres avait élevé aussi la prétention de recevoir du pain et de la viande, lorsqu'il allait en procession à Saint- Martin-au-Val. Une transaction, intervenue entre Jui et Robert,
cette mention : « S'en enquérir auprès de Messieurs de Saint-Père » ; ensuite : Eglise Saint-Julien du Coudrai, sans aucune remarque.
grand prieur de Marmoutier, en 107$, et confirmée par une bulle du pape Alexandre IIT, a réduit à peu de chose ce prétendu droit.
Saint-Martin-au-Val était autrefois abbaye, relevant des évêques de Chartres, comme on le remarque sur le titre de la fondation de Saint-Père-en-Vallée faite par Aganon et Ragenfroy. Rouillard dit que les comtes de Chartres, par la connivence plutôt que par la donation de l’évêque Hardouin, se sont emparés par usurpation de cette abbaye, comme de celle de Saint-Père-en-Vallée, ainsi que cela se voit dans une Vieille Chronique de l’église de Chartres, et qu'ils y mirent des chanoines. En effet, une bulle du pape Calixte IT, de 1019, fait mention de. chanoines de Saint-Martinau-Val, auxquels les comtes affectèrent des prébendes, en se réservant la collation d’une partie, et donnant la collation des autres à divers particuliers et au vicomte, qui en eut trois, à charge de les tenir des comtes à foi et hommage. D’après un acte passé par les abbé et religieux de Marmoutier, en 1128, ceux-ci donnèrent une prébende aux religieux de Saint-Père et une à la Maladrerie de Beaulieu. Une transaction, faite entre les religieux de Saint-Jean, les moines de Saint-Père et les religieux de Marmoutier, du 18 des calendes de février 1131, reproduite dans les Épitres de l’évêque Geoffroy, prouve que les religieux de Saint-Jean-en-Vallée prétendaient, en l’église de Saint-Martin-au-Val, les annuels des chanoines décédés.
Ces chanoines de Saint-Martin, qui étaient sous la dépendance des comtes, en la collation desquels étaient les chanoinies, ayant voulu s’exempter de la juridiction de l’évêque, le pape Calixte IT, par bulle de l’an 1119, ordonna qu’ils demeureraient en l’obéissance de l’évêque et du Chapitre, comme ils s’y étaient obligés euxmêmes par un acte de leur Chapitre.
Après la mort du comte Étienne, sa veuve la comtesse Adèle, avec la permission de l’évêque Yves, prit la résolution de remplacer les chanoines de Saint-Martin par des religieux, en donnant cette abbaye aux religieux de Marmoutier. Ce dessein, qui ne fut pas pourtant réalisé par elle-même, mais seulement, après qu’elle se fut rendue religieuse de l’ordre de Cluny à Morigny, par le comte Thibault qui remit en 1128, entre les mains de l’évêque Geoffroy, tout