SAINT-MARTIN-AU-VAL
son droit en l’église et aux prébendes de Saint-Martin, à charge d’en investir l'abbé et les religieux de Marmoutier.
Hugues du Puiset, vicomte de Chartres, par une charte de la même année, remit pareillement entre les mains de ces religieux les prébendes et les 10 sols de rente qu'il avait à prendre sur Saint- Martin. Les religieux de Saint-Père, les administrateurs de la maladrerie de Beaulieu et les religieux de Saint-Jean, par la même transaction, les quittèrent des droits qui leur appartenaient après le décès des chanoines.
Les religieux de ce prieuré, comme dépendant de Marmoutier, sont exempts de la juridiction de l’évêque, de la visite et du droit de procure dû aux archidiacres, ce qui leur a été confirmé par une lettre de l’évêque Renault vers 1189. D’après les bulles du pape Alexandre II[T, données à Rome le & des calendes de mai, ils ne sont pas tenus d'assister aux processions générales qui se font en Péglise de Chartres.
Il existe, sous le chœur de l’église, une grotte dont la voûte repose sur des piliers de marbre. Dans cette grotte se trouvent un autel et plusieurs tombeaux qui paraissent avoir été faits pour des personnes illustres. Cette église avait été curieusement et superbement bâtie, comme le prouvent les hautes colonnes de marbre qui ornent le dehors de la principale église.
Le premier prieur dont on trouve mention depuis que, de séculière, cette église a été faite régulière, est Gautier de Compiègne
(1128-1145); ensuite viennent: 2) Berment, en 114$ ; — 3) Hervé, en 1167 ; — 4) Michel, en 1264 ; — $s) frère Regnault Grosbois, en 1284; — 6) frère Jean Lotet, en 1494; — en ces derniers
temps 7) Ronsard ; — 8) de la Rochefoucauld de la maison de Randon ; — 9) Henri d’Escoubleau, qui devint évêque de Maiilezais et archevêque de Bordeaux.
Voilà tout ce qu’on a pu reconnaitre, d’après les titres échappés au malheur des guerres civiles, qui ont détruit les autres avec le prieuré.
En 1528, frère Jacques Terrail, religieux de l’ordre de Saint- Benoît et abbé de Josaphat, a été aussi prieur de ce lieu.
Nous avons encore vu M"° J.-B. le Féron, prieur commenda-
taire de ce prieuré en 164$, qui commença en 1652 à faire bâtir et rétablir à neuf l’église, qui fut achevée en 1654. Il mourut en 1659, et fut inhumé dans la crypte, avec cette inscription sur sa tombe : Cette église, ayant été ruinée par l’adversité du temps, a été rétablie par les soins du prieur commendataire qui mourut le août 1659.
Son successeur fut M'° Louis d'Estampes, qui réunit le prieuré royal à la mense des religieux de Bonne-Nouvelle d'Orléans. Cette maison fut donnée par les sœurs de M. le chancelier d’Aligre aux Capucins, qui ont commencé à s’y établir vers Fe y sont actuellement et sont superbement logés.
En travaillant à faire leur jardin et des ANR dans un grand clos de ce monastère, les pères capucins ont mis à jour les fondements d’une ancienne muraille de cinq à six pieds d'épaisseur qui traverse tout ce clos et apparemment se continue au delà. Cette muraille, fort ancienne, est une preuve certaine de la grandeur de la ville et des beaux ouvrages dont elle a autrefois été ornée.